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Economie sociale et « classique » s'allient doucement

Faciliter des collaborations entre économie sociale et économie « classique » est un des défis de l’alliance emploi-environnement bruxelloise. Deux grappes mixtes d’entreprises ont été créées à cet effet.

16-11-2012 Alter Échos n° 349

Faciliter des collaborations entre économie sociale et économie « classique » est un des défis de l’alliance emploi-environnement bruxelloise. Deux grappes mixtes d’entreprises ont été créées à cet effet. Elles commencent d’ailleurs à se manifester.

Fin février 2011, l’alliance emploi-environnement bruxelloise axe construction durable était signée en grande pompe au salon Batibouw. Divisée en 44 fiches-actions (aujourd’hui au nombre de 54), l’alliance n’était néanmoins à l’époque qu’une déclaration de bonnes intentions qui devait encore se concrétiser dans les faits. « Ce sont bien évidemment des engagements, il faudra voir, se confiait un coordinateur d’asbl. Cela dit, ces alliances sont positives, elles ont permis à des acteurs relativement antagonistes [NDLR des entreprises d’économie sociale et des entreprises « classiques » notamment] de se parler, ce qui est très bien. »

Dans cette optique d’ouverture, une fiche-action prévoyait d’ailleurs la création de deux « grappes » mixtes d’entreprises regroupant des structures issues de l’économie sociale et de l’économie « classique ». Le tout piloté par SAW-b[x]1[/x], la fédération coupole de l’économie sociale, et le cluster Ecobuild.

Passer au concret ?
Aujourd’hui, les fameuses grappes semblent avoir décidé de montrer qu’on est passé du stade des bonnes intentions au concret puisque SAW-b et Ecobuild avaient organisé le 6 novembre dernier une conférence de presse sur le site d’un chantier « exemplaire » de construction durable concernant la réalisation d’une toiture verte (pour le compte de l’Association Européenne pour l’Information sur le Développement Local). Un événement très « alliance emploi-environnement » qui semble prouver qu’une collaboration entre économie sociale et économie classique est possible puisque les structures ayant participé à la réalisation du chantier sont issues des deux secteurs.

Autre point important : deux d’entre elles (la ferme « Nos Pilifs » pour l’économie sociale et l’entreprise Arc & Style pour l’économie « classique ») font partie de la première grappe mixte qui a vu le jour. « La première grappe s’est en effet réunie pour la première fois en novembre 2011. Et la deuxième a tenu sa première réunion il y a un mois », précise Jean-Luc Bodson, de SAW-b. Il ajoute que c’est SAW-b qui a démarché les structures d’économie sociale, alors que le cluster Ecobuild s’occupait des entreprises « classiques ». « Nous nous sommes adressés à des entreprises susceptibles d’être intéressées de collaborer avec des entreprises “classiques” et qui avaient envie de s’inscrire dans ce processus », explique Jean-Luc Bodson. Un processus qui comprend au moins quatre à cinq réunions par an et qui peut présenter plusieurs avantages, qui sont autant d’objectifs pour les grappes : échanger les bonnes pratiques, mutualiser la communication, opérer une réflexion sur la formation en interne, possibilités éventuelles de passerelle pour des stagiaires d’économie sociale vers des structures « classiques », et, peut-être plus important encore, faire des remises de prix communes. « Un des buts à terme est évidemment que les structures d’une grappe puissent monter ensemble sur un projet », souligne notre interlocuteur.

Quid du futur ?
Si on en est pas encore là, l’événement du 6 novembre peut être vu comme une amorce puisque SAW-b et Ecobuild ont donc mis leur rôle de facilitateur et leur force de communication au service des deux structures membres de la première grappe ayant participé au chantier de toiture verte – même si celui-ci comprenait également d’autres entreprises externes à la grappe. « Nous avons un rôle de facilitateur, il s’agit d’être “dans le faire” et de créer un noyau d’entreprises qui vont développer une série de projets les plus concrets possibles », explique Jean-Luc Bodson. Notons que la fiche-action prévoit, dans une première phase, trois ans de travail (2011, 2012, 2013) pour les grappes. Après 2013, il sera temps d’effectuer une évaluation du projet et, peut-être, de le prolonger. Avec des financements, bien sûr, ce qui dépendra notamment de l’avenir de l’alliance emploi-environnement. « Nous sommes en tous cas déterminés à inscrire notre travail dans la durée », conclut Jean-Luc Bodson.

1. Saw-b :
– adresse : rue Monceau-Fontaine, 42/6 à 6031 Monceau-sur-Sambre
– tél. : 071 53 28 30
– site : http://www.saw-b.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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