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Ménage et entretien des espaces : mieux répartir le « sale boulot »

Dans son ouvrage «Deux millions de travailleurs et des poussières» (éd. Les Petits Matins, mars 2021), l’économiste français François-Xavier Devetter s’empare de cette question délicate: puisqu’il faut bien nettoyer nos espaces de vie, de travail et les lieux publics, si nous ne le faisons pas nous-mêmes, comment déléguer dignement cette tâche essentielle à notre bien-être? Dans son livre, l’auteur propose des solutions pour revaloriser le travail de ceux qui nettoient, alors même que l’épidémie a révélé leur utilité publique.

AÉ: Vous évoquez la notion de «sale boulot» qu’il faudrait mieux se partager pour une société plus juste. Mais ne pourrait-on pas plutôt revaloriser l’activité même de nettoyage?

FXD: Lorsque des entreprises font appel à des sociétés spécialisées dans le nettoyage pour entretenir les écoles, les hôpitaux, les entreprises… au lieu d’employer en interne un agent d’entretien, elles isolent ceux qui nettoient de ce qui pourrait donner du sens à leur travail. Et dans ce cas-là, le nettoyage est très difficile à revaloriser, à la fois symboliquement et financièrement. Car la démarche initiale du nettoyage, c’est toujours de nettoyer pour quelqu’un, pour quelque chose, pour permettre une autre activité, pour permettre de vivre dignement ou correctement, pour vivre dans un environnement plus sain et agréable, etc. C’est le travail d’isolement par rapport à la population à qui il est destiné qui le transforme en sale boulot, ce n’est absolument pas l’acte en lui-même.
«C’est le travail d’isolement par rapport à la population à qui il est destiné qui le transforme en sale boulot, ce n’est absolument pas l’acte en lui-même.»
AÉ: Vous démontrez dans votre livre que l’argument économique qui pousse les entreprises à externaliser les activités de nettoyage ne tient pas. Pourquoi le font-elles alors?

FXD: En premier lieu, les entreprises pensent rechercher une compétence spécifique qu...

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Émilie Pommereau

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