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EFT/OISP : discussions autour d'un décret

Alter Échos n° 343 31 août 2012 Julien Winkel

Le décret EFT/OISP fait son chemin. L’Interfédération s’interroge. Le cabinet d’André Antoine donne son point de vue.

Fin mai, le voile se levait sur les premiers détails concernant le nouveau décret relatif aux EFT/OISP (voir Alter Echos n° 339 du 27 mai 2012 : « EFT/OISP : bientôt un opérateur unique? »). Avec une première constatation : on se dirigeait vers un opérateur unique qui se serait vu ensuite décliné en différents modes de defonctionnement, soit proche des EFT, soit des OISP (on sait aujourd’hui que cette option d’opérateur unique a été retenue et que la structure nouvellement créées’appellera centre d’insertion socioprofessionnelle (CISP)). Si ce point ne semblait pas poser de problèmes, l’Interfédération des EFT/OISP1 regrettaitnéanmoins de n’avoir pu disposer d’une copie du texte du décret.

Aujourd’hui, la fédération a pu jeter un œil sur ce nouveau décret, qui est d’ailleurs passé en première lecture. Un texte qui la laisse perplexe surplusieurs points, notamment concernant la question du financement, qui est renvoyée aux arrêtés d’exécution. Mais plus encore, elle soupçonne le ministreAndré Antoine (CDH), ministre de l’Emploi de la Région wallonne, de vouloir s’attaquer à la liberté associative du secteur. « Le gouvernement wallon veuts’arroger le droit de valider les instances de l’Interfédération [NDLR l’AG et le CA] », explique à ce sujet Erik Mikolajczak, secrétaire généralde l’Interfédération.

Des choses à rediscuter ?

Face à cette pointe de mauvaise humeur, le cabinet d’André Antoine parle d’un « fantasme » de la part de l’Interfédé. « Ce sont descraintes qui ne sont pas fondées, explique Philippe Mattart, chef de cabinet d’André Antoine. Le décret actuel mentionne que le gouvernement doit désigner une asblà qui il peut confier des missions comme la représentation des OISP et des EFT ou la coordination. L’idée est de pouvoir s’assurer que cette association soit bien effectivementdésignée librement par le gouvernement. Nous ne souhaitions pas que l’Interfédération se redésigne elle-même ou qu’elle ne devienne une union professionnellesubventionnée. » On n’en saura pas plus sur ce que cette volonté implique au niveau du texte, mais Philippe Mattart se veut rassurant : « Notre intention n’estbien évidemment pas que l’Interfédération devienne un organe politique. »

Notons qu’à parler d’autonomie associative, l’Interfédération déplore que « l’objet social des 160 centres de formation (EFT/OISP) soit totalementméconnu dans le projet de décret » au profit d’une stricte formation à l’emploi, comme elle l’a mentionné dans un communiqué de presse publiéà la mi-juillet et qui était intitulé « La démocratie sociale à l’épreuve d’un nouveau décret sur la formation. »

Pour ce qui est du financement, Philippe Mattart s’explique également. « Le décret actuel est difficilement applicable, les modes de financement sont trèscompliqués. Notre volonté ici est d’avoir un décret précis, avec des arrêtés précis qui concerneront notamment le financement, qui vont êtrediscutés. » Et Philippe Mattart de préciser qu’ils seront probablement « amenés à rediscuter de certaines choses [NDLR avec le secteur] ».Le cabinet ne ferme donc pas la porte à des discussions ultérieures. « Ce n’est pas fini, nous n’allons pas aller au casse-pipe avec quelque chose de non concerté. Ace titre, certains ont peut-être allumé un feu un peu trop vite. »

Une question de diplôme

Concernant le seuil d’entrée dans la nouvelle structure (CISP), les exigences en termes de diplômes ont aussi évolué. Il faudra désormais disposer d’un niveauinférieur à celui du CESS (certificat d’enseignement secondaire supérieur). Néanmoins, le cabinet Antoine a prévu certaines dérogations. Ainsi, dans lesarrondissements où le chômage est inférieur de 15 % à la moyenne wallonne, les personnes détentrices du CESS pourront également être admises.« Nous pensons qu’il y a quelque chose à faire pour les personnes détentrices du CESS. Il y a 15 ou 20 ans, cela suffisait pour trouver un emploi. Or à l’heureactuelle, ce n’est plus évident et personne ne s’occupe vraiment de ce public », explique Philippe Mattart. Une option qui pourrait amener plus de monde vers les opérateurs,ce que semble aussi craindre l’Interfédération des EFT/OISP qui dit également regretter ce projet de décret qui « complexifie à outrance lescatégories de personnes qui pourront à l’avenir entrer en formation dans une EFT ou une OISP ».

Le texte du décret a été envoyé vers les organes consultatifs. Le cabinet d’André Antoine espère le voir adopté, de même que sesarrêtés, pour la fin de l’année. Alter Echos reviendra sur le sujet une fois que celui-ci sera plus avancé.

1. Interfédération des EFT/OISP :
– adresse : rue Marie-Henriette, 19/21 à 5000 Namur
– tél. : 081 74 32 00
– courriel : secretariat.interfede@skynet.be
– site : www.interfede.be

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A propos de l'auteur

Julien Winkel

Dans ses rêves d’enfance, Julien se voyait astronaute. À tel point qu’il imaginait qu’une fusée l’attendrait à la sortie de l’école pour l’emporter dans les étoiles, loin de ce monde de brutes. Lorsqu’on l’interroge sur ses héros, Julien affiche une belle cohérence puisqu’il cite Ian Solo et Marty Mac Fly. Pourtant, quelques années plus tard, c’est avec un diplôme de journaliste et un master européen en étude du spectacle vivant qu’il se retrouve. En tandem avec Cédric Vallet, Julien forme ainsi le pôle excellence de la rédaction. Il entretient en parallèle une passion extrême pour la musique : « surtout la musique noire américaine des 50’/60’s/70’s : soul, blues, funk. Il y a tellement d’émotion, de beauté, de drames, de rêves de rédemption et de vie dans cette musique qu’elle permet de ne pas finir racorni par les aléas de la vie et de ne pas totalement désespérer de l’espèce humaine. » Une envolée lyrique digne de la plume qu’il manie au service d’une « information jugée plus importante que jamais bien que vraiment galvaudée en de trop nombreuses occasions ». julien [dot] winkel [at] alter [dot] be

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