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S’essayer – sans risque – à la création d’entreprises : 1er bilan du réseau des couveuses wallonnes

Le réseau des couveuses wallonnes1 a organisé à Namur le jeudi 27 novembre 2003 une journée de travail sur le thème : « L’insertionprofessionnelle par la création d’entreprises ». Cette journée a permis tout à la fois d’établir un premier bilan et de tracer les voies d’unepérennisation de ce dispositif – encore aujourd’hui pilote – dans le paysage de l’aide à la création d’entreprises en Région wallonne.

27-07-2005 Alter Échos n° 155

Le réseau des couveuses wallonnes1 a organisé à Namur le jeudi 27 novembre 2003 une journée de travail sur le thème : « L’insertionprofessionnelle par la création d’entreprises ». Cette journée a permis tout à la fois d’établir un premier bilan et de tracer les voies d’unepérennisation de ce dispositif – encore aujourd’hui pilote – dans le paysage de l’aide à la création d’entreprises en Région wallonne.

Mise en perspective européenne des dispositifs de soutien à la création d’entreprises

Marcus Dejardin, chercheur aux FUNDP, a introduit la journée en brossant une approche comparative des structures d’appui à la création d’entreprises àtravers l’Europe. Une enquête autrichienne2 portant sur l’ensemble des pays européens montre qu’il existe plus de 2.500 mesures différentes poursoutenir la création d’entreprise. Cette même étude affirme que seuls de 22 à 26 % des créateurs sont informés de l’existence de ces outils et queseuls 18 à 22 % des entreprises créées ont eu effectivement recours à un dispositif ou une mesure d’aide à la création d’entreprises. MarcusDejardin pose dès lors la question de l’évaluation de ces différents types d’aide à la création d’entreprises. Plus spécifiquement enmatière d’aide à la création d’entreprises pour des allocataires sociaux, les études descriptives existent mais peu d’études permettentl’analyse coût/bénéfice des différents outils proposés aux entrepreneurs.

Bénédicte Philippart de Job’in3 s’appuie sur les mêmes chiffres pour réaffirmer le potentiel de l’autocréation d’emploi dans uncontexte de remontée du chômage. Elle repositionne l’entrepreneur par rapport à ses trois cercles : son cercle affectif (famille), son cercle de gestion (comptable –banquier), son cercle de pairs (club d’entrepreneur, réseau d’affaires). À ses yeux, une des spécificités de la couveuse consiste à s’adresserà ces trois cercles à la fois.

La situation des couveuses belges fin 2003

Thierry Kieken, attaché à la Direction générale de l’Emploi et de la Formation de la Région wallonne, rappelle que dès le départ, lescouveuses se sont inscrites dans un partenariat fort entre public et privé pour soutenir la création d’entreprises par des demandeurs d’emploi.

Le principe4 des couveuses a été clair dès le départ : sécuriser la démarche de création d’entreprises pour des publicsfragilisés, essentiellement les chômeurs. Il s’agit de donner un cadre de fonctionnement et d’accompagnement permettant au porteur de projet de tester son projetd’entreprise. Dans cette optique, l’entrepreneur en couveuse a un statut de stagiaire et garde ses allocations sociales tout en touchant une indemnité complémentaire deformation. L’entrepreneur couvé peut également recevoir une bourse de préactivité lui permettant de réaliser les premières dépenses liéesà son entreprise.

Les couveuses belges se structurent aujourd’hui autour de trois opérateurs. Job’in à Liège, Sace pour la Communauté urbaine de Charleroi Val de Sambre etCréajob5 pour Waremme. Les deux premières sont actives depuis plus de deux ans. Celle de Waremme entame ses activités. D’autres communesintéressées par le principe ont déjà pris contact avec le réseau des couveuses.

Expériences européennes

L’après-midi a été l’occasion d’un partage d’expérience de dispositifs d’appui à la création d’entreprises au niveaueuropéen : The Prince’s Trust (Angleterre), ArGe Enterprise Berlin und Brandenburg GbR (Allemagne), le CIME (France) et Étal s.a. (Grèce). Le réseau des couveusesest partenaire de ces initiatives dans le cadre du programme européen Equal « Réseau d’entreprises européennes ». Difficile, dans le condensé desinterventions de ces différents partenaires de savoir comment ils pourront « expérimenter les méthodes, les évaluer, et échanger les résultats obtenusafin d’en dégager des pistes innovantes à appliquer dans un contexte propre »6.

Philippe Courard, ministre de l’Emploi et de la Formation du gouvernement wallon, est venu clôturer la journée en évoquant différents outils qu’il souhaitesoutenir ou développer par rapport à la création d’entreprises : les conseillers ressources humaines du Forem, les chèques-formation à la créationd’entreprises et les couveuses. En ce qui concerne les couveuses, il s’est engagé à assurer la pérennité de cette initiative. Un engagement solide et concretpour voir les couveuses sortir de leur statut d’expérience pilote et être reconnues sur une base décrétale.

1. « Réseau des couveuses wallonnes » c/o Sace asbl, chaussée de Charleroi, 95 ZAMI 2/113 à 6060 Gilly, contact : Leo Sclapari : 071 42 22 72, www.sace-asbl.be

2. Services de soutien aux micro-entreprises, petites entreprises et entreprises individuelles, fiche pays – Belgique, Institut autrichien de recherche sur les petites entreprises, Vienne,2002.
3. Job’in, av. Blonden, 29 à 4000 Liège, contact pour la couveuse : Jean Bonnivert, www.jobin.be
4. Voir Alter Échos n°95 : Couveuses de petites entreprises pour entrepreneurs à l’essai.
5. Contact : Eric Froidcœur, Adl de Waremme, tél. : 019 33 93 79.
6. Objectifs assignés au programme Equal « Réseau d’entreprises européennes » dans la note de présentation du réseau des couveuses.

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