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Panpan Culture

Nos cabanes

Dans toute leur diversité, les cabanes ont ceci de commun qu’elles manifestent une soif de vivre autrement. Elles sont animées par une même lutte: «Se refaire un séjour quand on n’en a pas, ménager et réaménager des mondes. Ici s’énonce au plus fort le rêve d’une autre vie, d’une autre ville […].»

© Flickrcc brian Fuller

Dans notre «monde abîmé par les pratiques du capitalisme avancé», il serait temps d’être à l’écoute des choses qui ne parlent pas, estime Marielle Macé, historienne de la littérature1, dans son dernier essai Nos cabanes. Elle rappelle d’ailleurs combien les poètes sont aptes à prêter l’oreille aux pensées de l’eau, de l’arbre ou encore de la forêt. Écouter, dans le remous des vagues de la Méditerranée, les traces des vies perdues, écouter aussi la raréfaction du chant des oiseaux (en quinze ans, près d’un tiers des oiseaux ont disparu de nos paysages), c’est percevoir aujourd’hui toute la fragilité des écosystèmes qui résonne avec les violences sociales. C’est entendre «notre monde en abîme».

Un monde en abîme où toutes sortes de cabanes voient le jour. Des dizaines de cabanes bâties sur la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame des Landes – qui seront détruites par les gendarmes français le 9 avril 2018 –, aux abris construits après un séisme ou aux tôles qui s’amoncellent pour former d’un bidonville, en passant par ces nouvelles formes d’«hébergements insolites» (les yourtes par exemple)... Dans toute leur diversité, les cabanes ont ceci de commun qu’elles manifestent une soif de vivre autrement. Elles sont animées par une même lutte: «Se refaire un séjour quand on n’en a pas, ménager et réaménager des mondes. Ici s’énonce au plus fort le rêve d’une autre vie, d’une autre vil...

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Dans notre «monde abîmé par les pratiques du capitalisme avancé», il serait temps d’être à l’écoute des choses qui ne parlent pas, estime Marielle Macé, historienne de la littérature1, dans son dernier essai Nos cabanes. Elle rappelle d’ailleurs combien les poètes sont aptes à prêter l’oreille aux pensées de l’eau, de l’arbre ou encore de la forêt. Écouter, dans le remous des vagues de la Méditerranée, les traces des vies perdues, écouter aussi la raréfaction du chant des oiseaux (en quinze ans, près d’un tiers des oiseaux ont disparu de nos paysages), c’est percevoir aujourd’hui toute la fragilité des écosystèmes qui résonne avec les violences sociales. C’est entendre «notre monde en abîme».

Un monde en abîme où toutes sortes de cabanes voient le jour. Des dizaines de cabanes bâties sur la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame des Landes – qui seront détruites par les gendarmes français le 9 avril 2018 –, aux abris construits après un séisme ou aux tôles qui s’amoncellent pour former d’un bidonville, en passant par ces nouvelles formes d’«hébergements insolites» (les yourtes par exemple)... Dans toute leur diversité, les cabanes ont ceci de commun qu’elles manifestent une soif de vivre autrement. Elles sont animées par une même lutte: «Se refaire un séjour quand on n’en a pas, ménager et réaménager des mondes. Ici s’énonce au plus fort le rêve d’une autre vie, d’une autre vil...

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Marinette Mormont

Marinette Mormont

Coordinatrice Focales, journaliste (social, santé, logement)

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