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"Journée de travail autour du futur décret wallon sur les Plans sociaux intégrés"

29-04-2002 Alter Échos n° 119

Ce vendredi 19 avril, le temps d’une Journée d’étude, quelque cent-vingt acteurs de secteurs sociaux et de la jeunesse se sont réunis à l’institutCardijn de Louvain-la-Neuve pour débattre des enjeux du futur décret du gouvernement wallon concernant les Plans sociaux intégrés (PSI). Sur l’initiative de laCellule de développement communautaire de la ville d’Ottignies1, se sont ainsi retrouvés des responsables de PSI, d’AMO (action en milieu ouvert), de MJ (Maisons de jeunes),des chercheurs et, du côté des autorités, Charles Michel (PRL), ministre de l’Intérieur et de la Fonction publique en RW, l’échevine des Affairessociales de la commune, Claude-Marie Vandergucht (Écolo) et enfin des responsables de la Division interdépartementale pour l’intégration sociale. C’est la premièrefois que des travailleurs de terrain des PSI prenaient l’initiative de se réunir.
Charles Michel : «pas de procès idéologique !»
But de cette journée : prendre position contre la logique sécuritaire qui semble se profiler, mais encore formuler des pistes pour amender le décret – il devrait entrer enapplication dès 2003. Un arrêté d’avril 2001 en brosse la teneur, qui place, entre autres, l’accent sur les projets de «prévention de ladélinquance et de la petite criminalité ainsi que l’accompagnement favorisant la réinsertion des délinquants» ; puis, ligne suivante, «l’assistanceaux victimes d’actes de délinquance» (art. 2). Or, «prévenir le décrochage social afin de travailler à la tranquillité publique», dixitCharles Michel, constitue pour une majorité de participants présents un champ d’action peu compatible voire foncièrement incompatible avec un PSI.
Le ministre s’est toutefois voulu rassurant, arguant de «la volonté du Gouvernement de poursuivre les PSI» qui, actuellement, touchent pas moins de 105 villes et communes.Ses objectifs ? «Stabiliser dans un cadre décrétal le financement, les actions entreprises et clarifier les dispositifs ; dynamiser les mécanismes en insistant sur lespartenariats traduisant concrètement la transversalité dans une action la plus rationnelle possible ; clarifier et stabiliser le statut des travailleurs sociaux. Pour finir,élément essentiel, faire reposer clairement le mécanisme des PSI sur l’angle communal». Il a en outre invité l’assemblée à “ne pas faire demauvais procès idéologique par l’usage de mots dont la sémantique ennuie”.
Les pistes évoquées
Les discussions furent menées en cinq ateliers se déployant en plusieurs axes à la suite des échanges. Quelques pistes parmi d’autres :
> ýle partenariat local, espace de recherche et de cohérence» : redynamiser le Comité d’accompagnement local (CAL), veiller à l’autonomie del’associatif au sein du CAL, l’idée d’un partenariat police-PSI fut évoquée mais fortement critiquée par la majorité des participants,«simplement parce que nos objectifs ne sont pas les mêmes», insistait la Fédération des travailleurs de rue ;
> «approche transversale des problématiques» : quelle diagonale va traverser notre PSI, sécuritaire ou prévention sociale ?, mais «avant tout :s’identifier soi-même pour être identifié par les autres et dégager des énergies transversales : ascensionnelles (des jeunes vers le politique), descendantes(du politique vers le terrain), et latéralement entre les différents services pour tendre vers une philosophie commune” résumait un directeur d’AMO ;
> «déontologie : autonomie de l’intervention sociale» : inclure la notion de secret professionnel au contrat des travailleurs, annexer un code de déontologie audécret même, créer une commission déontologique issue d’experts de la RW, définition du mandat des travailleurs par le CAL ;
> «l’habitant, acteur incontournable du développement local» : quels moyens pour passer d’une parole individuelle à une parole construite et collective ?,questionner le concept habituel de représentativité (du politique, des habitants), mieux cerner l’hétérogénéité des populations et commentgérer ces aspects ? ;
> «les mots du mandat» : «les mots du futur décret sont importants, donc empêcher les ambivalences, la prévention par ex., de quoi, de la délinquanceou du décrochage social ?» résumait un chercheur à l’UCL, enfin, supprimer du décret la notion de «prévention sécuritaire».
Au terme de la journée, il a été décidé de poursuivre le chantier dès mai prochain afin d’approfondir les réflexions et d’affiner lespropositions d’amendement.
1 La Cellule de développement communautaire est aun service de la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve qui remplace depuis quelques mois le Service de coordination-jeunes. Avenue desCombattants n°35 à 1340 Ottignies-LLN, tél. : 010 42 08 49, courriel : cellule@skynet.be – contact : Etienne Scorier.

Olivier Bailly

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