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La cathédrale de Cologne, vu sous son angle le plus avenant.

Charité bien ordonnée…

Alter Échos n° 419 9 mars 2016 Sandrine Warsztacki

Il y a dix ans, la journaliste anversoise Hind Fraihi plongeait trois mois en immersion dans la commune de Molenbeek, se faisant passer pour une étudiante en sociologie. Aujourd’hui réédité aux Éditions de la Différence 1, le livre qu’elle publiait à l’époque mettait déjà le doigt sur les risques liés au radicalisme et la situation explosive dans la commune. Des signaux d’alerte qui n’ont jamais été pris au sérieux. À une question d’une journaliste du Soir 2 qui lui demandait si elle avait été victime de sexisme lors de son enquête, Hind Fraihi estimait: «Oui. Dans les deux sens. Si je n’ai pas été prise au sérieux par les forces de l’ordre ou le bourgmestre, c’est aussi parce que j’étais une femme. Je n’avais devant moi que des hommes blancs de classe supérieure. Ça aussi, c’est du sexisme! Notre société a besoin d’une nouvelle vague de féminisme. Qui s’attaque aussi aux problèmes de notre société occidentale, comme le plafond de verre ou les remarques sexistes en rue.»

Fin janvier, Theo Francken faisait la risée des réseaux sociaux. Après les agressions du Nouvel An à Cologne, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration avait annoncé vouloir mettre en place des cours pour les migrants sur la façon de se comporter avec les femmes. Une version bêta du guide a fuité dans la presse, de toute évidence rédigée par un homme…. On pouvait y lire «Ne pas siffler les femmes: certaines trouvent ça sympa, d’autres pas». Mieux vaut en rire qu’en pleurer. (Écouter la chronique de notre collègue Marie-Ève Merckx sur Radiopanic 3.)

Invité du midi-débat organisé par l’Agence Alter et la Fédération des Services sociaux «Crise de l’asile: après l’urgence, l’accompagnement (lire notre compte rendu p. 31), Andrea Rea, sociologue et directeur du Groupe d’étude sur l’ethnicité, le racisme, les migrations et l’exclusion à l’ULB, a expliqué devant une petite centaine de participants comment le concept d’intégration avait évolué en même temps que la nature des flux migratoires. «Aujourd’hui, un consensus se dégage dans lequel l’exigence de la connaissance linguistique et la connaissance de la société sont vues comme fondamentales, comme des conditions de l’intégration. Une troisième exigence s’ajoute, sur laquelle je suis plus mitigé, c’est la connaissance de la culture. On parle des rapports hommes-femmes, par exemple. Mais il faut voir comment ceux-ci sont appliqués chez nous dans les lieux de pouvoir. (Lire notre dossier publié le 3 février 2016: un secteur social, sauf pour les femmes? 4.) Il y a une différence entre expliquer la culture ou la transformer en une conformité attendue de l’autre

Il y a aussi une différence entre donner des leçons et montrer l’exemple…

 

Fil infos, « Un migrant, ça peut rapporter gros », Sandrine Warsztacki, 4 février, 2016,

 

En savoir plus

  1. Infiltrée parmi les islamistes radicaux, Hind Fraihi, Éditions la Différence,  19 octobre 2006.
  2. «À Molenbeek, les problèmes étaient connus, les politiques n’ont pas voulu les voir», 12 janvier 2016.
  3. Émission Presse-purée du 29 janvier à réécouter sur http://www.radiopanik.org/emissions/presse-puree/presse-puree-12.
  4. Alter Échos n°417 du 3 février 2016.

A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

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