Au moment d’écrire ces lignes, la grève des agents pénitentiaires dure depuis plus de cinq semaines. On ne semble plus trop s’en émouvoir. La grève à la SNCB et la pendaison d’un Charles Michel en mousse agitent désormais le débat public. Pourtant, en prison, les effets de la grève continuent à se faire sentir violemment. Les détenus vivent un enfer difficile à décrire. Une douche par semaine, quasi-absence de sortie à l’air libre, impossibilité de voir leur famille, démarches de réinsertion à l’arrêt, soins médicaux erratiques. Sans parler de la tension qui monte chaque jour un peu plus, entre détenus, mais aussi entre détenus et policiers ou militaires, réquisitionnés pour l’occasion. Le tout se déroule dans un contexte de surpopulation qui n’est plus à démontrer. Les tribunaux des référés condamnent l’État belge à des astreintes, mais cela ne change rien et les astreintes ne sont pas payées. Le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe a sermonné la Belgique. Il s’est dit «extrêmement inquiet» de la dégradation des conditions de détention. Une dégradation qui découle directement de la grève. Quelles revendications supérieures autorisent à se départir de tout humanisme en utilisant des détenus, en les laissant croupir en cellule, sans douches, sans air frais, sans hygiène et presque sans soins?
Il rappelle que la Belgique a des obligations internationales, à c...
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Au moment d’écrire ces lignes, la grève des agents pénitentiaires dure depuis plus de cinq semaines. On ne semble plus trop s’en émouvoir. La grève à la SNCB et la pendaison d’un Charles Michel en mousse agitent désormais le débat public. Pourtant, en prison, les effets de la grève continuent à se faire sentir violemment. Les détenus vivent un enfer difficile à décrire. Une douche par semaine, quasi-absence de sortie à l’air libre, impossibilité de voir leur famille, démarches de réinsertion à l’arrêt, soins médicaux erratiques. Sans parler de la tension qui monte chaque jour un peu plus, entre détenus, mais aussi entre détenus et policiers ou militaires, réquisitionnés pour l’occasion. Le tout se déroule dans un contexte de surpopulation qui n’est plus à démontrer. Les tribunaux des référés condamnent l’État belge à des astreintes, mais cela ne change rien et les astreintes ne sont pas payées. Le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe a sermonné la Belgique. Il s’est dit «extrêmement inquiet» de la dégradation des conditions de détention. Une dégradation qui découle directement de la grève. Quelles revendications supérieures autorisent à se départir de tout humanisme en utilisant des détenus, en les laissant croupir en cellule, sans douches, sans air frais, sans hygiène et presque sans soins?
Il rappelle que la Belgique a des obligations internationales, à c...