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Les encombrants du Pays de Liège

La ressourcerie du Pays de Liège est une société coopérative à finalité sociale active dans la collecte des encombrants. Petit tour de présentation.

08-06-2012 Alter Échos n° 340

Dans le numéro spécial « Communes » d’Alter Echos, nous consacrions un article aux ressourceries/acteurs du réemploi et aux relations que ceux-ci avaient établies avec certaines communes. Par manque de place, nous avions été contraints de ne pas mentionner une initiative qui mérite pourtant de l’être : celle de la ressourcerie du Pays de Liège1 dont l’objectif est de collecter des encombrants sur rendez-vous.

La Ressourcerie du Pays de Liège est structurée en société coopérative à finalité sociale dont les coopérants sont notamment Intradel2 (l’intercommunale de traitement des déchets liégeois), la Sowecsom3 (société wallonne d’économie sociale marchande) ainsi que onze CPAS et neuf communes. Employant vingt-huit personnes, elle a été créée en 2010 et effectue ses collectes pour l’heure sur les communes de Seraing, Remicourt, Herve, Fexhe-le-Haut-Clocher et, depuis mai 2012, de Liège.

On l’aura noté, toutes les communes ayant pris des parts dans la coopérative ne sont donc pas desservies par la ressourcerie mais auraient opéré, en devenant coopérantes, une sorte de choix philosophique. « Certaines communes sont en effet déjà engagées dans des conventions avec des partenaires privés pour la collecte des encombrants, explique Marie-Christine Nossent, directrice d’Intradel. Elles peuvent avoir donc pris des parts dans la coopérative par sympathie, mais aussi en attendant que ces conventions s’arrêtent pour ensuite travailler avec elle. »

Participer à la seconde vie des encombrants

Il faut dire que l’option écologique représentée par la ressourcerie plaiderait pour elle, d’après certains intervenants. Avant l’entrée en lice de la ressourcerie, les encombrants collectés dans les communes étaient en effet « compactés et envoyés à l’incinérateur », d’après Michel Simon, directeur de la ressourcerie du Pays de Liège. Aujourd’hui, la situation est tout autre puisqu’une première partie des encombrants collectés, celle qui peut être réutilisée (environ 6,5 %), est en effet destinée aux magasins sociaux des CPAS. L’électroménager réparable est quant à lui réorienté vers « Sofie »4, le non réparable vers Intradel. Le reste est démantelé pour récupérer le bois, le métal et le verre plat. « Pour les fractions bois, nous sommes contraints de payer pour nous en débarrasser. Le verre plat quant à lui est repris gratuitement et le métal est revendu » détaille Michel Simon. La partie irrécupérable, qui constitue tout de même 22 % des encombrants collectés, est quant à elle enfouie en ce qui concerne les « inertes » (comme la porcelaine) ou incinérée.

En échange de ce service de collecte, la ressourcerie est payée par les communes à raison de 100 euros la tonne. « Cela nous coûte un tout petit peu plus cher que si nous passions par un opérateur privé ou que si nous effectuions la collecte nous même, explique-t-on du côté de la commune de Seraing5. Mais il y avait chez nous l’envie de participer à un projet de seconde vie des encombrants. » Notons que pour se lancer, la ressourcerie a également pu bénéficier de l’aide de la Sowecsom. « La Sowecsom a notamment octroyé un prêt en capital de base ainsi que pour le fonds de roulement et l’achat de matériel », explique Michel Colpé, directeur.

L’emploi comme objectif

Un autre avantage pour les communes réside dans le fait qu’une fois coopérantes de la ressourcerie, elles ne sont plus obligées de passer par des marchés publics pour lui confier la collecte des encombrants, d’après Marie-Christine Nossent. « Et puis honnêtement, il n’y a que l’économie sociale qui soit en mesure de fournir un tel service à ce prix-là », souligne-t-elle. « Notre but n’est effectivement pas de faire du profit, mais de créer de l’emploi », rajoute à ce propos Michel Simon avant de tout de même faire remarquer que l’activité de la ressourcerie génère de l’emploi pour le secteur « conventionnel ». « Nos flux de sortie [NDLR le bois, métal et verre issus du démantèlement] sont collectés dans des containers qui doivent ensuite être acheminés à bon port. Et pour cela, il faut passer par des opérateurs privés », conclut-il.

 

1. Ressourcerie du Pays de Liège :
– adresse : ch. Verte 25/3 à 4460 Grâce-Hollogne
– tél. : 04 220 20 00

2. Intradel, port de Herstal – Pré Wigi à 4040 Herstal – tél. : 04 240 74 74  – info@intradel.be – site : http://www.intradel.be
3. Sowecsom :
– adresse : rue Dewez, 49 à 5000 Namur
– tél. : 081 24 01 31
– site : http://www.sowecsom.be
4. Sofie est une société coopérative à finalité sociale active dans le secteur de la collecte, du tri, du démantèlement, du recyclage et de la réutilisation de DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques).
5. Administration communale de Seraing :
– adresse : place communale à 4100 Seraing
– tél. : 04 330 83 11
– courriel : ville.seraing@seraing.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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