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"Consolider la compétitivité de l'Europe et maintenir le niveau de protection sociale"

09-04-2001 Alter Échos n° 95

Le sommet de Stockholm des 23 et 24 mars a permis de dresser tant un bilan de la présidence suédoise à mi-parcours qu’un état des lieux des grands dossiers qui serontsur la table de la future présidence belge. À Stockholm, les chefs d’État et de gouvernement ont notamment débattu de l’amélioration et la modernisation dumodèle social européen qui est en tête de leurs priorités depuis Lisbonne.
Depuis quelques années, la conception des politiques sociales est en pleine évolution. “Aujourd’hui, soulignait récemment Frank Vandenbroucke, le ministre belge des Affairessociales et des pensions1, tous les gouvernements européens sont convaincus qu’un ‘État-providence’ moderne n’est pas un obstacle mais bien un atout supplémentaire pour nossociétés.” Et l’affirmation selon laquelle la création d’emploi et l’amélioration de la protection sociale sont des objectifs incompatibles passe de moins en moins larampe. Restait à faire la jonction entre les deux. “La qualité constitue le lien entre la compétitivité et la cohésion”, assure la Commissaire européenneAnna Diamantapopoulou qui ajoute : “La qualité dans nos politiques sociales est un élément clé pour assurer un haut degré de performance économique et ledéveloppement d’une société plus juste”2.
Un marché européen du travail
La traduction concrète de ces bonnes intentions passe notamment par un retour au plein emploi fondé sur la qualité. Un objectif partagé bien sûr par l’ensemble desacteurs mais, derrière le mot “qualité”, chacun y met son propre couplet. L’importance de définir des critères constitutifs de la qualité reposant sur unréel consensus quant au contenu s’impose. Ils pourraient alors être introduits dans les lignes directrices pour l’emploi en 2002 et servir de fondement au renforcement du socle de normescommunes en matière de politique sociale. Pour aller de l’avant en cette matière, la Commission propose aussi la réalisation d’un véritable marché européendu travail3. Cette nouvelle stratégie vise à ouvrir les marchés paneuropéens du travail d’ici à 2005. Cet objectif à moyen terme s’accompagne d’unedémarche politique ambitieuse mais réaliste en deux étapes pour éliminer les obstacles à la mobilité et relever les niveaux de compétence de lamain-d’œuvre européenne sur tous les plans. Cela nécessite des avancées en matière de coopération sur des domaines qui sont majoritairement du ressort desÉtats membres comme la sécurité sociale. Une meilleure coordination se révèle d’autant plus nécessaire en matière de modernisation du systèmede sécurité sociale pour les travailleurs migrants. Il s’agit notamment de réformer le règlement 1408/71 qui a pour but de permettre aux personnes migrant àl’intérieur de l’Union de garder leurs droits en matière de sécurité sociale. La présidence belge compte bien profiter du travail technique réalisépar les Suédois sur ce dossier pour débattre en profondeur du type de mobilité que les citoyens désirent obtenir à l’intérieur de l’espaceeuropéen.
Vers le plein emploi
À Stockholm, le Conseil européen a fixé des objectifs intermédiaires en matière de taux d’emploi que l’ensemble des États membres de l’UE devrait atteindred’ici à janvier 2005, à, savoir 67 % en général et 57 % pour les femmes4. Et plus loin encore, à l’horizon 2010, l’objectif est de porter le taux d’emploi moyendans l’UE pour la catégorie d’âge, hommes et femmes confondus, de 55 ans à 64 ans.
Inclusion et pensions
Depuis Lisbonne, deux priorités semblent émerger de l’ilot des politiques sociales : l’inclusion et les pensions. Le vieillissement de la population est en train de modifiersensiblement les politiques des pouvoirs publics dans un grand nombre de secteurs comme l’emploi, la santé, la protection sociale. En ce sens, les pensions constituent une questiondécisive pour le modèle social européen. “La confiance dans le futur est un élément essentiel du capital social généré par le modèlesocial européen. Sans une action appropriée, l’augmentation significative de la population âgée risque d’affaiblir ce modèle, précise FrankVandenbroucke· Face à ce défi, la présidence suédoise propose une démarche globale combinant des mesures comme la poursuite de l’assainissementbudgétaire et la réforme des systèmes de retraite.”
1 Discours de F. Vandenbroucke du 22 février 2001 lors de la Conférence européenne ” Politiques sociales et du marché du travail : investir dans la qualité”.
2 Discours lors de la conférence sur le Travail à Malmö, les 22 et 24 janvier 2001. Le texte de ce discours est accessible en version anglaise à l’adresse suivante :http://www.europa.eu.int/ comm/dgs/employment_social/speeches/
3 Le document est accessible en anglais à l’adresse suivante : http://europa.eu.int/comm/ dgs/employment_social/key_fr.htm
4 Conseil européen de Stockholm : conclusions de la présidence. Ce document peut être consulté sur le site de la présidence suédoise : http://eu2001.se

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