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G4S mis à la porte de l’accueil des sans-abri à Anvers

Alter Échos n° 447 26 juin 2017 Aubry Touriel

G4S le voulait. Il ne l’aura pas. L’exploitation du centre d’accueil pour sans-abri De Vaart reste dans le giron du Centrum voor Algemeen Welzijnswerk (CAW). Une victoire amère.

«C’est du vaudeville!», voilà comment Luc Muraille, coordinateur du Vaart jusqu’au 30 juin, qualifie la situation. En mai 2016, la majorité (N-VA, CD&V et Open Vld) a décidé de mettre sur le marché l’exploitation de certains centres pour sans-abri, tels que De Vaart. Pendant 18 ans, l’organisation CAW a géré ce centre, mais, fin septembre 2016, la société G4S Care en collaboration avec De Wooncompagnie a remporté l’appel à projets lancé par le CPAS. La société civile et l’opposition ont alors protesté contre cette décision.

Deux mois plus tard, l’attribution du projet De Vaart à G4S Care-De Wooncompagnie a été suspendue par la gouverneure d’Anvers, Cathy Berx, parce que la procédure légale n’avait pas été correctement appliquée. Tout devait repartir de zéro. La majorité du conseil du CPAS a ensuite de nouveau voté: selon elle, le projet de G4S était meilleur que celui déposé par le CAW.

«Nous ne nous attendions pas à ce changement de situation. C’est une victoire amère, surtout pour les bénéficiaires de nos services.» Luc Muraille, De Vaart

Le 9 juin 2017, nouveau rebondissement. Le président du CPAS d’Anvers, Fons Duchateau (N-VA), a demandé au partenariat G4S Care-De Wooncompagnie de se retirer du projet. Michael Lescroart, son porte-parole, explique: «Quand le partenariat est tombé à l’eau, la crédibilité du projet proposé n’était plus suffisante. Nous n’avions pas assez de garanties qui nous permettaient d’atteindre la qualité souhaitée.»

Concrètement, G4S avait signalé collaborer avec la fondation néerlandaise Nico Adriaans Stichting et le centre scientifique Impuls. Or, début juin, les deux organisations ont nié avoir signé un accord de partenariat avec G4S. «G4S a menti! L’affaire Samusocial a résonné comme un coup de poing. Au niveau politique, ils ne peuvent pas se permettre d’avoir une affaire politiquement incorrecte à Anvers», réagit Luc Muraille. Entre-temps, l’ancienne équipe s’apprêtait à libérer les lieux…

«Tout est à recommencer»

Il ne reste plus grand-chose dans le bureau du coordinateur du Vaart. Comme tous ses collègues, il est en plein déménagement. «Tout est vide ici! Nous avons clôturé tous les accompagnements», s’exclame Luc Muraille, qui y travaille depuis plus de 15 ans. Selon lui, ces dernières semaines, il y a des jours où seulement 40 personnes viennent alors qu’avant c’était entre 100 et 120. «Tout est cassé. Tout est à recommencer.»

Tous les travailleurs ont trouvé un nouvel emploi, il faut donc récréer une nouvelle équipe, et ce, théoriquement en 15 jours. «Nous ne nous attendions pas à ce changement de situation. C’est une victoire amère, surtout pour les bénéficiaires de nos services», ajoute Luc Muraille.

Sous le nouveau système, le CAW va devoir travailler autrement. L’organisation n’assurera plus l’aide elle-même, mais deviendra un centre où d’autres organisations externes effectueront des permanences. Les heures d’ouverture seront également allongées.

Benny Lauwers, qui vient depuis près de 20 ans à De Vaart, notamment pour un accompagnement de paiement de factures, se fera aider par une autre institution. «Je ne connais pas ces gens, ce n’est pas le même contact. Ce sera seulement pour remplir les papiers, il n’y aura plus de vrais contacts, comme c’était le cas ici.»

Une période de transition de trois mois est prévue avant de commencer le projet. En juillet, De Vaart va fonctionner à portes closes pour permettre de recruter la nouvelle équipe, même si un service minimum sera assuré pour les cas urgents. Pendant les deux mois suivants, ils assureront un service similaire à maintenant. À partir d’octobre, le nouveau projet commencera. Le contrat d’activité pour cette période est encore en discussion, indique Michael Lescroart: «Le CAW doit montrer comment il va pouvoir concrétiser le projet comme il est inscrit sur papier.» Affaire à suivre…

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