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Vers un enseignement primaire "sans frais" en Flandre

En 2004, les principaux partenaires au sein du futur gouvernement flamand (SP.A, CD&V et VLD) s’étaient engagés à rendre l’enseignement obligatoire indolorefinancièrement pour les parents. Le premier volet de cette réforme est entré en vigueur ce 1er septembre. Mais les écoles ne se sont pas toutespréparées de la même façon, et le deuxième volet de la réforme, qui porte sur les factures maximales pour les activités parascolaires, soulèvebien des questions.

07-09-2007 Alter Échos n° 234

En 2004, les principaux partenaires au sein du futur gouvernement flamand (SP.A, CD&V et VLD) s’étaient engagés à rendre l’enseignement obligatoire indolorefinancièrement pour les parents. Le premier volet de cette réforme est entré en vigueur ce 1er septembre. Mais les écoles ne se sont pas toutespréparées de la même façon, et le deuxième volet de la réforme, qui porte sur les factures maximales pour les activités parascolaires, soulèvebien des questions.

C’était Steve Stevaert (à l’époque président du SP.A) qui, en 2004, avait lancé l’idée d’un enseignement obligatoire réellement gratuit pour tous,comme le prévoit du reste l’article 24 de la Constitution. Pour des raisons à la fois politiques et de réalisme budgétaire, le concept « gratuit » a étéremplacé par « sans frais » (« kosteloos » en néerlandais), mais l’idée globale a été conservée, et le premier volet de la réforme rentre en applicationcette année scolaire. Dans le primaire (le secondaire suivra plus tard), les écoles doivent désormais fournir à leurs élèves tout ce qui estnécessaire à l’enseignement, au sens strict du terme. Le Parlement flamand a approuvé une liste de fournitures que les écoles doivent pouvoir mettre à ladisposition des élèves : cahiers, matériel pour écrire, lattes, équerres, compas, calculatrice, matériel de bricolage, manuels, matérielsmultimédias, atlas, instruments de musique, etc.

Les cours de natation devraient aussi être gratuits pour les parents pendant une année scolaire au moins, transport éventuel compris. Par contre les plumiers, cartables ettenues de sport ne figurent pas sur la liste, pas plus que les frais de transport pour se rendre à l’école ou les repas scolaires. Le ministre de l’Enseignement, Frank Vandenbroucke(SP.A), n’évoque du reste plus l’enseignement « sans frais » mais préfère parler de « maîtrise des coûts ». Pour tout ce qui fait partie de la liste, lesélèves ont le droit d’utiliser leur propre matériel, mais l’école doit être en mesure de suppléer.

Plafonnement des dépenses

En 2008-2009, la deuxième étape de la réforme rentrera en vigueur. Les écoles primaires ne pourront plus réclamer aux élèves que 60 euros par anpour des excursions d’un jour et 360 euros en six ans pour des excursions de plus d’une journée. Beaucoup d’écoles craignent que cette mesure n’entraîne la suppressiond’activités du type classes de neige, pour lesquelles elles demandent fréquemment plus de 400 euros. Le ministre trouve ces craintes non fondées dans la mesure où il aégalement l’intention de refinancer les écoles primaires. Celles-ci devraient recevoir un surplus de 175 euros par année scolaire et par élève, une somme qu’ellesseront libres d’utiliser pour des classes de neige par exemple.

Le Standaard a opéré un coup de sonde dans quelques écoles flamandes, à la veille de la rentrée. À l’école libre de Heppen, on ne s’attendpas à ce que les parents se bousculent pour recourir aux fournitures gratuites qui ont été achetées par la direction. Les autres années, il a plutôt falluéditer des circulaires pour éviter que les enfants ne viennent avec trop de matériel à l’école. C’est surtout l’introduction de la facture maximale qui pose souci.Une excursion prévue dans un zoo voisin cette année aura par exemple lieu à vélo plutôt qu’en bus, histoire de faire des économies.

Pour ce qui est des fournitures, la situation est comparable à la très multiculturelle école De Krekel, à Gand. « Tant que les magasins continueront à proposerdes nouvelles fournitures colorées, avec par exemple des personnages de dessins animés, les enfants voudront avoir cet équipement-là et les parents suivront », commente cetenseignant. Pour lui, il serait plus logique d’introduire ce type de mesures dans le secondaire où les coûts, notamment de photocopies, ont tendance à exploser.

Autre son de cloche par contre à l’école De Tovertuin, à Diest, adepte de la pédagogie Freinet. Les élèves sont priés de ne pas apporter defournitures scolaires de chez eux. Et dans une classe de 22 élèves, il y aura par exemple 22 crayons, pas un de plus, histoire d’apprendre à respecter le matériel. Lesparents contribuent au fonctionnement de l’école à hauteur de 12,50 euros par mois par enfant, « sauf en cas de difficultés financières ». L’école organise beaucoupde sorties, comme il se doit dans ce type de pédagogie, mais beaucoup de choses ne se font en définitive que grâce à la bonne volonté des parents.

D’après De Morgen et De Standaard

Pierre Gilissen

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