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Justice

L’impunité, plus qu’un sentiment

Mawda, Chovanec, Adil. Derrière les décès emblématiques, des centaines, voire des milliers de citoyens, affirment avoir été victimes de violences ou de vexations par les forces de police, sans que ces brutalités alléguées soient suivies de sanctions. Des organes de contrôle de la police existent pourtant. Quant à la justice, elle est en mesure de condamner les fautifs. Mais les mécanismes existants semblent grippés.

© Flickrcc - Police violence (collage) - AlexanderDD

C’est en 2009 que la violence a fait son apparition dans la vie de Khaled Boutaffala. Après sa journée de travail au Service droit des jeunes, il décide d’aller saluer sa grand-mère, à Saint-Gilles. Au détour d’une ruelle, il tombe par hasard sur son frère. Les deux hommes s’arrêtent quelques minutes pour discuter tranquillement avant de remarquer, un peu plus bas, la présence d’une ambulance garée non loin du domicile de l’aïeule. Ils s’inquiètent et s’approchent. «Trois minutes plus tard, des fourgons de police arrivent», se souvient Khaled Boutaffala.

Un policier se saisit de son frère, puis un autre le pousse vers un collègue qui le frappe au torse. Ils chutent. «Six ou sept policiers me tiennent au sol puis m’amènent dans le combi», raconte Khaled Boutaffala. Dans le fourgon, c’est le déluge de coups et d’insultes racistes. Khaled est piétiné. Son cuir chevelu cède sous les coups et saigne abondamment. On lui intime de crier «je suis un sale macaque». Khaled Boutaffala est totalement désorienté lorsque le fourgon se gare au commissariat, rue Démosthène, à Anderlecht. Ces instants suspendus vont hanter Khaled Boutaffala pendant bien des années.

Au commissariat, quelques coups sont encore donnés. «Puis un policier marocain est arrivé, a vu que je saignais de la tête. Il est resté le temps que j’aille à l’hôpital.» Les années suivantes, c’est le combat judiciaire qui va...

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C’est en 2009 que la violence a fait son apparition dans la vie de Khaled Boutaffala. Après sa journée de travail au Service droit des jeunes, il décide d’aller saluer sa grand-mère, à Saint-Gilles. Au détour d’une ruelle, il tombe par hasard sur son frère. Les deux hommes s’arrêtent quelques minutes pour discuter tranquillement avant de remarquer, un peu plus bas, la présence d’une ambulance garée non loin du domicile de l’aïeule. Ils s’inquiètent et s’approchent. «Trois minutes plus tard, des fourgons de police arrivent», se souvient Khaled Boutaffala.

Un policier se saisit de son frère, puis un autre le pousse vers un collègue qui le frappe au torse. Ils chutent. «Six ou sept policiers me tiennent au sol puis m’amènent dans le combi», raconte Khaled Boutaffala. Dans le fourgon, c’est le déluge de coups et d’insultes racistes. Khaled est piétiné. Son cuir chevelu cède sous les coups et saigne abondamment. On lui intime de crier «je suis un sale macaque». Khaled Boutaffala est totalement désorienté lorsque le fourgon se gare au commissariat, rue Démosthène, à Anderlecht. Ces instants suspendus vont hanter Khaled Boutaffala pendant bien des années.

Au commissariat, quelques coups sont encore donnés. «Puis un policier marocain est arrivé, a vu que je saignais de la tête. Il est resté le temps que j’aille à l’hôpital.» Les années suivantes, c’est le combat judiciaire qui va...

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Cédric Vallet

Cédric Vallet

Journaliste (jeunesse, aide à la jeunesse et migrations)

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