Partager par e-mail Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur LinkedIn Partager sur Google+ Impression
Hors-Série
A l'entrée de Molenbeek, il n'y a pas que l'agent 15 qui se prend les pieds dans le tapis...

Lutte contre le radicalisme: la sécurité au prix du social

Alter Échos n° 456-457 19 décembre 2017 Sandrine Warsztacki

18 novembre 2015, Paris est en deuil après les attentats qui ont frappé Charlie. À Molenbeek-Saint-Jean, des caméras du monde entier ont débarqué pour filmer la commune où a grandi Salah Abdeslam. Cette présence médiatique rend les jeunes du quartier nerveux. Hasard du calendrier, à la Maison des cultures, située à deux pas de la station Comte de Flandre, l’Agence Alter organise ce jour-là l’événement de clôture de son festival Bruxitizen consacré à la place des jeunes dans l’espace public. Parmi la foule de jeunes et de travailleurs sociaux, deux gaillards, qui n’ont pas tout à fait la tête de l’emploi, feuillettent distraitement Alter Échos. Une collègue approche les deux policiers en civil pour leur demander de se faire un petit peu plus discrets…

On l’avoue, à l’époque, l’anecdote nous a fait un peu sourire. Certes jaune. Aujourd’hui, on a moins envie d’en rire. Les politiques sécuritaires mises en œuvre ces deux dernières années ont laissé de mauvais souvenirs dans le secteur associatif: descentes de police traumatisantes, établissement de listes d’usagers, craintes quant à l’utilisation de données concernant les travailleurs sociaux… Dans notre article de l’Alter Echos de décembre 2017, «Lutte contre le terrorisme: le secteur associatif dans le viseur du fédéral», une formatrice de La Rue raconte comment elle a vu les policiers débarquer à la fin d’un cours de français, effrayant les participants.

Comment les politiques de lutte contre le radicalisme ont-elles impacté le travail social?

Un an et demi après les attentats de Bruxelles, la commission d’enquête de la Chambre valide ce climat de suspicion à l’égard du tissu associatif. Son rapport pointe les «écoles de devoirs et, plus largement, des initiatives associatives relevant de l’accompagnement ou du perfectionnement scolaire susceptibles de jouer un rôle de diffusion des idéologies en lien avec le radicalisme ou le radicalisme violent». Face à la colère du secteur, un membre de la commission tente maladroitement de modérer le propos: ne sont visés que les encadrants de confession musulmane…

Rajoutant une couche d’amalgames, ces derniers mois, la lutte contre le terrorisme a opéré un rapprochement étonnant avec la lutte contre la fraude sociale. En mai, le président de la fédération des CPAS wallons réagissait sur les antennes de la RTBF à l’adoption de la loi levant le secret professionnel des travailleurs sociaux: «Je pense qu’il y a une volonté de laisser croire que les CPAS sont laxistes, qu’ils galvaudent l’argent public, qu’ils couvrent les terroristes et, par corollaire, de laisser croire que les pauvres sont soit des gens dangereux, soit des profiteurs.»

Comment les politiques de lutte contre le radicalisme ont-elles impacté le travail social? Quelles sont les initiatives qui permettent de lutter efficacement contre ce phénomène complexe? Comment concilier sécurité et exigences déontologiques? Quid de la formation des travailleurs? Que faire des détenus condamnés pour terrorisme? Pour tenter de répondre à ces questions, Alter Échos vous propose une compilation des articles publiés dans nos colonnes ces deux dernières années. Un hors-série gratuitement téléchargeable ici.

Pssssttt, cher.chère visiteur.euse du site d’Alter Échos !!!

Sache que ta présence sur notre site nous réjouit. Sache aussi que nous sommes heureux que vous soyez si nombreux.ses à nous suivre sur le web. Nous avons choisi de mettre en accès libre une grande partie de nos articles … pour le partage & pour répondre à notre mission d’éducation permanente. Mais produire une information de fond & de qualité implique un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous à nos revues !

A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

A la Une