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Les services d’interprétariat social se regroupent pour obtenir reconnaissance et financement

Depuis plusieurs années, diverses associations et organismes publics offrent des services d’interprétariat social à destination d’allophones en situationd’urgence ou d’isolement.

26-08-2004 Alter Échos n° 169

Depuis plusieurs années, diverses associations et organismes publics offrent des services d’interprétariat social à destination d’allophones en situationd’urgence ou d’isolement.

Alors qu’en matière de diversité et de lutte contre la discrimination au travail plusieurs décisions ont été prises lors de la Conférence nationalepour l’emploi, la ministre de l’Intégration sociale et de l’Égalité des chances, à l’époque encore Marie Arena (PS), avait étéinterpellée par la Coordination fédérale de l’interprétariat social (Cofetis-Fosovet) sur la nécessité de développer les services de traductionet d’interprétation dans les trois régions du pays.

En mai dernier, celle-ci annonçait le doublement du financement fédéral des ressources et la volonté d’y associer les ministres régionaux compétentspour soutenir la réalisation du plan national proposé par la coordination nationale des services d’interprétariat (cf. plus bas). Objectif : viser un accord decoopération fédéral-Communautés-Régions pour faciliter l’utilisation, par les services d’interprétariat social, des dispositifs d’emploirégionaux. Ces interventions additionnelles pourront appuyer une demande de cofinancement du Fonds social européen dans le cadre de l’initiative communautaire Équal. Ducôté de la Cofetis, on espère voir aboutir l’accord de coopération vers 2007.

Au niveau régional, une aide est tombée en juin : 13 postes ACS ont été accordés au Service interprétariat social du Ciré (Coordination etinitiatives pour réfugiés et étrangers) et à Bruxelles-Accueil par le gouvernement bruxellois (cf. Télex AÉ n°168). Quant à la Régionwallonne, elle a mis à disposition 18 postes « à points ». Des aides arrivées bien à point et qui ont permis entre autres au Ciré de donner un contratd’emploi à des statuts précaires mais aussi de diminuer les prix de ses prestations de 20 %, aspect non négligeable vu le manque de moyens de ses utilisateurs.

Un plan national pour quoi faire ?

« C’est en avril 2004 qu’a été mise sur pied la Cofetis, explique Simon de Brouwer, coordinateur du service interprétariat social du Ciré. Elleregroupe 10 services côté francophone et 10 services côté néerlandophone. Pour la Wallonie, ce sont surtout les CRI (centres régionauxd’intégration) et les carrefours interculturels ; pour Bruxelles, ce sont le Ciré, Bruxelles-Accueil et Ba-bel-Vlaamse Talkentelefoon ; en Flandre, des asbl liées auxgrandes communes (Anvers, Gand, Louvain, etc.). Différence notable : les néerlandophones emploient des interprètes indépendants, alors que côté francophone,on emploie surtout des interprètes salariés. »

La mission de la Cofetis : l’application du plan national pour l’interprétariat social. La volonté de ce plan est d’arriver à :

> rassembler les structures d’interprétariat social dans le pays ;

> produire un état des lieux des pratiques actuelles (ampleur, spécificité, rayon d’action, etc.) ;

> produire une projection des besoins sur la base de la situation actuelle ainsi que de ceux non encore couverts ;

> s’accorder sur une pratique une déontologie commune ;

> proposer une couverture des besoins en interprétariat social en évitant les concurrences, optimaliser pratiques existantes et utilisation des ressources publiques ;

> préciser, rendre transparente l’équation financière de l’acte d’interprétariat social et proposer des modalités de financementcohérentes et appropriées.

Ce plan intègre dans son financement les trois niveaux de pouvoir, à savoir le fédéral, le régional et le communautaire.

Le service interprétariat social du Ciré

En 1992, l’asbl « Culture et Santé » crée un service d’interprètes. Le 15 juin 1994, l’asbl « ISM », Interprétariat social etmédical, est créée et reprend les activités du service d’interprètes de « Cultures et santé ». Depuis le 1er avril 2000, le Ciré arepris le passif, l’actif et les travailleurs d’ISM avec pour objectif de maintenir et développer les activités du service d’interprétariat en milieu social.Aujourd’hui, le Ciré Interprétariat, c’est plus de 20.000 heures de prestation par an (dont 49 % en 2003 dans le domaine de la santé), 34 interprètes (11 ACS,8 art. 60, 7 ALE et 8 bénévoles) dans plus de 30 langues différentes et une équipe de gestion de 6,5 temps pleins. Les services offerts sont l’interprétationpar déplacement, ponctuelle ou dans des permanences ; l’interprétariat par téléphone et les traductions écrites libres vers des services tels que les CPAS, leCGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides), les communes, l’ONE, les PMS, les organisations de santé mentale, les maisons d’accueil, lesservices d’aide aux victimes ou d’aide à la jeunesse, les maisons médicales, etc. Le service se limite à agir dans le cadre du non-marchand afin de ne pas entrer enconcurrence avec les traducteurs jurés. Il est principalement actif en région bruxelloise mais il se déplace également en région wallonne et parfois enrégion flamande.

Les projets

En 2003, le Ciré a mené un projet d’« interprétariat en santé mentale » avec l’Institut wallon pour la santé mentale (IWSM) grâceau soutien du FIPI (Fonds d’impulsion à la politique des immigrés) qui a alloué au projet 32.000 euros. Une partie de ce financement a permis au secteur de la santémentale en Wallonie d’exercer un droit de tirage pour obtenir des prestations d’interprètes sociaux mais a également permis d’établir un état des lieuxdes besoins en termes d’interprétariat social dans les structures psycho-médico-sociales et d’organiser des séminaires pour les interprètes sociaux notammentavec des ethno-psychiatres. Le Carrefour interculturel wallon et le Cripel à Liège ont aujourd’hui repris ce boulot de mise en réseau mais le budget n’a pasété renouvelé pour 2004. En Région bruxelloise, on s’apprête cette année à financer le même type de projet mais cette fois avec le secteursanté mentale bruxellois.

Parallèlement à une réflexion en interne, le Ciré Interprétariat cherche par ailleurs à obtenir une reconnaissance légale du statutd’interprète social, associée à l’organisation d’une formation qualifiante, dans la même lignée que le développement
structurel d’unplan national pour l’interprétariat et intégré à celui-ci. Pour l’instant, les interprètes du Ciré ont 4 heures de formation continuée parmois, 2 heures de supervision avec un psychologue externe toujours par mois et 2 heures de réunion de groupe mensuelles.

1. Cofetis, rue du Progrès, 323 à 1030 Bruxelles – tél. : 02 204 09 68 – courriel : sbackes.cofetis@tiscali.be.
2. Ciré Interprétariat, rue du Vivier 80-82 à 1050 Bruxelles – tél. gestion des demandes et réservation : 02 629 77 27 – contact utilisateurs : 02 62977 23 – secrétariat : 02 629 77 29 – fax : 02 629 77 26 – courriel : interpretariat.cire@cire.irisnet.be – site : www.cire.be.

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