Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Alter Échos n°488

Police et citoyens : légitime défiance

La police, beaucoup l’aiment peu. D’aucuns diront « tout le monde » la déteste. Reste qu’il faut faire avec. Faire – ou défaire – la police, avec elle, la considérant comme un acteur parmi d’autres, parmi nous, sentinelle dans nos rues, satellite dans notre tissu social. La fracture est abyssale entre les citoyens et la police*. Le chantier est donc colossal.

« À travers une orientation préventive, un contact plus marqué, plus positif avec la population, la police gagnera à être davantage reconnue au travers de ses actions, avance comme piste Vincent Seron (lire son entretien), interrogé sur la police de proximité, profession qui, derrière les beaux mots, souffre d’un manque de moyens, de temps et de reconnaissance (lire « C’est arrivé près de chez vous »).

La prévention plutôt que la répression. C’est aussi ce que défend le collectif français Police contre la prohibition, qui milite pour la dépénalisation de l’usage des drogues en France (lire « Ces flics qui lèvent la voix contre la prohibition »). Un plan win-win qui permettrait d’alléger le travail des flics et de restaurer la confiance des citoyens.

La prévention s’amorce aussi dès les formations qui, « face aux préjugés, sont utiles, mais montrent aussi leurs limites » (lire « La formation contre les préjugés au sein de la police ? ‘Juste un Dafalgan’ »). Dans le (couvre-)chef de certains policiers, on plaide donc pour le développement d’intervisions, mais la résistance est forte.

Évaluer. Contrôler. Et sanctionner. Les mécanismes existent, mais ils sont grippés (lire : « L’impunité, plus qu’un sentiment »), laissant des victimes – vivantes et absentes – à leur sentiment d’injustice.

Ces pages ne feront pas le tour de la question de comment réformer, ou démocratiser la police. Elles ont à tout le moins le mérite de montrer que, derrière l’esprit de corps, il y a des têtes – singulières – qui pensent, parlent et, si elles ne sont pas encore prêtes à poser un genou par terre, prêtent déjà l’oreille.

* Lire aussi à ce sujet le dossier « La police en garde à vue », de nos confrères d’Imagine, septembre-octobre 2020.

Edito

La vague de la honte

Dans les hôpitaux, les maisons de repos, les communes et les CPAS, la deuxième vague de coronavirus est celle aussi du bénévolat. Cet appel massif pour répondre à la crise sanitaire pose problème.

18-11-2020
L'image

« Il est vital de rendre visible le manque d’oxygène dont souffre le corps médical »

« Manifester, c’est exprimer et c’est aussi rendre visible. Il est fondamental que soient articulées les réalités des soins de santé par ceux qui la pansent. Nous sommes dans un État qui s’est enfermé dans une bulle, trop hermétique, flottant [...]

18-11-2020
Enseignement

Bientôt une « école pour tous et pour chacun » ?

Parmi les grands chantiers du Pacte pour un enseignement d’excellence figure celui d’une école plus inclusive. C’est demain – soit en septembre 2021 – qu’une grande réforme en la matière doit voir le jour. Mais face au peu d’informations dont il dispose, le secteur redoute une «réforme pansement» visant à rectifier les dérapages du passé, sans réel projet d’inclusion.

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18-11-2020
Justice

La formation contre les préjugés au sein de la police ? « Juste un Dafalgan »

Entre les séances de tirs et l’art de dresser des P-V, les questions sociales se fraient un chemin dans la formation des policiers. De quoi les rendre tous attentifs aux discriminations? Non, et ce n’est pas qu’une question d’heures de cours. Face aux préjugés, les formations sont utiles, mais montrent aussi leurs limites.

Justice

L’impunité, plus qu’un sentiment

Mawda, Chovanec, Adil. Derrière les décès emblématiques, des centaines, voire des milliers de citoyens, affirment avoir été victimes de violences ou de vexations par les forces de police, sans que ces brutalités alléguées soient suivies de sanctions. Des organes de contrôle de la police existent pourtant. Quant à la justice, elle est en mesure de condamner les fautifs. Mais les mécanismes existants semblent grippés.

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18-11-2020
Justice

« Pour remplir sa mission, une police qui se veut démocratique a besoin de la coopération du public »

Criminologue à l’Université de Liège, Vincent Seron dresse pour Alter Échos la liste des défis de la police de proximité. Si cette dernière est souvent mise en avant par les autorités, ses services souffrent pourtant d’une crise de légitimité au sein de la police.

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18-11-2020
Justice

C’est arrivé près de chez vous

Ceux qui veulent de l’action seront déçus. Ici, c’est le quotidien, la vie banale des gens comme vous et moi. Enfin presque. Du conflit de voisinage à des problèmes de garde d’enfants, les inspecteurs de proximité ne connaissent pas la crise. Leur profession, elle, par contre, souffre d’un manque de moyens et de reconnaissance sans nom.

18-11-2020
Justice

Drogues : ces flics qui lèvent la voix contre la prohibition

Le collectif Police contre la prohibition, né il y a deux ans, milite pour la dépénalisation de l’usage des drogues en France: la répression coûte cher, elle est inefficace et nuit aux relations entre police et citoyens. Rencontre avec Thierry Tintoni, l’un de ses membres fondateurs.

18-11-2020
Culture

Écrivains publics : donner un coup de plume

Rédiger un courrier administratif. Construire un discours. Préparer un CV. Écrire une lettre d’amour… À Mons comme ailleurs, la fonction d’écrivain public se veut pratique et diversifiée. Politique aussi, quand elle consiste, par le biais d’ateliers d’écriture, à identifier des problématiques de société et à les porter sur la place publique. Rencontres.

18-11-2020
Social

Comment Utrecht prend en charge les sans-abri sans titre de séjour

Si les maires pouvaient gouverner, le monde serait-il différent? Le politologue américain Benjamin Barber le pensait, la ville néerlandaise d’Utrecht le prouve. Là où l’État néerlandais mettait littéralement à la rue les personnes sans titre de séjour, la ville s’est engouffrée dans la brèche en mettant sur pied un modèle d’accueil sophistiqué et réussi… «Bed, bad, brood en begeleiding», pour «lit, bain, pain et accompagnement». Une histoire d’humanité… et d’intérêt personnel. 

18-11-2020
Justice

Violences conjugales : mettre à la porte et après ?

Depuis 2013, une circulaire permet d’interdire rapidement et temporairement l’accès au domicile d’un conjoint violent. Mais, en sept ans, la mesure a été très peu appliquée par les parquets, mis à part dans le Limbourg. Éléments d’analyse.

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18-11-2020
Emploi/formation

Travailler quatre jours par semaine, c’est trop dur ?

La crise du Covid-19 constitue-t-elle le bon moment pour passer à la semaine de quatre jours? Syndicats et partis de gauche y songent. Les économistes, eux, mettent en garde contre certains effets induits. En Belgique, un système méconnu permet pourtant déjà de le faire…

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18-11-2020
Santé

L’IVG, c’est pas encore gagné…

Avec l’avènement de la coalition Vivaldi au fédéral, la sortie de l’interruption volontaire de grossesse du Code pénal a encore une fois été reportée. L’occasion de revenir sur les articles qu’Alter Échos a consacrés à l’accès à l’IVG, un droit que l’on aurait tort de croire comme totalement acquis…

18-11-2020
Emploi/formation

Territoires zéro chômeur : un chantier qui divise

Nés en France en 2016, les «Territoires zéro chômeur de longue durée» entendent créer des «entreprises à but d’emploi» (EBE) censées engager sur base volontaire la majeure partie des demandeurs d’emploi de longue durée. Les emplois créés sont censés être financés par les montants du chômage ou d’autres formes d’aide sociale «économisés» grâce à la mise à l’emploi des chômeurs. À Bruxelles, Actiris envisage de créer deux «EBE» en guise d’expérimentation. Entretien avec Gaëtan Vanloqueren, en charge du projet Actiris et Yves Martens, coordinateur du «Collectif solidarité contre l’exclusion».

18-11-2020
Citoyenneté

Homosexualité : la Bundeswehr achève son mea culpa

Quitter l’uniforme à cause d’une orientation sexuelle. C’est la dure réalité de ceux et de celles qui ont servi la Bundeswehr et qui ont été condamnés sur la base du paragraphe 175 du Code pénal. Jusqu’en 2000, l’homosexualité était un motif suffisant pour rayer toute perspective d’une carrière dans l’armée allemande. Aujourd’hui, la Bundeswehr souhaite réhabiliter et indemniser ces troupiers.

18-11-2020
maitre corbeau
Maitre Corbeau

Parole contre parole

C’est devant une chambre correctionnelle à trois juges qu’une mère et sa fille comparaissaient le 5 novembre dernier. Trois juges, parce que l’affaire présente une certaine gravité, comme des faits de mœurs ou des crimes qui ont été correctionnalisés. Dans une salle à peu près vide, à part les juges, la greffière, la substitute du procureur du Roi, mère et fille se confrontent par avocats interposés. Et la douleur semble intense… de part et d’autre.

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18-11-2020
Panpan Culture

Les arts populaires sous influence hystérique

D’un côté, le Palais des beaux-arts à Bruxelles. De l’autre, le Musée du Dr Guislain à Gand.
C’est main dans la main que ces deux institutions aux estampilles très différentes ont eu l’ingénieuse idée de créer Danser brut et de la présenter dans «leurs demeures» respectives. Une exposition (enfin deux !) qui nous ouvre grand les yeux sur l’impact capital des trouvailles neurologiques sur le monde culturel et plus précisément sur la danse, le cinéma, les cafés-concerts du tout début du XXe siècle.

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18-11-2020
Social Bistrot

Le bistrot est mort, vive le Social Bistrot !

Lieu d’émulsion sociale par excellence, l’objet de cette chronique s’est lui-même pris un sérieux coup dans l’aile ces derniers temps… De confinement en déconfinement, de fermeture à horaire variable en couvre-feu, cette gueule de bois infernale se transforme en indisponibilité pure et simple jusqu’à nouvel ordre. Laissant sur le carreau les humains qui les tiennent, ces endroits, mais aussi et surtout les humains qui les fréquentent. Rendons au bistrot ce qui appartient au bistrot avec une dernière déclaration… avant de passer à autre chose, pour une parenthèse encore imprévisible.

18-11-2020
Focales

Les pavés de la Ville-Basse

Devant le Pink Love Hotel, deux femmes prennent le soleil sur un banc, deux autres les rejoignent. La discussion s’engage entre Betty, Alexandra, Marguerite et Sylvia. Elles ont la trentaine, parfois plus du double, des enfants, des petits-enfants. Cheveux en bataille ou mine soignée, jeans et baskets, minijupe et talons hauts. Quelques-unes des filles de Charleroi…

18-11-2020
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