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Alter Échos n° 454

Cathos, laïcs : la chute des piliers ?

7 novembre 2017

Socialistes, catholique et libéraux. Le siècle dernier, la société belge s’est bâtie sur ces réseaux appelés « piliers ». Universités, mutualités, associations de femmes, de seniors, soins de santé, mouvements de jeunesse, syndicats. Tout le monde y est passé et le monde associatif n’y a pas échappé. Chacun chez soi et les idées seront bien gardées.

Même quand on est arrivé bien après l’édification de ces piliers comme le parti Écolo, en prônant un enjeu rassembleur et transversal (l’environnement, donc), le schisme laïcité/religion parvient quand même à pourrir le vert (lire « Neutralité, religion : le débat est-il encore possible chez Écolo ? »).

Mais les piliers vacillent. Avec la JOC, les Scouts ou Vie féminine, les mots « chrétien » et « catholique » sont déboulonnés de leur piédestal, tandis que les Femmes prévoyantes socialistes prévoient de se priver du mot « socialistes », terme plus vraiment fédérateur (lire « Les piliers, ces petites boîtes étroites qui enferment l’associatif »). Les clivages s’effacent-ils au point de gommer le lien entre l’origine du diplôme universitaire (plutôt catholique, laïque, pluraliste) et l’emploi dans l’associatif ? (lire « UCL, ULB : ça compte encore sur le CV ? »).

La fin des proximités d’idées entre partis politiques et monde associatif ? En partie, mais des reliquats de clivages continuent à vivre, le temps d’intérêts financiers (lire « Aide à la jeunesse : la (gué)guerre de religion »). En toute discrétion. Comme si, telle une enfilade de cinquièmes colonnes, les piliers continuaient à soutenir les arcades et arcanes du pouvoir.