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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Culture

Femmes au café pour briser les préjugés

©awsa
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  • Par Lara Leroy (stagiaire)
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Arab Women’s Solidarity Association est une asbl laïque, militant pour les droits des femmes originaires du monde arabe. Elle se fait surtout connaître grâce à son activité déroutante: femmes au café. Membres et sympathisants se retrouvaient dimanche parmi les habitués de La Goulette, pour écouter un extrait de la pièce d’Ali Bader: «Quand Fatima se fait appeler Sophie.»

Des femmes entrent dans un salon de thé oriental avenue Clemenceau. Des hommes fumant la chicha les suivent des yeux. Ni la fumée, ni le poids des regards interloqués ne les retiennent. Ces femmes, voilées ou non, d’origine arabe ou pas, jeunes et moins jeunes prennent place et commandent un thé, à la menthe il va de soi. «Qu’est-ce qui se passe en fait, M’dame, y a un événement?», lance un client. Brochures et cartes de visite sont distribuées. Sans provoc, Alicia Arbid, coordinatrice d’Awsa, révèle le but de l’activité: promouvoir la participation de la femme arabe dans l’espace public.

Déjà, un jeune vient crever l’abcès: «Vous pensez que la femme arabe est soumise?» On lui rétorque qu’un travail de revalorisation du monde arabe est aussi nécessaire. Si Awsa lutte pour l’émancipation de la femme arabe, l’association, précise-t-elle, cherche aussi à aller à l’encontre des représentations, véhiculées notamment par les médias, d’une femme arabe soumise et victime.

Engagement poétique

Alors que déjà le débat va bon train, Ali Bader arrive. Écrivain irakien, cela fait trois ans qu’il est installé en Belgique comme réfugié politique. Dans ses textes qui dénoncent les injustices sociales, la femme occupe toujours un rôle central. Sa nouvelle pièce, Quand Fatima se fait appeler Sophie, sera bientôt jouée sur les planches à Bruxelles. Elle raconte l’histoire d’une jeune femme venue d’Orient qui traverse l’Europe dans l’illégalité pour construire une nouvelle vie en Belgique. Une interprète nous livre un extrait pour l’occasion: «Je suis Fatima, l’Arabe. Reconnaissez-vous mon voile, ma peau foncée? Mon corps caché sous les plis de ces voiles épais…? Je suis Sophie, la Belge… Reconnaissez-vous mon visage, vous avez dû le voir dans vos bars…? Reconnaissez-vous mon corps, sous vos corps? Reconnaissez-vous ma voix, la langue que je parle? Mes gémissements et mes murmures?»

Chacun porte attention à la scène. Seules les bulles de la chicha continuent de faire du bruit. À la fin, beaucoup veulent faire entendre leur avis. Le texte, qui soulève de nombreuses thématiques telles que la sexualité, la violence, le rapport avec la religion et l’éducation traditionnelle, n’est pas bien reçu de tous. Il semble s’être formé deux camps entre sympathisants de l’Awsa et les habitués du café. Diplomates, les membres de l’Awsa ont conscientes de marcher en terrain houleux et trouvent les mots pour ne pas s’enliser dans les préjugés. Les conversations se poursuivront longtemps et quand vient le temps de rentrer, les uns invitent cordialement les autres à revenir au café.

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