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Alter Échos n° 471

Cinquante nuances de grève

4 mars 2019

À moins d’avoir passé ces derniers mois sur le dos du robot chinois Chang’ e-4 à arpenter les douces courbures de la face cachée de la lune, il paraît peu probable que vous soyez passé à côté d’une évidence : « la rue », comme on dit parfois, est sacrément agitée. Qu’elle soit vêtue d’une chasuble phosphorescente couleur poussin, qu’elle brandisse des panneaux « Eat pussy, not cows » ou qu’elle revête l’apparence de syndicalistes qui se demandent parfois ce qui leur arrive, la contestation est tendance cet hiver. Et elle suscite de grands espoirs du côté de ceux qui se mobilisent. Parfois trop grands ? Une chose est claire : les modes de contestation « classiques » déçoivent parfois, jugés peu productifs ou trop institutionnalisés. Au point d’inciter les militants à opter pour des modes d’action plus radicaux ou originaux ? (Lire « Manifs, grèves : c’est plus comme avant ? »)

Malgré cela, les classiques restent les classiques. Et une bonne manifestation, cela s’organise, cela se négocie. Parfois jusqu’au détail près (Lire « La manifestation cogérée, une histoire belge »). Avec, bien sûr, des slogans qui claquent (Lire « ’T’es bonne sans carbone’ : #slogan »). Et, depuis peu de temps, un service minimum à respecter dans certains secteurs lors des grèves (Lire « Service minimum : des travailleurs’pris en otage’ ? »).

Mais alors, que fait-on quand on n’est pas en mesure de se faire entendre, de s’organiser, de structurer ses revendications dans des quartiers dits populaires ? On fait appel au « community organizing », une méthode qui vient des États-Unis et qui commence à faire son chemin en France et – un tout petit peu – en Belgique (Lire  « Community organizing : les classes populaires prennent le pouvoir »). Ou bien alors on peut tenter sa chance du côté d’Eva Maria Jimenez Lamas, une syndicaliste de la CSC « spécialisée » dans la défense des travailleuses sans papiers… (Lire « Eva Marie Jimenez Lamas mobilise les invisibles »).