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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Logement et territoires

Pare-choc ou courroie de transmission avec le bailleur social ?

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  • Par Arnaud Gregoire
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Le principe du référent social est bien accepté par les directions des sociétés de logement. Le rôle qui leur est assigné varie toutefois d’une société à l’autre, avec une tension entre l’intervention individuelle de terrain et le travail de mise en réseau

Comment les directions des sociétés de logement ont-elles reçu la volonté du gouvernement wallon de les doter d’un référent social ? Plutôt bien ! Le fait que le dispositif prévoit un soutien pour financer une partie du salaire de la nouvelle recrue n’est sans doute pas étranger à l’accueil positif qui a été réservé à cette nouvelle fonction. Certains regrettent que l’idée initiale de subsidier entièrement le salaire du référent n’ait pas pu être mise en place. Mais ils concèdent qu’en ces temps difficiles, le soutien même partiel est louable.

L’arrivée de ce référent social représente surtout, pour les directions des sociétés de logement, une véritable reconnaissance de leur rôle social qui mine de rien, met du baume au cœur des personnes en charge de la gestion de ces organismes de logement aux missions spécifiques. Mais cette reconnaissance ne fait souvent qu’entériner une situation de fait où des travailleurs étaient déjà chargés de missions sociales ou socio-techniques.

Renforcer le pôle social

« Nous rencontrons de nombreuses difficultés liées aux incivilités, à l’éducation des personnes qui bénéficient des logements sociaux », relève Olivier Dechenne, directeur-gérant de Centr’Habitat à La Louvière, soulignant la nécessité de disposer dans son équipe de collaborateurs qui développent un contact direct avec les locataires.

« Nous avions déjà une équipe de travailleurs de proximité, » explique-t-il. « Ce personnel avait des tâches telles que la « prévisite » des logements lorsqu’un départ est prévu, de façon à éviter trop de frais au moment de remettre les clés du bien. Nous avons engagé deux référents sociaux et avons pu améliorer et élargir les missions confiées à cette équipe », poursuit Olivier Dechenne.

De fait, l’équipe est maintenant constituée de quatre travailleurs sociaux de terrain. Les travailleurs de proximité sont des personnes qui, sans être assistants sociaux diplômés, ont une grande expérience du terrain. Ils sont donc encadrés par un des deux référents sociaux – assistant social – l’autre référent étant chargé de l’activation et de la dynamisation des partenariats avec des interlocuteurs, tels que le CPAS et le tissu associatif concerné.

Le projet déployé par Centr’Habitat est exemplaire de la dynamique à l’œuvre dans l’implémentation du rôle des référents sociaux au sein des sociétés de logement. Il illustre cet équilibre délicat à trouver par les directions, entre travail de terrain avec les bénéficiaires et rôle de relais avec les CPAS et associations pour développer une action collective. Cette tension entre le rôle de « pare-choc » des sociétés de logement social, indispensable pour limiter les contentieux, les loyers impayés et la dégradation des logements, et celle de courroie de transmission nécessaire pour établir une collaboration efficace entre intervenants sociaux. Car il ne s’agit bien sûr pas de se substituer aux CPAS, ainsi que le soulignent les directeurs et directrices de sociétés de logement interviewés.

Ici, la taille de la société de logement est un élément déterminant. Avec un patrimoine de plus de 5500 logements en gestion, Centr’Habitat est une des plus grosses sociétés de Wallonie. Elle dispose d’un personnel en conséquence : 93 collaborateurs, dont une cellule de quatre personnes dédiée aux relations, sur le terrain, avec les locataires. Cellule maintenant augmentée de deux référents sociaux.

A la rencontre des locataires

Pour une société de plus petite taille, par contre, les enjeux sont différents. Pour l’Habitat du Pays Vert, à Ath, avec ses 1400 logements et 28 collaborateurs, la situation est différente. « Le regret formulé par notre conseil d’administration, lors du premier appel à projets, était que la mission devait être collective, alors que les besoins de la société se traduisaient par des actions individuelles. Le deuxième appel à projets a heureusement autorisé les missions de terrain, individuelles, dans la mesure où elles contribuent à développer un travail collectif », détaille Valérie Dupont, directrice. Un travail de terrain, à la rencontre des locataires, pour les accueillir, leur expliquer le fonctionnement de la société de logement, voilà, entre autres, ce dont a besoin l’Habitat du Pays Vert.

A la société de Logements du Plateau (un peu plus de 1700 logements), à Ans, Jean-Pierre Bousmanne va dans le même sens. Il souligne les problématiques liées au public du logement social : une population diversifiée que la société de logement ne choisit plus elle-même, comme c’était le cas auparavant. Et qu’il faut pourtant gérer. Le directeur de cette société a toutefois mis en place un projet qui place le référent social au centre du travail collectif avec les associations environnantes – une attention spécifique a par exemple été portée sur la coordination en matière de santé mentale – et permet dans le même temps d’avoir plus de collaborateurs en contact avec les locataires.

« Quand il y a plus de monde sur le terrain, la discussion, le lien social est plus facile », note Jean-Pierre Bousmanne, soulignant qu’il est en constante recherche de nouvelles façons de communiquer avec les locataires.

Un rôle de plaque tournante

Mais la taille de la société n’est pas le seul élément déterminant des missions qui seront confiées au référent social. Le nombre d’interlocuteurs est aussi prépondérant. Ainsi, une grosse société de logement implanté dans une ville aura un seul Centre public d’aide sociale face à elle, tandis qu’une petite société implantée dans une zone plus rurale aura à traiter avec plusieurs CPAS. « Nous avons six communes à gérer, » explique Michel Van Hooydonck, directeur adjoint de Haute Senne Logement, à Soignies. « Avoir une personne qui fait le pont entre ces six services sociaux, cela va nous aider », poursuit-il. Car les collaborations avec les différents intervenants ne sont pas toujours faciles.

Au Home Ougréen, Louis Ponet confirme : « Il ne s’agit pas de prendre le locataire par la main. Par contre il faut pouvoir analyser la problématique des locataires et les mettre en contact avec les personnes ad hoc, qu’il s’agisse des CPAS, d’une association pour les femmes battues ou les enfants maltraités. »

« Cette fonction de plaque tournante n’est finalement pas si neuve », relève Louis Ponet. « Avant on appelait cela un médiateur, maintenant c’est un référent social, mais la fonction est assez semblable. Il doit être une plaque tournante entre la société de logement, les locataires et les services sociaux. « Ce qui est nouveau ici, et c’est une bonne chose, c’est la généralisation du système à toutes les sociétés », conclut Louis Ponet.

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