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Flandre : le Voka veut bien être solidaire avec les francophones… encore 10 ans

L’organisation patronale flamande ne veut pas aller aussi loin que les signataires du manifeste de la Warande. Dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion de la réceptionde nouvel an du Voka le 15 janvier dernier, le président du Voka, Urbain Vandeurzen, a déclaré être prêt à défendre le principe de la solidaritéinterpersonnelle (expression utilisée par le gouvernement fédéral, les indépendantistes flamands préférant parler de « transferts via lasécurité sociale ») pendant encore dix ans, mais il y met toutefois deux conditions.

02-02-2007 Alter Échos n° 222

L’organisation patronale flamande ne veut pas aller aussi loin que les signataires du manifeste de la Warande. Dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion de la réceptionde nouvel an du Voka le 15 janvier dernier, le président du Voka, Urbain Vandeurzen, a déclaré être prêt à défendre le principe de la solidaritéinterpersonnelle (expression utilisée par le gouvernement fédéral, les indépendantistes flamands préférant parler de « transferts via lasécurité sociale ») pendant encore dix ans, mais il y met toutefois deux conditions.

Dans le manifeste de la Warande, présenté en novembre 2005, des patrons flamands (et donc une partie des membres du Voka) réclamaient une scission immédiate etcomplète de la Belgique, avec des arguments économiques. Pour le « patron des patrons » flamand, les transferts ne sont acceptables que s’ils sont « raisonnables, ciblés ettransparents ». La première condition qu’il pose, c’est que la Wallonie mette sur pied un programme de rattrapage économique de la Flandre, programme qui l’amène au minimumà égaler d’ici dix ans la moyenne européenne en termes de richesse et de taux d’activité, ou mieux : à rejoindre le niveau de la Flandre.

Le taux d’activité wallon devrait dans ce cas passer de 56 % à 65 % en dix ans. Les « transferts » retomberaient alors, selon Urbain Vandeurzen, à un niveau nul, ou tout lemoins « à un niveau acceptable ». Pour remplir cette première condition, la Wallonie devrait, selon lui, disposer de davantage d’autonomie : entre autres, de la possibilité demener des politiques propres en matière de fiscalité et de marché du travail. La deuxième condition d’Urbain Vandeurzen serait que le niveau de vie ne baisse pas enFlandre au cours de la même période. Car, toujours selon lui, si c’était le cas, il n’y aurait plus de quoi assurer la solidarité entre les deux Régions. Pour cetteraison, il plaide également pour une autonomie accrue de la Région flamande.

Accords salariaux spécifiques pour la Flandre

Selon lui, la politique de l’Emploi devrait, dans cette optique-là aussi, être transférée aux Régions, faute de quoi la Flandre ne sera plus en mesure de restersolidaire avec sa voisine du sud. Mais pour lui, changer la réglementation en matière d’emploi, comme le préconise le SP.A de Johan Vande Lanotte, n’est pas suffisant. Il veutaussi des accords salariaux spécifiques pour la Flandre, égratignant au passage l’accord interprofessionnel récemment conclu par les organisations patronales et syndicalesnationales : selon le Voka, l’AIP coûtera 8 milliards aux entreprises, dont 5,2 milliards iront à l’État et seulement 2,8 milliards aux travailleurs.

Dans son discours lors de la même réception, le ministre-président flamand, Yves Leterme (CD&V), a estimé que la compétence sur la politique de l’Emploidevrait certainement être transférée aux Régions, mais s’est montré plus prudent sur les accords salariaux. Pour justifier la régionalisation de l’Emploi, ila insisté sur la responsabilité financière. Il a évoqué le « Meerbanenplan » qui a permis à 1 300 demandeurs d’emploi de plus de 50 ans de retrouver du travailen Flandre. Pour lui, chaque bénéficiaire de ce plan fait gagner 650 euros par mois au gouvernement fédéral et il serait donc normal que sa Région puisse retoucherun dividende de cette somme. Le ministre-président flamand a conclu en promettant que son gouvernement ferait « plus pour les personnes » durant la deuxième moitié de lalégislature qu’il n’avait pu faire pendant la première. Il a aussi réaffirmé que toute la politique de Santé devrait être transféréeprochainement aux Régions.

D’après De Morgen et De Standaard

Pierre Gilissen

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