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Alter Échos n° 475

Rien ne sert de courir

4 juillet 2019

L’accélération n’est pas neuve. Mais les évolutions du travail – autour duquel la vie sociale s’est organisée –, les nouvelles technologies du transport et de la communication ont augmenté le sentiment d’urgence, la sensation d’un temps de plus en plus resserré et la crainte de ne plus pouvoir suivre.

« On est sommé d’être actif tout le temps et dans tous les domaines de son existence », observe le sociologue Christophe Mincke en ouverture de ce dossier (lire « Cette injonction à la mobilité est devenue intenable »).

Le monde du travail a fait de la disponibilité du travailleur un impératif économique et même moral. (lire « Temps de travail : remettre les pendules à l’heure ») engendrant une augmentation des problèmes de santé. Les demandeurs d’emploi et les usages des CPAS n’échappent pas à ces exigences : le bénéficiaire doit se responsabiliser, s’activer, être « entrepreneur de sa propre vie ». Ce qui n’est pas sans conséquence sur les travailleurs sociaux déjà soumis à des exigences de rationalisation, d’efficience et d’efficacité. (Lire « Prendre le temps est devenu un acte de résistance ») Réguler, ralentir, réduire…

Des pistes et résistances sont avancées pour éviter de foncer droit dans le mur. En France depuis les années 2000, des « bureaux du temps » tentent d’articuler et d’harmoniser les multiples temps sociaux. Et revendiquent, dans cette société sans répit, un nécessaire « droit au temps » (lire « Une ville à mille temps »).