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L'actualité sociale avec le décodeur
Pour l'instant ça tient, mais jusqu'à quand ? Voilà en substance le message délivré par les entreprises titres-services lorsqu'on les interroge sur leur situation financière en ces temps de coronavirus. © Thomas Leth-Olsen, Flickr CC

Des opérateurs en grosse difficulté malgré les mesures d’aides. Et des travailleuses qui ont peur pour leur santé et leur porte-monnaie. Plongée dans le secteur des titres-services, que le Covid-19 a mis dans un drôle d’état. Au point que certains réclament sa fermeture pour le temps de la crise.

Pour l’instant ça tient, mais jusqu’à quand ? Voilà en substance le message délivré par les entreprises de titres-services lorsqu’on les interroge sur leur situation financière en ces temps de coronavirus. Alors que beaucoup d’entre elles ont cessé leurs activités, elles vivent donc sur leurs réserves. Du coup, que l’on s’adresse à des opérateurs commerciaux ou issus de l’économie sociale, le message est le même : il ne faudrait pas que la situation s’éternise. Au risque, pour certaines entreprises, de devoir mettre la clef sous le paillasson.

Des mesures d’aides ont pourtant été prévues par les Régions. Mais elles ne sont pas suffisantes pour compenser les pertes actuelles. Certains opérateurs sont dès lors tentés de redémarrer une partie de leurs activités. D’autant plus que certaines des mesures prévues, notamment à Bruxelles, les y poussent. Et que c’est possible : aujourd’hui, rien n’empêche le secteur de rester ouvert, moyennant le respect de la fameuse distanciation sociale de 1,5 mètre. Une situation qui provoque l’incompréhension de syndicats soulignant la difficulté de respecter cette distanciation chez des clients confinés. Et qui met une – grosse – pression sur les épaules des travailleuses, ultramajoritaires dans le secteur. Passées pour la plupart en chômage temporaire, elles sont contraintes de se débrouiller aujourd’hui avec 70 % brut d’un salaire de départ qui n’était déjà pas bien gras. La corde autour du cou, une partie d’entre elles pourraient donc accepter ce que leur propose leur employeur : reprendre le travail. Même si c’est la peur au ventre…

On ferme

« Le secteur des titres-services demande aux autorités de fermer le secteur. » Inscrit en caractères bien gras, tout en haut d’un communiqué de presse publié le 17 mars 2020, le message est percutant. D’autant plus que son auteur n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Federgon, LA fédération des entreprises-titres-services « commerciales ». Un opérateur qui a donc en général les yeux davantage rivés sur les indicateurs économiques que sociaux. Pourtant, ce jour-là, Federgon n’hésite pas. Dans le communiqué, Ann Cattelain, sa directrice, affirme : « Je tiens à souligner que nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Mais la situation est arrivée à un point tel que nous ne pouvons pas tirer d’autre conclusion. » À ce moment, l’inquiétude est grande parmi les travailleuses du secteur. Comment en effet garantir que les fameuses mesures de distanciation sociale destinées à limiter la propagation du Covid-19 puissent être appliquées dans leur travail par des aides ménagères censées se rendre au domicile de personnes confinées chez elles ? Du côté des clients, l’inquiétude est aussi de mise. Les travailleuses titres-services pourraient être porteuses du virus… Federgon n’a donc pas le choix. La fédération demande aux autorités de fermer le secteur, alors que la plupart de ses membres stoppent leurs activités. Les opérateurs issus de l’économie sociale font de même : en Wallonie, les entreprises d’insertion et les ALE ferment leur section titres-services. Idem pour les ALE bruxelloises.

« Certaines travailleuses pourraient se retrouver avec encore moins que 50 % de leur salaire. » Cécile Gérôme, directrice de Logi9, une entreprise de titres-services

Pour les travailleuses titres-services, il s’agit d’un gros coup au moral. Bon nombre d’entre elles tombent au chômage temporaire « Covid », qui leur garantit 70 % de leur salaire moyen brut. « Mais dans les faits, il s’agit en fait d’environ 50 %, explique Cécile Gérôme, directrice de Logi9, une entreprise « TS » wallonne. Ce chômage est en effet amputé de 26,75 % de précompte professionnel. Ce qui fait que certaines travailleuses vont passer par exemple de 1.200 euros, un salaire déjà pas très élevé, à 600 euros… » Pire : la directrice note que bon nombre d’entreprises dans le secteur proposent des contrats ne couvrant que 75 ou 80 % des heures prestées. « Elles paient les heures restantes via des avenants aux contrats. C’est moins cher. Mais le chômage temporaire ne couvre pas ces avenants, ce qui fait que certaines travailleuses pourraient en fait se retrouver avec encore moins que 50 % de leur salaire », continue-t-elle.

Pourtant, du côté des Régions, des aides ont été prévues pour aider les entreprises à continuer à rémunérer leurs travailleuses. Pour rappel, pour chaque titre-service, une entreprise « TS » reçoit de l’argent de la Région ainsi que de son client. Afin d’aider les entreprises à affronter la crise du Covid, la Région wallonne a donc garanti le versement de la part régionale de 14,86 euros, en plus du versement d’une prime de 5.000 euros à chaque entreprise. Celles qui le désirent pourront donc continuer à bénéficier des 14,86 euros même si elles sont fermées… pour autant qu’elles ne mettent pas leurs travailleuses en chômage temporaire et qu’elles leur garantissent donc leur salaire. Du côté des entreprises d’insertion wallonnes, bon nombre de structures ont d’ailleurs opté pour ce système pour le mois de mars d’après Jacques Rorive, directeur d’Atout EI, la fédération wallonne des entreprises d’insertion. « Cette aide, ce n’est déjà pas mal, c’est un effort considérable de la Région », souligne-t-il. Malgré cela, le directeur ne tourne pas autour du pot : cela n’est pas suffisant. En cause, les 9 euros logiquement payés par le client pour chaque titre-service et dont la perte n’est pas compensée par l’aide prévue en Wallonie. Ce qui constitue un sacré manque à gagner pour les opérateurs. « L’un dans l’autre, si nous voulons garantir leur salaire à nos travailleuses, nous devons mettre 5 euros sur la table par heure prestée malgré l’aide de la Région wallonne », explique Jean-Michel Lovinfosse, président de la plateforme des ALE wallonnes. Jacques Rorive, lui, ajoute : « Pour le mois d’avril, nous allons voir ce que nous allons faire, mais tout le monde va sortir sa calculette. » Une chose qu’a déjà faite Cécile Gérôme. Après avoir embrayé sur les mesures de la Région wallonne pour le mois de mars, Logi9 a finalement décidé de mettre ses travailleuses en chômage temporaire pour le mois d’avril. « Pour neuf jours au mois de mars, octroyer leur salaire plein à nos 500 travailleuses avec l’aide wallonne nous a coûté 80.000 euros. Je suis un peu mortifiée, mais nous n’avons pas d’autre choix que de les mettre au chômage temporaire. Nous allons rejoindre les autres », se désole Cécile Gérôme en évoquant la grande majorité des membres de Federgon qui ont décidé de ne pas monter dans l’embarcation de la Région wallonne pour les mêmes raisons (voir encadré « Et si l’intervention wallonne était suffisante ? »).

« L’un dans l’autre, si nous voulons garantir leur salaire à nos travailleuses, nous devons mettre 5 euros sur la table par heure prestée malgré l’aide de la Région wallonne. » Jean-Michel Lovinfosse, président de la plateforme des ALE wallonnes

Face à ces coûts, c’est aussi la survie de certains opérateurs qui semble en jeu. Cécile Gérôme dit s’attendre « à une sacrée recomposition du secteur ». « Sur deux à trois mois, nous risquons de perdre de 200.000 à 300.000 euros, soit le bas de laine que nous nous étions constitué en treize années de gestion en bon père de famille », continue-t-elle. Du côté de la plateforme des ALE wallonnes, Jean-Michel Lovinfosse note que la situation « ne peut pas durer éternellement. Certaines ALE passeront la crise sans trop de difficulté. Mais d’autres risquent de faire faillite ».

Un policier chez chaque client

Cette situation a poussé la Région de Bruxelles-Capitale à revoir sa copie. Dans un premier temps, elle avait pensé adopter un système identique à celui de la Wallonie. Mais face aux problèmes rencontrés au sud du pays, elle a changé son fusil d’épaule, même si une prime – de 4.000 euros par entreprise – est aussi prévue. « Nous avons prévu une aide de 2,5 euros brut par heure et par travailleuse pour compenser le chômage temporaire, explique-t-on du côté du cabinet de Bernard Clerfayt (DéFI), le ministre bruxellois de l’Emploi. Et nous avons majoré l’intervention régionale, qui passera de 14,60 euros à 16,60 euros par titre-service. » À première vue, Bruxelles semble donc faire bien plus que la Wallonie. Mais il y a une astuce : la majoration de la part régionale n’est destinée qu’aux entreprises qui ont décidé de reprendre le travail… « Cela leur permettra d’acheter du matériel de protection pour leurs travailleuses », note-t-on du côté du cabinet.

Quoi, le secteur n’est pas fermé ? Non. La plupart des opérateurs titres-services sont toujours à l’arrêt. Mais certains ont repris le travail… Comment est-ce possible ? Tout d’abord parce que le fédéral n’a jamais tiré le volet sur le secteur, malgré les appels des fédérations d’employeurs et des syndicats. Et puis parce qu’en plus de la question éventuelle des salaires des travailleuses, les factures se sont accumulées sur la table de certaines entreprises. Bâtiments, énergie, congés payés… Les employeurs sont confrontés à toute une série de coûts incompressibles qui, en l’absence de rentrées financières, mettent leur survie en danger. Surtout pour un secteur « déjà en mauvaise posture avant la crise » selon Arnaud le Grelle, directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon, qui ne fait en temps normal qu’« un euro de bénéfice par heure prestée », d’après Cécile Gérôme.

Parmi les entreprises ayant repris le collier, c’est le nom de Trixxo et ses plus de 7.000 travailleuses – qui a décliné notre demande d’interview – qui revient régulièrement sur la table. Un nom qui fait enrager les syndicats. « Il y a des pressions exercées sur les travailleuses pour reprendre le travail, on les culpabilise », s’indigne Sébastien Dupanloup, secrétaire fédéral à la FGTB, messages de Trixxo à l’appui. Dans l’un d’eux, on se rend effectivement compte que l’employeur a tout d’abord tâté le terrain auprès de ses travailleuses. « Nous recevons beaucoup de demandes de collègues aides ménagères qui souhaitent continuer leur travail. D’autre part, il y a aussi de nombreuses demandes de clients qui souhaitent vraiment que leur aide ménagère revienne. En outre, de nombreuses personnes dans le secteur des soins et des personnes âgées ont besoin d’une aide ménagère. Pour cette raison, nous vérifions si vous aimeriez recommencer le travail (partiellement). Cela signifierait que, pour les jours travaillés, vous recevriez bien entendu l’intégralité de votre salaire (y compris les chèques-repas) au lieu de l’allocation de chômage temporaire de 70 % », peut-on lire.

« On dit aux gens qu’ils ne peuvent pas rendre visite à leurs parents, mais par contre on peut envoyer des aides ménagères chez des personnes âgées. » Sébastien Dupanloup, secrétaire général FGTB

Aujourd’hui cependant, d’après Amandine Staelens, déléguée syndicale FGTB chez Trixxo, plus question de tâter le terrain. Le travail aurait repris sur base volontaire en Flandre et en Wallonie « pour des raisons purement économiques, pour assurer la pérennité de l’entreprise ». « Pour l’instant il y a peu de travailleuses qui veulent travailler, elles ont peur du virus. Mais au fur et à mesure, cela va redémarrer, elles n’auront pas le choix avec le peu d’argent qu’elles touchent du chômage. Pour moi, cela n’a donc pas de sens de dire que la reprise se fait sur base volontaire », explique Amandine Staelens, qui décrit des travailleuses « à bout, qui vont aller bosser la peur au ventre parce qu’elles doivent payer leur loyer et nourrir leurs enfants ». La peur au ventre… Si d’après Amandine Staelens, aucune formation « Covid » n’est prévue pour les travailleuses de Trixxo, l’employeur se serait engagé à leur fournir des masques et des gants « par la poste ». Mais outre ces considérations matérielles, comment en effet garantir que les travailleuses seront à même de maintenir le fameux 1,5 mètre de distanciation préconisés en venant travailler chez des clients confinés ? Comment garantir qu’elles ne viendront pas contaminer – si elles sont porteuses du virus – des clients ou qu’elles ne seront pas contaminées par ceux-ci ? « À part envoyer un policier chez chaque client, il n’y a aucun moyen de savoir s’il est possible d’y respecter les mesures de distanciation. C’est ahurissant, s’emporte Sébastien Dupanloup. On dit aux gens qu’ils ne peuvent pas rendre visite à leurs parents, mais par contre on peut envoyer des aides ménagères chez des personnes âgées. Et pour le matériel, il n’y en a paraît-il pas assez pour les hôpitaux. Quelqu’un peut m’expliquer comment des entreprises de titres-services ont fait pour en avoir à disposition ? »

Des réflexions qui semblent faire mouche du côté de fédérations comme Atout EI, mais aussi la plateforme des ALE wallonnes ou la plateforme bruxelloise des ALE titres-services où l’on déclare peu ou prou qu’il est impensable de reprendre le travail dans ces conditions. Du côté de Federgon par contre, on semble avoir viré sa cuti. Fini la fermeture. Comme Trixxo dans sa communication aux travailleuses, Arnaud le Grelle affirme qu’il y a aujourd’hui « de la demande de personnes âgées, surtout en Flandre. Et des familles travaillant dans les secteurs essentiels ». « Chaque entreprise doit faire une analyse des risques en bon père de famille, continue-t-il. Si le client est une personne isolée, on peut s’arranger. Si c’est une famille avec quatre enfants, il faut par contre être raisonnable. »

Une situation bien belge

Faut-il fermer le secteur des titres-services pour le temps de la crise ? C’est en tout cas l’avis d’Amandine Staelens. C’est aussi celui de Sophie Thémont (PS), députée fédérale à la Chambre. Le 2 avril dernier, elle a interrogé Nathalie Muylle (CD&V), la ministre fédérale de l’Emploi, en séance plénière, en lui demandant de fermer le secteur. La réponse de la ministre fut laconique : « L’autorité fédérale est exclusivement compétente pour les conditions de travail et les règles générales concernant la sécurité et la protection des travailleurs au travail. L’employeur doit, dans la mesure du possible, prendre des mesures préventives pour minimiser les risques pour les travailleurs en fournissant par exemple des équipements de protection individuelle tels que des gants jetables. » Pour le reste, Nathalie Muylle a renvoyé Sophie Thémont vers les Régions, ce qu’elle a également fait lorsque Alter Échos a pris contact avec son cabinet. Des régions qui, à l’image de la Région de Bruxelles-Capitale, renvoient quant à elles vers le fédéral. Ce que fait aussi Federgon. « Nous ne sommes pas des conseillers en prévention », affirme Arnaud le Grelle.

« Nous ne sommes pas des conseillers en prévention. » Arnaud le Grelle, directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon

Finalement, c’est peut-être du côté du Conseil National de Sécurité, présidé par la première ministre Sophie Wilmès (MR), qu’il faudra chercher une solution. Pourquoi avoir maintenu le secteur ouvert ? Et peut-on imaginer le fermer aujourd’hui ? Autant de questions qu’Alter Échos a posées au cabinet de la « première » mais qui sont restées sans réponse jusqu’ici. Une première ministre à laquelle Pascal Freson, président de la plateforme bruxelloise des ALE titres-services, affirme avoir écrit une lettre pour obtenir une clarification de ce qu’il fallait faire en ces temps de crise. Une lettre qui serait restée sans réponse jusqu’à aujourd’hui. Mais qui a inspiré ces quelques mots à Pascal Freson : « Nous n’avons jamais eu de réponses sur la manière dont nous devions effectuer notre travail en ces temps particuliers. Manifestement, personne n’est capable dans ce pays d’avoir une position claire sur ce sujet… »

Et si l’intervention wallonne était suffisante ?

D’après Cécile Gérôme, ce pourrait être le cas si les employeurs n’étaient pas contraints de payer leurs cotisations patronales sur les 14,86 euros garantis par la Région. La Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale – qui a songé un temps à mettre en place un système identique à celui imaginé au sud du pays – ont demandé à Nathalie Muylle, une des ministres de tutelle de l’ONSS, si le coup était jouable. Réponse du comité de gestion de l’ONSS : impossible. Pourquoi ? Parce que les arrêtes royaux pris actuellement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ne peuvent « pas adapter, abroger, modifier ou remplacer les cotisations de sécurité sociale, les impôts, les taxes et les droits », explique l’ONSS. De plus, les titres-services sont désormais régionalisés et « l’État fédéral n’est plus compétent pour instaurer des réductions de cotisations basées sur des caractéristiques personnelles pour des groupes-cibles spécifiques de travailleurs. De telles réductions peuvent cependant être instaurées par les régions (…) mais ce sont elles qui doivent en supporter le coût », continue l’ONSS…

Seule solution : faire passer les travailleuses… en chômage temporaire ou bien compenser le gap entre celui-ci et le salaire plein des travailleuses. Une piste évoquée par beaucoup d’intervenants face au peu de succès rencontré par les mesures d’aide wallonnes destinées aux titres-services. Comment faire ? En utilisant l’argent budgétisé par le gouvernement wallon pour garantir les 14,86 euros de la part régionale.

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Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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