Alter Échosr
Regard critique · Justice sociale

Rester ? Donner aux enfants sans famille un avenir sur place

De nombreux centres œuvrent pour soutenir les milliers d’enfants non accompagnés ou chassés dans la rue à cause de la pauvreté.

11-12-2009 Alter Échos n° 285

Le désœuvrement est le lot de nombreux jeunes, que ce soit au Rwanda ou en RDC. « Évidemment, beaucoup rêvent de partir », précisentd’emblée les travailleurs sociaux que nous avons rencontrés. Pour eux, l’idéal est de pouvoir offrir un avenir aux enfants dans leur pays. Cet avenir passe avant toutpar l’encadrement, la formation et la réunification familiale. Un programme ambitieux que s’échinent à mettre en œuvre de nombreux centres pour enfants nonaccompagnés.

« Beaucoup d’enfants ont été séparés de leurs parents à cause de la guerre, notamment quand ils se trouvaient dans les camps deréfugiés à l’Est de la RDC. Eux-mêmes n’ont pas de souvenirs car ils étaient trop jeunes, et au Rwanda, certains ont été ramassésbébés sur le cadavre de leur maman, ils ne savent pas qui ils sont ni d’où ils viennent. Il y a aussi des enfants qui ont quitté leur famille car ils souffraient trop dela pauvreté », explique Marie-Jeanne Rafiki, responsable du projet « ENA » (enfants non accompagnés) de la Caritas Kigali.

Ces enfants en souffrance sont l’une des principales préoccupations du gouvernement rwandais et particulièrement de son ministre de la Famille. Il ne s’agit pas seulementd’humanité dans le cas d’espèce : ici plus qu’ailleurs, on a une conscience aiguë des drames que peuvent causer des enfants laissés à leur compte. Le proverbe le plusfréquemment cité est : « Igiti kigororwa kikiri gito », on ne redresse l’arbre que lorsqu’il est jeune…

« Ici, 55 % de la population a moins de vingt ans. Quand la jeunesse déraille, c’est tout le pays qui est en crise. Partout quand ça va mal, on utilise les jeunes pour faire laguerre, pour devenir martyr ou terroriste. Aider les jeunes à se construire un avenir meilleur, c’est une mission indispensable », poursuit Marie-Jeanne. Ce ne sont pas sesconfrères chargés de la démobilisation des enfants soldats au Nord-Kivu qui la contrediront. La prévention de la haine commence aussi là : dans ces nombreux centrespour jeunes qui veillent à « redresser l’arbre », dans le sens le plus positif du terme. Mais ce sont des enfants souvent difficiles, surtout pour ceux qui ont véculongtemps dans les camps ou dans la rue. « Tout ce qu’ils ont vu et appris là, c’est le mal. Pour des petits séparés de leurs parents, sans autorité, c’est unecatastrophe ». Propos confirmés par les responsables du Cajed, un centre qui accueille plus d’un millier de jeunes à Goma. « C’est très compliquéde réinsérer des enfants qui viennent de la rue dans les classes. Souvent, ils n’ont aucune discipline. Quant aux anciens enfants soldats, il faut plusieurs mois avant de lesmettre en contact avec d’autres enfants », explique Gilbert Munda, coordinateur au Cajed. « Une autre difficulté, c’est de retrouver les familles : avec les vaguesd’insécurité dans la région, les enfants voyagent beaucoup : ils viennent du Rwanda, du Burundi ou de l’intérieur du pays. »

Les centres pour jeunes se sont fixé quatre priorités : donner un cadre le plus familial possible aux enfants, donner accès à l’école et aux soins, donner unavenir par des formations qualifiantes et, enfin, tenter de retrouver leur famille pour une réinsertion. Des objectifs qu’il est parfois malaisé d’atteindre vu les moyensà disposition et le nombre d’enfants concernés.

Les Enfants de Dieu font de la politique

Le centre des Enfants de Dieu prend en charge des enfants de la rue avec une méthodeaudacieuse et originale : ce sont les jeunes et non les adultes qui « gèrent » le centre selon les règles strictes de la démocratie. Des ministres gavroches sontdevenus experts en matière de gestion des ressources alimentaires, des dépenses et de l’organisation générale du centre.

Il faut s’éloigner d’une bonne quinzaine de kilomètres du centre-ville de Kigali, sur la route menant à l’aéroport, puis quitter le bitume pour un chemin de terre,avant d’arriver dans le domaine des « Enfants de Dieu » dans le quartier de Ndera. Précisons d’emblée que l’appellation, contrairement à ce que l’on pourrait penser,n’a aucune connotation religieuse. Point de pères blancs ou noirs ici. Juste un directeur, une vingtaine d’employés et cent-trente enfants arrachés de la rue, des « enfantsde Dieu qui ont droit au même respect et aux mêmes droits que tout être humain ». Voilà pour la définition. Comme dans les autres centres de ce type, les enfantspris en charge relèvent de trois catégories : les orphelins véritables, les enfants qui ont quitté la maison familiale pour cause de pauvreté et les enfants qui neconnaissent pas leur origine. Ils ont entre sept et dix-neuf ans, et si certains ont l’air plus jeunes encore, c’est que la vie de rue ne favorise pas une croissance harmonieuse. Ici, seuls lesgarçons sont acceptés. Non pas que les filles ne soient pas concernées par le phénomène. « Au départ, on accueillait aussi les filles, mais des couplesont commencé à se former, au risque de transformer ce centre voué à l’éducation en centre de reproduction », sourit Callixte Rafiki, le directeur. « Lesfilles sont donc allées dans une autre maison à Butare ». Ici, tous les enfants vont à l’école ou en formation professionnelle.

Des ministres en culottes courtes

Mais ce qui différencie ce centre des multiples autres que l’on trouve dans la capitale, c’est son projet pédagogique hors norme. « Ici, nous avons donné le pouvoir auxenfants », lance Callixte. Avec un humour de showman, le directeur explique le fonctionnement particulier de cette transmission de pouvoir on ne peut plus démocratique. « Nousorganisons des élections tous les ans pour élire les ministres et les secrétaires d’État. Il y a sept ministères généraux : l’administration, lasanté, l’éducation, le sport et la culture, l’agriculture, les affaires sociales, et les affaires internes. Et chaque ministre doit préparer un plan d’action et le soumettre augouvernement ». Les décisions parfois impopulaires vu le manque récurrent d’argent pour faire fonctionner le centre sont beaucoup plus facilement acceptées par les enfants.« Avant, quand les enfants recevaient trop peu à manger, c’était la révolution ici. Maintenant, quand les ministres votent la diminution de la ration alimentairejournalière car il faut tenir plusieurs mois avec des réserves insuffisantes, les enfants acceptent la décision. » Mais il y a des décisions plus agréablesaussi : les ministres ont, par exemple, jugé raisonnable que les « grands » (les plus de quatorze ans) aient des explications sur le sida et puissent disposer depréservatifs à l’infirmerie ou chez le directeur. Décision acceptée sans problème par le
s adultes : « Nous préférons leur donner des chaussures,comme ils les appellent, que d’aller leur rendre visite à l’hôpital ! »

Selon les règles en vigueur, aucune sortie d’argent ne peut être effectuée sans la signature du ministre concerné… et du directeur du centre, évidemment. Maisquid lorsque la dépense émane du directeur ? Seul le ministre a le dernier mot ! Une procédure qui a créé un incident. « J’avais besoin d’un nouvel ordinateurpour pouvoir travailler et je fais donc une demande à mon ministre de l’Administration, âgé de quinze ans. Mais celui-ci a refusé de signer ma demande. Je le convoque et ilm’explique : j’ai discuté avec le ministre des Affaires internes et nous avons tout juste assez d’argent pour payer six mois de nourriture. Alors, cet ordinateur est unenécessité pour vous, mais pas une priorité pour le Centre ». L’incident a eu le mérite de prouver aux enfants qu’ils avaient réellement le pouvoir, qu’on lesprenait au sérieux et qu’ils pouvaient être certains que l’argent accordé par les bailleurs servait vraiment les bénéficiaires et non pas desintermédiaires… Mais ça a aussi crispé les employés, choqués d’être soumis au bon vouloir des enfants.

« Des mendiants permanents »

À la fois terrifié et ravi de l’efficacité redoutable d’un système qu’il a lui-même mis en place, Callixte a introduit des garde-fous : la possibilité derevenir sur une décision avec l’accord de cinq ministres sur sept et en cas de force majeure : un droit de veto du directeur en invoquant la sauvegarde des intérêts de l’enfant.Il reste plus que jamais convaincu de la pertinence du système et n’hésite pas à s’appuyer sur Gandhi : « Si tu veux faire quelque chose pour moi mais sans moi, c’estcontre moi. En clair, un projet qui implique le bénéficiaire est plus sûr de réussir. Nous sommes en train de préparer ces enfants de la rue àréintégrer la société. Pour cela, ils doivent retrouver confiance en eux et dans les adultes. C’est pourquoi nous devons travailler en toute transparence et les associerà la gestion directe du projet. Quant aux employés, ils ne sont là que parce qu’il y a les enfants. Les boss, ce sont les jeunes, pas nous », poursuit Callixte. Etça marche ! « Avant, je dormais au bord de la route, je ne servais à rien ni personne. Aujourd’hui, je suis ministre de la Culture et des Sports et j’encadre lespetits. On me donne la possibilité d’être quelqu’un et d’être responsable. Je sais que je peux gérer ma vie », explique Eugène avec unematurité étonnante pour ses quinze ans. Il ne compte d’ailleurs pas en rester à cet apprentissage de la politique : « Je veux étudier, atteindre un bon niveau.Et, pourquoi pas, devenir ministre d’État. »

Avec des besoins estimés à 7 500 dollars par mois pour couvrir tous les frais, hébergement, scolarité, soins de santé, etc., et une seule donation fixe quicouvre seulement le quart des besoins, les adultes du Centre se sont mis, selon leurs termes, dans la position de « mendiants permanents ». Ils atteignent pourtant relativement bien leursobjectifs qui sont de redonner une dignité à ces jeunes et leur permettre de retrouver leur famille. Ce qui demande à la fois du temps de réhabilitation pour les enfants,mais aussi un temps de préparation des familles.

Les équipes des Enfants de Dieu mènent donc le travail sur deux fronts, celui de l’encadrement des enfants et celui de la préparation de l’entourage au retour. Les parents,l’école, la paroisse sont alertés et comme les familles sont très pauvres, le centre tente de les équiper d’un petit « kit » pour éviter que ne sereproduisent les conditions qui ont mené les enfants dans la rue. Cela peut consister en deux chèvres – « qui donneront du fumier pour entretenir les champs » –et dans le paiement des frais scolaires. Il y a également un suivi comptable strict pendant plusieurs mois pour les jeunes qui commencent des petits métiers après une formation,afin de leur permettre de se lancer durablement et de faire les premiers investissements nécessaires.

En un peu moins de deux ans, ce sont 156 enfants qui ont été réunifiés à leur famille. Et les projets innovants ne manquent pas. Ainsi, les Enfants de Dieu ontdroit à une demi-heure d’antenne par semaine sur l’une des principales radios du Rwanda où ils se sont déjà permis d’interviewer sans langue de bois la ministrechargée de la Famille. Entre ministres, on peut se parler franchement, non ?

You’ve got e-mail

« Évidemment, beaucoup de jeunes rêvent de partir. Parfois, ils sonten contact avec des anciens amis exilés en Europe après le génocide. Ces jeunes communiquent par e-mails et racontent qu’en Europe, tout est mieux, que la vie est facile. Alors,certains essaient… », explique Marie-Jeanne Rafiki. Mais c’est difficile de quitter le Rwanda aujourd’hui. C’est devenu un pays sûr et il n’est plus possible de partir en tant queréfugié. Les visas sont aussi devenus plus difficiles à obtenir. « C’est pourquoi certaines personnes en profitent. Récemment, un pasteur a étéarrêté : il vendait des visas pour l’Allemagne et plusieurs jeunes ont tenté l’aventure. Mais une fois arrivés à la douane allemande, ils ont étéexpulsés : les visas étaient des faux. » En RDC également, ce genre de « pasteurs » sévit. « Mais ce sont surtout eux qui voyagent avecl’argent récolté dans leur église de réveil », concède un assistant social de Goma.

Une autre combine a été trouvée, qui elle aussi a montré ses limites. La région n’ayant pas été épargnées par les crises, se glisserdans la peau d’un « déplacé persécuté » pouvait valoir sésame. « Avant, on pouvait partir vers le Canada en passant par les camps deréfugiés du Burundi. Certains sont restés plusieurs années en attendant de partir ! Ils prétendaient simplement être Burundais, alors qu’ils étaientRwandais. »

Le centre pour jeunes de Gatenga

« Ici, il n’est pas rare de trouver des nourrissons abandonnés sur les pistes », confie un travailleur. Situé à Gatenga, un quartier populaire de Kigali, leCentre de formation Don Bosco pour Jeunes accueille des centaines d’adolescents en formation. Le centre propose deux types de formations professionnelles : l’une en trois ans pour les enfants qui ontterminé l’école primaire, en construction, électricité ou secrétariat-informatique. Ces sections regroupent environ 300 élèves. La deuxièmecatégorie de formations s’adresse aux enfants qui n’ont pas le diplôme de primaire. Ils ont alors le choix de suivre des cours de couture, agronomie/cuisine, constr
uction/plomberie,soudure/plomberie ou menuiserie en deux ans. Pour les enfants qui ne savent ni lire, ni écrire, une année préparatoire leur permet d’acquérir les bases en lecture,écriture et calcul. Ces sections comptent 450 élèves.

Le Centre pour jeunes filles de Butare

Elles sont une soixantaine, âgées de 8 à 18 ans, recueillies par le Centre Nyampinga (« Une fille intègre » en kinyarwanda) à Butare,dans le sud du Rwanda à la frontière avec le Burundi. Mises à la rue à cause de la pauvreté, de troubles familiaux ou de la maladie (orphelines du sida), ces jeunesfilles se sont retrouvées dans des situations dangereuses, à peu près toutes confrontées aux viols ou à la prostitution. Elles ont aussi étéapprochées par des vendeurs de rêve. « Un pasteur pentecôtiste de Butare a essayé d’emmener des filles. Il leur faisait miroiter une vie en Europe, mais en fait,le but du voyage c’était l’Asie, le Liban, comme esclave. Il ne faut pas se voiler la face, ce genre de trafic existe aussi en Europe », raconte Justin Kakabaranga, directeurdu centre. Si ses petites pensionnaires sont aujourd’hui protégées des affres de la vie en rue, il sait aussi qu’elles sont dans une situation très précaire.« Quand elles ont dix-huit ans, surtout pour les orphelines, elles doivent soit se marier soit travailler. Mais ce n’est pas facile, ici, le travail. »

Le Concert d’action pour jeunes et enfants défavorisés (Cajed) à Goma

Enfants des rues, enfants soldats ou enfants accusés de sorcellerie… Un bon millier d’enfants sont pris en charge par le Cajed, soit en milieu « ouvert», c’est-à-dire directement dans la rue, soit en milieu « fermé », pour ce qui est de l’accueil au sein du centre et de l’hébergement. Le Cajeddispose de son Centre de transit et d’orientation pour les enfants démobilisés et sa propre école primaire, de deux classes de secondaire en plus de ses différentesclasses d’apprentissage. Ici, les formations professionnelles (couture, menuiserie, électricité, coiffure, mécanique) se font en une année couplée àtrois mois de stage et une formation complémentaire en « gestion d’activité génératrice de revenus ». Le Centre soutient aussi les jeunes qui sont sortisde formation afin qu’ils puissent s’installer et démarrer leur activité. « Nous avons une équipe d’agents de suivi qui apportent appui et conseilspratiques », explique Faustin Busimba, chargé de l’éducation et de la formation du CAJED. Le travail de réinsertion, scolaire, sociale et familiale, s’apparentesouvent à celui de Sisyphe : il n’est pas rare que les enfants retournent dans la rue (ou les forces armées) même après avoir étéréunifiés à leur famille. « Nous avons donc développé un programme d’appui et de stabilisation aux familles. On essaie de définir avec elles unpetit projet générateur de revenus qui leur permette de vivre et de garder leurs enfants auprès d’elles ».

Le Centre Don Bosco, Goma

Situé au pied du volcan Niaragongo, le Centre Don Bosco a étémiraculeusement épargné par la lave. Comme presque partout à Goma, le quartier est très pauvre et c’est par camion-citerne que l’eau potable arrive au centre.Près de 3 000 enfants fréquentent le centre tous les jours. Il y a des sections spécialisées, des salles de classe, des dortoirs, pour chacun, et une église pourtous en plein air, dans la cour centrale, en attendant que s’achève la construction en dur. Il y a des enfants en situation de malnutrition qui viennent pour l’aide alimentaire,des enfants de la rue, des enfants abandonnés issus de familles désunies, d’anciens enfants soldats, des enfants « en transit » attendant que le CICR retrouve leurfamille, des orphelins, bébés retrouvés sur les chemins de terre ou déposés directement au centre, des orphelins de la guerre qui errent sans savoir qui ilssont… Il y a aussi une petite maison, à part, pour les jeunes filles mères. Le plus impressionnant, c’est sans doute l’orphelinat du centre où des dizaines depoupons s’accrochent aux visiteurs pour une minute d’affection. « On essaie de retrouver les familles pour les bébés abandonnés, mais rarement avecsuccès. Il y a énormément de viols dans la région… », explique le Père Mario. « Nous ne sommes pas favorables à l’adoptioninternationale. Pour l’instant, seuls trois bébés ont été adoptés en Italie après des vérifications sévères. Onpréfère que ces enfants puissent grandir dans leur pays. Mais ici, avec la présence massive des humanitaires et des ONG, le rapport à l’argent a changé. Beaucoup defamilles s’attendent à être payées pour s’occuper d’enfants orphelins, d’autant plus qu’elles sont très pauvres et ne parviennent pas toujours à nourrir leurspropres enfants. Les adoptions locales aboutissent donc souvent à des échecs. »

Cet article fait partie de notre dossier spécial Mena (publié en décembre 2009).
Voir l’ensemble du dossier
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Photos : Agence Alter asbl, Bruxelles.

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