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Relance bruxelloise de l'intérim d'insertion ?

Un appel à projets paru récemment au Moniteur1 pourrait laisser croire qu’il existe une volonté politique au niveau de la Région bruxelloise,d’investir à nouveau dans l’intérim d’insertion – ce dispositif lancé lors du Plan de Printemps de 2000 et qui, c’est un euphémisme, n’avait pas tenu toutes sespromesses. Il s’avère en fait que c’est plutôt d’intérim social qu’il s’agit (même si le terme utilisé dans l’appel à projets est bien celui d’intérimd’insertion) avec, parmi les sources d’inspiration, un projet mené en Flandre depuis six ans.

11-10-2005 Alter Échos n° 195

Un appel à projets paru récemment au Moniteur1 pourrait laisser croire qu’il existe une volonté politique au niveau de la Région bruxelloise,d’investir à nouveau dans l’intérim d’insertion – ce dispositif lancé lors du Plan de Printemps de 2000 et qui, c’est un euphémisme, n’avait pas tenu toutes sespromesses. Il s’avère en fait que c’est plutôt d’intérim social qu’il s’agit (même si le terme utilisé dans l’appel à projets est bien celui d’intérimd’insertion) avec, parmi les sources d’inspiration, un projet mené en Flandre depuis six ans.

L’Administration de l’Économie et de l’Emploi de la Région bruxelloise lance donc un appel à candidats afin de créer une collaboration entre deux bureaux commerciauxd’intérim et un partenaire non commercial, avec pour objectif l’insertion de jeunes demandeurs d’emploi sur le marché du travail. L’objectif de cette coopération estd’améliorer durablement les possibilités d’obtenir un emploi pour les jeunes demandeurs défavorisés de 16 à 30 ans via le travail intérimaire etl’accompagnement social. On remarquera donc que le public visé n’est pas constitué des seuls chômeurs ou minimexés mais, plus largement, des jeunes «défavorisés ».

Les structures de coopération qui répondent aux critères précités peuvent obtenir une subvention de la Région de Bruxelles-Capitale en matière delogement, de matériel et de personnel d’accompagnement social. La subvention de telles structures de coopération est envisagée en tant que projets pilotes, en vue d’uneéventuelle extension (aucun montant global n’est encore précisé à ce stade). Du côté de l’administration, le directeur, Peter Michiels, précise quel’appel d’offres est resté suffisamment ouvert afin de susciter un maximum de candidatures de natures diverses. En ce qui concerne le partenaire non commercial, Peter Michiels imagine qu’ildevrait déjà faire partie des partenaires de l’Orbem – tout en admettant que cette précision limite assez peu le champ2 !

Un modèle flamand

Si cet appel à projets paraît en effet assez peu contraignant, il semble bien que le modèle qu’ont en tête ses concepteurs soit Instant A. Cette initiative est le fruitd’une collaboration entre trois partenaires : T-interim (l’équivalent flamand de Trace – qui n’a donc pas changé de nom) et Vedior pour le volet intérim, et l’asbl LaborXpour le volet « accompagnement social ». Celui-ci consiste en une préparation du candidat au circuit du travail (avant), et un accompagnement (pendant et après) la mise autravail en entreprise. Le dispositif permet ainsi d’offrir du travail à environ 190 personnes par jour, depuis cinq bureaux disséminés sur tout le territoire flamand (Gand,Vilvorde, Anvers, Malines et Genk3).

À propos des antécédents de l’intérim social, Arnaud Le Grelle, directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon (Fédération des partenaires – privés– de l’emploi4), constate que si l’intérim d’insertion n’a pas décollé, c’est parce qu’aucun des partenaires concernés n’y a réellementtrouvé son intérêt. « Mais il aura au moins eu le mérite de lancer des ponts entre les entreprises d’intérim et les mondes de l’insertion et de la formation(publique et privée). Le présent appel d’offres bruxellois n’en est qu’un exemple supplémentaire – qui vient après, notamment, des projets Equal tels que CoachInterim et Trempl’Interim. » Selon lui, le succès qualitatif d’un projet comme Instant A est précisément lié à son caractère moins contraignant quel’intérim d’insertion : « Il s’agit finalement d’une forme d’intérim assez classique, avec une attention plus grande portée aux aspects sociaux des candidats,l’objectivation de leurs compétences et du lobbying auprès des employeurs afin de les convaincre de dépasser certaines de leurs appréhensions. »

Reste donc à voir si c’est finalement ce modèle de coopération qui émergera d’un appel à projets tellement ouvert que son cahier des charges tient en dixlignes…

1. Moniteur du 15 septembre 2005

2. Les propositions sont à envoyer au plus tard le 25 octobre 2005 au Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, administration de l’Économie et de l’Emploi –Direction de la Politique de l’Emploi, Boulevard du Jardin Botanique, 20 à 1035 Bruxelles. Pour plus de renseignements, contacter Peter Michiels, tél. : 02 800 34 70 – courriel :pemichiels@mrbc.irisnet.be
3. Plus d’infos : www.instanta.be
4. Federgon, avenue du Port, 86 C bte 302 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 203 38 03 – fax : 02 203 42 68 – courriel : info@federgon.be

Edgar Szoc

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