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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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(Aide à la) jeunesse

SOS-enfants: au chevet des enfants maltraités

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  • Par Cédric Vallet
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Les équipes SOS-enfants, chargées de diagnostiquer et de suivre des situations de maltraitance, sont très sollicitées. Retour sur le travail de ces équipes pluridisciplinaires atypiques.

Les équipes de SOS-enfants – qui diagnostiquent et prennent en charge les situations de maltraitance infantile – tentent de trouver de nouvelles voies pour aider ces enfants en difficulté. La maltraitance étant ici comprise comme physique, sexuelle, psychologique ou institutionnelle.

À Charleroi, l’équipe de SOS-enfants, qui se nomme «aide et prévention enfants-parents», a lancé un nouveau projet, ambitieux, nommé «Petite Bulle», dont l’objectif est d’intervenir avant la naissance de l’enfant. Alain Dupont, coordinateur de la cellule, nous explique la genèse de cette «Petite Bulle»: «C’est parti d’une frustration devant l’accumulation de situations difficiles, de tout-petits qui cumulaient des atteintes irréversibles, des troubles du développement, voire des troubles neurologiques. Notre action n’est qu’une goutte dans l’océan. Ici, elle consiste en une sensibilisation des professionnels à une lecture précoce des signes pouvant conduire à des situations de maltraitance.»

« De tout-petits cumulent des atteintes irréversibles, des troubles du développement, voire des troubles neurologiques. » Alain Dupont, coordinateur de l’équipe SOS-enfants à Charleroi

Une lecture si précoce que le projet «Petite Bulle» s’adresse à des femmes enceintes. Lorsque celles-ci cumulent différents problèmes, de la toxicomanie à la violence domestique en passant par des placements préalables dans les circuits de l’Aide à la jeunesse, l’ONE peut tirer la sonnette d’alarme, «quand ces critères sont cumulés, cela nous fait dire que l’accueil du bébé va être compliqué», décrit Marie-Line Feuillat, psychologue dans l’équipe de Charleroi. Lorsqu’une de ces situations «à risque» est détectée, la «microcellule» de SOS-enfants se rend au domicile des parents et tente de «travailler le futur lien» des parents avec le bébé à naître.

Chercher l’accord des parents

Cela fait plus de 30 ans que des équipes pluridisciplinaires interviennent auprès d’enfants maltraités. Malgré cette longévité, qui s’est vue consacrée par l’institutionnalisation des équipes SOS-enfants dans un décret en 1998, adopté dans la foulée de l’affaire Dutroux, certains acteurs du monde psychosocial ne connaissent pas toujours très bien ces équipes, qui dépendent du secteur de l’enfance.

Car les équipes SOS-enfants sont loin d’être les seuls acteurs compétents. Le secteur de l’Aide à la jeunesse est aussi incontournable. D’abord parce que les enfants, lorsque la situation exige qu’ils soient retirés du milieu familial, sont accueillis dans des services de l’Aide à la jeunesse, les centres d’aide aux enfants victimes de maltraitance. Mais aussi parce que le conseiller de l’aide à la jeunesse est l’autorité mandante qui intervient généralement pour organiser la prise en charge de «mineurs en danger», dans un cadre agréé. Il lui arrive souvent de demander des diagnostics, voire des prises en charge aux équipes «SOS-enfants» ou à d’autres services. Les équipes SOS-enfants, quant à elles, peuvent se tourner vers cette autorité mandante, «lorsqu’il y a besoin d’un pivot, d’une continuité entre différents services».

« La demande des gens, il faut la chercher, la travailler en permanence. Nous sommes engagés dans la prise en charge. » Marie-Line Feuillat, psychologue dans l’équipe SOS-enfants de Charleroi

«Mais nous n’appelons pas nécessairement l’Aide à la jeunesse, tient à préciser Alain Dupont. Nous voyons d’abord par nous-mêmes si nous pouvons travailler avec les familles, avec leur accord. L’enfant ne pourra pas se sentir à l’aise sans l’adhésion de ses parents.» C’est bien le principe clé des équipes SOS-enfants, «sans accord, notre travail s’arrête». Un principe qui rend parfois difficile la relation d’aide, tant la frontière entre le consentement, la méfiance, voire l’hostilité déguisée est poreuse. C’est ce que décrit Marie-Line Feuillat: «Nous mettons énormément d’énergie pour des résultats parfois décevants. La demande des gens, il faut la chercher, la travailler en permanence. Nous sommes engagés dans la prise en charge.» Et, bien sûr, en cas d’imminence du danger, c’est vers le parquet et l’Aide à la jeunesse qu’il faut se tourner.

Une augmentation des signalements

Une équipe de SOS-enfants est au moins composée d’un pédiatre, d’une psychologue, d’un juriste, d’un assistant social et, en théorie, d’un pédopsychiatre. Toutes les décisions sont prises en équipe. Notamment les décisions de «sélectionner» les situations à prendre en charge. Comme de nombreux pans du secteur psychosocial, les équipes SOS-enfants reçoivent plus de demandes qu’ils ne peuvent en assumer.

En 2015, 469 signalements furent adressés aux équipes SOS-enfants. Trente pour cent furent pris en charge. Alain Dupont et son équipent doivent d’abord vérifier qu’il s’agit bien de cas de maltraitance avant de prendre en charge. Ils doivent aussi réorienter et, face à la demande accrue, prioriser: «Nous prenons prioritairement les situations où les familles n’ont aucun réseau social mais aussi les situations les plus vulnérables, explique-t-il. La vulnérabilité étant en grande partie liée à l’âge.»

« l’augmentation des signalements peut signifier que nos équipes sont davantage reconnues », Jessica Segers, responsable de service SOS-enfants.


Ensuite, les prises en charge commencent rapidement et durent en moyenne six mois. Elles peuvent avoir lieu en famille ou en groupe, sans les parents. «Il existe un groupe pour les jeunes filles victimes de violences sexuelles, nous apprend Marie-Line Feuillat. Un autre pour les enfants pris dans de graves conflits de séparation. Dans ces situations, un dispositif classique sera inopérant. Ces enfants se sentent souvent isolés, se croient la plaie du monde. Le contact avec d’autres jeunes les aide à se reconnecter car, parfois, la rencontre avec le “spécialiste” est ressentie comme trop violente.»

Chaque année, les équipes SOS-enfants reçoivent davantage de signalements souvent adressés par des acteurs du secteur psychosocial, mais aussi par des proches des enfants. «Les équipes se demandent si cette augmentation reflète une augmentation du nombre de situations de maltraitance, explique Jessica Segers, responsable de service SOS-enfants. Mais l’augmentation des signalements peut signifier que nos équipes sont davantage reconnues ou que les professionnels de différents secteurs sont mieux sensibilisés et savent à qui s’adresser en cas de problème.» En 2015, les équipes SOS-enfants ont reçu 5.619 signalements qui ont donné lieu à 1.944 prises en charge. Le nombre de signalements avait augmenté de 350 unités supplémentaires.

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