Partager par e-mail Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur LinkedIn Partager sur Pinterest Impression
Alter Échos n° 476

Lumières sur la nuit

2 septembre 2019

Statistiquement, un incendie volontaire a deux fois plus de chances d’être déclenché la nuit que le jour[1]. Voilà un exemple parmi tant d’autres qui démontre que la nuit est bien plus qu’une parenthèse noire entre deux jours.

La nuit est un lieu particulier. Un endroit de repos parfois refusé (lire : « Dormir ou déménager, il faut parfois choisir… »), un lieu qui gomme des pans entiers des villes (lire : « La lumière juste à l’endroit juste ») et exacerbe les émotions. La nuit modifie les perspectives, tantôt efface les différences, tantôt accentue les inégalités, fragilisant les plus fragiles d’entre nous (lire : « Femmes sans abri : les griffes de la nuit »). La nuit est cette salle où l’on fête (lire :  « La nuit porte Bruxelles » ), et cette salle où l’on opère (lire : « Au clair de la lune, mon petit boulot »), quitte à y laisser sa santé.

Les travailleurs y abandonnent leur sommeil, les fêtards leurs neurones, les insomniaques leur sérénité. Mais si le jour tombé, tout change, pourquoi n’y a-t-il pas une politique de la nuit, une appréhension globale des enjeux nocturnes, un nouvel arbitrage des droits de chacun, à la lumière de l’obscurité venue ? Des initiatives existent, comme un Conseil de la nuit à Liège ou une Charte de la vie nocturne dans un quartier bruxellois. Pour gérer ce qui déborde quand tous les chats sont gris ? Voyage au début de la nuit.

[1] Statistiques policières de criminalités, police fédérale – DGR/DRI/BIPOL, 2000-2018 http://www.stat.policefederale.be/assets/pdf/crimestat/nationaal/rapport_2018_trim4_nat_belgique_fr.pdf