#politique
«Le CPAS n’est pas un hamac, c’est un tremplin»
Dans la foulée des communales, David Weytsman (MR) a choisi de prendre la tête du CPAS de la Ville de Bruxelles, en étant au cœur des enjeux sociaux. Face à la fin programmée des allocations de chômage après deux ans, à l’arrivée attendue de milliers de nouveaux bénéficiaires et à la nécessité de renforcer l’insertion professionnelle, le libéral défend une vision axée sur l’émancipation individuelle, l’anticipation budgétaire et une collaboration accrue avec le secteur privé.
Jérôme Van Ruychevelt Ebstein : «L’enjeu prioritaire, c’est de remettre
des gens ensemble»
Alors que la gauche institutionnelle peine à convaincre les classes populaires, Jérôme Van Ruychevelt Ebstein, auteur de «Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires», analyse les causes profondes de cette rupture. Il nous dresse un état des lieux sans concession: effritement du tissu ouvrier et associatif, fracture culturelle avec une élite progressiste, langage technocratique déconnecté du vécu et montée de l’individualisme. Il propose aussi des pistes concrètes pour renouer le dialogue, recréer des espaces collectifs et refonder un projet politique audible.
«En Wallonie, il y aura bientôt plus de personnes au CPAS que de chômeurs complets indemnisés»
Alain Vaessen est directeur général de la Fédération des CPAS wallons, CPAS qui seront en première ligne, dès le 1er janvier prochain, pour accueillir les personnes qui, après deux années de chômage, émargeront au CPAS s’ils ne retrouvent pas d’emploi. Parmi eux, des chômeurs de longue durée qu’il s’agira de remettre sur les rails de l’activité professionnelle. Un surcroît de tâches pour une institution déjà largement mise à contribution par les crises passées (Covid, énergie, accueil des Ukrainiens). De manière plus inquiétante, il s’agit d’un transfert de charge de la Sécurité sociale vers un système assistantiel, réduisant ainsi la solidarité entre francophones et Flamands. Interview d’un homme pragmatique qui avance pas à pas, mais qui exprime des craintes sur la prise en charge d’une telle mesure.
La porte à droite
La porte du bonheur est une porte étroite… On m’affirme aujourd’hui que c’est la porte à droite…, chantait du haut de ses belles bacchantes Jean Ferrat, déplorant dans les années 80 l’abandon des idéaux de gauche au nom de la réalité économique.
«On observe une polarisation affective plus forte dans les zones en déclin économique»
Les dernières élections ont révélé des comportements de vote distincts entre les territoires. Il existe dans les zones en déclin économique un sentiment de délaissement qui peut conduire à un ressentiment à l’égard des partis politiques traditionnels, comme l’a analysé Émilie Van Haute, professeure à SciencePo ULB et chercheuse au Cevipol.
Police, la réforme tentaculaire
En mai 1998, soit un mois tout juste après l’évasion de Marc Dutroux, huit partis — majorité et opposition — concluent ensemble et rapidement une grande réforme de la police belge : fin de la gendarmerie, création d’une police à deux niveaux, organisée en zones. L’urgence fait-elle la bonne réforme ? Pas toujours mais, ici, «on a fait un énorme pas en avant», souligne Louis Tobback, ministre de l’Intérieur à l’époque. Vingt-sept ans plus tard, trois bourgmestres de trois grandes zones de police (Liège, Schaerbeek, Woluwe-Saint-Lambert) restent convaincus de la pertinence du modèle.
Directive sur les salaires minimaux: l’Europe sociale menacée
Les syndicats retiennent leur souffle. La Cour de justice de l’Union européenne s’apprête à trancher le recours du Danemark et de la Suède contre la directive sur les salaires minimaux. Un arrêt explosif aux conséquences majeures, à l’heure où plusieurs gouvernements, dont la coalition Arizona en Belgique, attaquent frontalement les droits sociaux.
Au cœur de la rue: la Team Herscham, policiers et passeurs d’espoir
À Bruxelles, une équipe policière singulière s’emploie chaque jour à rendre visible l’invisible. La Team Herscham, unité spécialisée de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles, conjugue sécurité publique et accompagnement social pour venir en aide aux personnes en errance. Une [...]
Les algorithmes, avatars de la lutte contre la fraude sociale
Le croisement de données à caractère personnel entre administrations publiques est désormais courant pour lutter contre la fraude sociale. Mais les progrès technologiques ont poussé encore plus loin l’usage d’algorithmes antifraude, jusqu’à anticiper les «profils suspects». Un usage non sans risques de discrimination, a fortiori lorsqu’il s’opère dans l’opacité et loin de tout contrôle démocratique…
Devenir Belge, toute une histoire
L’accord de gouvernement fédéral de l’Arizona est clair: l’accès à la nationalité pour les étrangers doit être durci et «des attentes et exigences plus élevées» doivent être fixées pour l’octroi de celle-ci. Quarante ans plus tôt, le 1er janvier 1985, le premier «Code de la nationalité belge» était mis en vigueur. En l’espace d’une nuit, il accorda la nationalité automatiquement à 71.000 personnes. Qu’en était-il à l’époque? Et comment en sommes-nous arrivés aux lois actuelles en matière de nationalité?
Jean-Pascal Labille: «Ce gouvernement détruit le modèle social»
Le secrétaire général de Solidaris, la mutualité socialiste, ne mâche pas ses mots: le nouveau gouvernement entend mener une politique idéologique et budgétaire qui menace le droit du travail, la sécurité sociale et recherche le profit en fragilisant les plus faibles. À l’entame de cette nouvelle législature, il réaffirme ses priorités: le financement des soins de santé, la défense de la cohésion sociale et des corps intermédiaires.
Quand gronde la colère, place à la convergence des luttes ?
Face au programme social et politique annoncé par le gouvernement Arizona, activistes et syndicalistes allient leurs forces à travers le mouvement Commune Colère. Simple initiative ou véritable espace de mobilisation? De décembre à mars, Alter Échos a suivi les contours de cette nouvelle organisation.
