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Alter Échos n° 469

Logement : le privé a la clef, les pauvres à la porte

11 décembre 2018

Les pouvoirs publics sont-ils à la botte des investisseurs privés au point de leur déléguer toute la production de logements dans les grandes villes ? Stéphan Sonneville (société Atenor) le reconnaît : l’idée d’un quota de logements sociaux au sein de ses projets immobiliers ne le rebute pas. Mais la volonté politique semble ne pas être de mise (lire : « Pour se loger, Bruxelles compte sur les promoteurs… »). À Charleroi, public et privé travaillent main dans la main pour redorer l’image de la cité en faveur des classes moyennes, au détriment des plus démunis qui se sentent évincés du centre-ville (lire : « Charleroi : du bobo sur le dos des prolos ? »).

Cet abandon des autorités indigne associations et habitants. Le 18 octobre, le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH) organisait une visite du quartier européen pour mettre en lumière l’impact des acteurs privés sur l’accès au bâti (voir le story map « Lobbies et logement dans le quartier européen : tour d’horizon »). Au-delà de l’accessibilité, les citoyens mobilisés s’inquiètent de la dégradation de l’environnement et de la mobilité dans leur quartier (lire « Mobilisations citoyennes : un impact en demi-teinte »).

« Depuis les années nonante, on entre dans une logique de réparation de la ville », tempère Nicolas Hemeleers, architecte (Citytools). En témoignent l’apparition d’opérateurs chargés d’accompagner le public dans sa vision urbanistique, mais aussi les contrats de quartier qui, s’ils pèchent par leur échelle trop étriquée, permettent la mise en œuvre de projets plus inclusifs… (Lire : « Nicolas Hemeleers : ‘Les projets urbanistiques sont mieux encadrés !’ »)

Un dossier illustré par Julie Joseph.