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Journées portes ouvertes dans les CPAS

Les 22 et 23 octobre, les CPAS ouvraient leurs portes au public. L’occasion de porter un coup de projecteur sur cet acteur central des politiques d’action sociale. Le ministre del’Intégration sociale, le PS Christian Dupont, qui s’était déclaré sceptique sur l’initiative, en a reconnu l’intérêt. “Le résultat est probant :bon nombre des personnes ont poussé les portes du CPAS pour la première fois parce qu’elles se disent qu’elles seront peut-être un jour demandeuses”. Schaerbeek et Mouscron,deux CPAS parmi d’autres… sous le regard des ministres de tutelle.

28-10-2005 Alter Échos n° 196

Les 22 et 23 octobre, les CPAS ouvraient leurs portes au public. L’occasion de porter un coup de projecteur sur cet acteur central des politiques d’action sociale. Le ministre del’Intégration sociale, le PS Christian Dupont, qui s’était déclaré sceptique sur l’initiative, en a reconnu l’intérêt. “Le résultat est probant :bon nombre des personnes ont poussé les portes du CPAS pour la première fois parce qu’elles se disent qu’elles seront peut-être un jour demandeuses”. Schaerbeek et Mouscron,deux CPAS parmi d’autres… sous le regard des ministres de tutelle.

Portes ouvertes sur la déco d’intérieur à Schaerbeek

Pour sa journée portes ouvertes, le CPAS de Schaerbeek a choisi de présenter des initiatives novatrices en matière d’action sociale. Il fallait oser : proposer à despersonnes aidées par le CPAS de travailler à la décoration de leur logement. Pour se remettre en projet. L’idée est née dans le chef de Sélima deRosen, décoratrice, qui s’est fait une spécialité de l’assortiment de couleurs et de la récupération (matériaux, meubles, objets…). Ayantconnu elle-même le chômage, elle voulait démontrer qu’un bel intérieur n’est pas un luxe : ” L’intérieur est un miroir de soi qu’il estpossible de refaire, à son goût, avec peu de moyens. ” En partenariat avec l’asbl Farushi qu’elle a créée, le CPAS a donc proposé à cinq personnesd’imaginer puis de réaliser leur nouvel intérieur, en s’entraidant. Budget : 500 euros par logement. Durée : 3 mois. Deux participants témoignaient cedimanche, en présence de la ministre Huytebroeck (chargée de l’Aide aux personnes, en tant que membre du collège de la Commission communautaire commune, la Cocom).

Chez M. Turkos, c’est le séjour qui bénéficie du lifting de couleurs. Le projet a également été l’occasion pour lui de repenserl’aménagement intérieur de la pièce et d’ouvrir l’espace en changeant l’emplacement du mobilier. Bénéficiant actuellement d’uneallocation de chômage, il constate qu’avoir un intérieur ” beau et propre, réalisé par soi-même, ça donne envie de le montrer, d’inviter des gens”. Photographe amateur, il rêvait depuis longtemps d’un espace d’exposition, d’une galerie à domicile. Intégré dans la démarche, son rêve estdevenu réalité. Et puisque son talent s’est révélé à cette occasion, le CPAS l’a invité à exposer prochainement dans ses locauxquelques-unes de ses photographies.

” Au début, dans mon nouveau logement, je baissais la tête pour passer les portes, par habitude de “ma” cave “, explique Geneviève. Comédienne de formation, ellepartageait depuis dix mois un sous-sol d’une vingtaine de mètres carrés avec son petit garçon. Quand elle se lance dans le projet ” déco-logement “, elle prendrapidement une décision radicale : d’abord trouver un appartement. Un véritable choix, le loyer étant plus important. C’est donc dans un lumineux trois piècesen enfilade qu’elle invite le groupe à l’aider à décorer la salle de bain et à aménager la cuisine. Grâce à ” l’art de faire du beauavec des bouts de ficelle ” que leur transmet de Rosen, ces deux pièces au blanc stérile deviennent deux espaces de vie colorés. ” Ce projet a déclenché en moil’énergie nécessaire pour rebondir “, affirme Geneviève. Aujourd’hui, elle a relevé la tête.

Dans la foulée, l’un et l’autre ont décoré une pièce supplémentaire depuis la fin du projet. Seuls, cette fois. En recourant aux compétencesacquises précédemment : choix et assortiment des couleurs, techniques de peinture de frises, … Vous avez dit ” autonomie ” ?

Quant au CPAS, précise sa présidente Dominique Decoux, il relance le projet avec l’asbl Farushi et six nouveaux affiliés. Sans compter le partenariat en train de senouer avec la mission locale dans le cadre de la rénovation de 80 logements dans un contrat de quartier. Une opportunité de développement de l’activité et del’emploi pour l’expérience pilote ” déco-logement ” ? Affaire à suivre.

Inauguration de nouveaux locaux au CPAS de Mouscron

Ambiance plus “officielle” au CPAS de Mouscron2, où l’on a profité de cette journée portes ouvertes pour inaugurer les nouveaux locaux du service social. BrigitteAubert, la vice-présidente du CPAS explique : “Nous étions trop à l’étroit. Même si nous sommes passés de 625 à 500 dossiers RIS, les autresservices tels le service de médiation de dette ou celui qui s’occupe des titres-services ont été créés ces dernières années”. Les nouveauxlocaux sont situés juste au–dessus d’une aile du home pour personnes âgées, rénovée en 2001. Une autre aile doit encore être mise aux normes avant2007. Parmi les visiteurs, on trouvait beaucoup de travailleurs du CPAS avec leurs familles, quelques usagers et aussi des travailleurs sociaux d’autres services et associations de larégion. “L’occasion souligne Laetitia Brunyck, assistante sociale au service jeunesse du CPAS, de rencontrer des collègues. C’est vrai que l’on n’a pastoujours l’occasion de se voir et finalement, on ne se connaît souvent que par téléphone.”

Pour cette inauguration, la ministre chargée de l’Action sociale et la Santé en Région wallonne et le ministre fédéral en charge de l’Intégration sociale,Christian Dupont (PS), étaient présents.

La première a évoqué le rôle central que jouent les CPAS dans les politiques sociales wallonnes. “C’est un opérateur qui a développé aufil des ans une véritable culture de réseau”. Christiane Vienne a également rappelé les transformations vécues par ce secteur. “Il y a 15 ans, on ne sesouciait que d’accorder le minimex. Aujourd’hui, les CPAS travaillent à la cohésion sociale, à des rapports plus égaux et aussi pacifiés entrecitoyens.” Abordant les nouveaux investissements programmés par le gouvernement wallon dans le cadre du PST III, la ministre a évoqué le renforcement des outils sociaux lesplus efficaces. Ainsi, un relais social sera créé à Mouscron en 2009. “C’est un nouveau dispositif, qui sera amené à travailler en partenariat avec leCPAS, qui reste l’acteur social de référence.”

Le second a souligné l’évolution des CPAS au cours de cette dernière décennie. “On est passé d’une logique d’assistance publique à la loi sur lerevenu d’intégration sociale, l’insertion socio-professionnelle ou la lutte contre le surendettement”. Concernant ce dernier point, le ministre précise qu’il s’agit d’une”tâche très difficile sur laquelle il faudra encore légiférer”. Il a encore expliqué que le CPAS était dorénavant chargé de“coordonner, au niveau de la commune, les politiques sociales. C’est une tâche lourde et difficile qui doit se faire en concertation avec le monde associatif et la commune. C’est tout lesens de l’action nouvelle des CPAS”.

1. CPAS de Schaerbeek, av. Rogier, 43 à 1030 Bruxelles – tél. : 02 247 32 11.
2. CPAS de Mouscron, av. Royale, 5 à 7700 Mouscron – tél. : 056 39 04 50 – courriel : cpas.social@mouscron.be

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