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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Social et santé

Une Riboutique à Ribaucourt ?

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Le Projet Lama1, la Mass2 et Transit3 étudient la possibilité de mettre en place une salle de consommation à moindre risque dans le quartier de Ribaucourt, où la consommation de drogues à ciel ouvert perturbe la vie du quartier depuis plus de 20 ans.

C’est un secret de Polichinelle, le carrefour entre le boulevard Léopold II et la rue Ribaucourt est ce qu’on appelle, dans le jargon des sociologues, une scène ouverte. Un supermarché de la drogue, dira-t-on sans langue de bois. Entre 11 h et 16 h, toxicomanes et petits dealers viennent y faire affaire sans trop se cacher des voisins ou des fonctionnaires qui travaillent dans les bureaux voisins. « On y vient des quatre coins de Bruxelles et même de plus loin. On y croise toutes sortes de profils. Il y a des gens qui viennent seulement pour acheter, d’autres qui restent là toute la journée, des usagers qui sont là depuis 20 ans, des jeunes, etc. De façon générale, on y rencontre des gens en grande désaffiliation sociale et un public de plus en plus cosmopolite », observe Eric Husson, coordinateur du Projet Lama Anderlecht et de la concertation bas seuil.

Cannettes de bière éventrées, odeurs d’urine et de vomi, bagarres… On imagine sans peine les nuisances qui s’ensuivent pour les riverains de ce quartier fort fréquenté. Et les conditions sanitaires désastreuses dans lesquelles ces usagers consomment. « Ils se dépêchent pour ne pas être vus. Ils se piquent mal, ne mettent pas de garrot. Il y en a qui consomment dans des chantiers, des toilettes publiques, des maisons abandonnées, près du métro ou sur les berges du canal. Un accident peut vite arriver », s’inquiète Eric Husson. Il arrive aussi que les toxicomanes se fassent agresser par les jeunes du quartier, exaspérés par cette présence embarrassante.

Sortir de la gestion sécuritaire

Devant cette situation qui perdure depuis les années ’90, la police se sent impuissante. « On les interpelle, on les arrête, au mieux ils sont mis sous mandat, au pire on les revoit le lendemain. On a mis des policiers en poste fixe et des gardiens de la paix pour sécuriser les lieux, mais ça ne fait que déplacer le problème dans les rues avoisinantes », regrette Pierre-Thomas Collignon, commissaire de police et directeur de la division de Molenbeek-Saint-Jean. « Quand on met des policiers à Ribaucourt, on retrouve 200 seringues dans les buissons une semaine plus tard dans le parc de Simonis », confirme Eric Husson.

Fin 2011, la plate-forme Ribaupôles – qui regroupe des riverains, la police, la Stib, des associations et autres acteurs du quartier – sollicite la Mass, Lama et Transit, les trois structures principales bruxelloises d’accès à bas seuil (accueil sans condition), pour chercher une solution. A la suite d’une recherche-action menée avec le soutien du Fonds fédéral de lutte contre les assuétudes, le projet Riboutique se pose alors comme alternative à la gestion sécuritaire de la problématique. « Dans le fond, la police et l’associatif poursuivent le même objectif, à savoir, permettre aux gens de bien vivre ensemble. Mais nos outils sont différents. Dans le cas de la toxicomanie à Ribaucourt, il faut bien admettre l’impasse dans laquelle se trouve l’instrument judiciaire », commente le commissaire de Molenbeek. « Il faut soutenir ces patients en grande précarité pour qu’ils puissent avoir un lieu protégé où consommer et rencontrer l’offre de soins », plaide pour sa part Eric Husson.

Idéalement, une telle salle de consommation pourrait se situer dans un des bâtiments industriels qui longent le canal, un peu à l’abri du regard des passants, mais pas non plus trop éloignée du métro. Mais on n’en est pas encore là ! Pour être mis en place, un tel projet devrait d’abord obtenir l’aval des autorités politiques locales ainsi que du Parquet. Et l’on sait le sujet sensible.

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