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Les PME au cœur de la croissance européenne durable

Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, lance un appel pour que les PME fassent des efforts afin d’être plus efficaces sur le plan énergétique.

27-04-2012 Alter Échos n° 336

Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne et commissaire européen en charge de l’Industrie et de l’Entrepreneuriat, lance un appel pour que les PME (petites et moyennes entreprises) fassent des efforts afin d’être plus efficaces sur le plan énergétique.

« Il est d’une importance capitale d’encourager les petites et moyennes entreprises à créer des emplois, des biens et des services durables tout en réduisant leur impact environnemental. Nous n’atteindrons jamais nos objectifs environnementaux sans tenir compte du poids important des PME dans l’économie européenne », déclare Antonio Tajani.

Les PME sont souvent décrites comme étant l’épine dorsale de l’économie européenne avec 23 millions de sociétés qui représentent 99 % de toutes les entreprises, qui fournissent 60 % des emplois du secteur privé ainsi que 85 % des nouvelles créations d’emploi. Mais elles sont aussi responsables à 64 % des émissions polluantes industrielles. Et pourtant, elles sont régulièrement ignorées dans la politique environnementale globale des dirigeants européens ou par les médias au profit des débats qui touchent plus directement les grandes entreprises. Armé de ces chiffres, le département (DG) en charge des Entreprises et de l’Industrie de la Commission européenne tente de développer une stratégie basée sur le potentiel de croissance du secteur des entreprises vertes (un marché évalué à 390 milliards d’euros avec une croissance annuelle de + 5 %) afin d’encourager la création d’emplois tout en réduisant l’empreinte écologique des entreprises européennes1.

Mais pour pouvoir parler de développement et d’investissement, il faut réfléchir sur l’accès au financement bancaire pour les PME. A titre d’exemple, une fonctionnaire européenne a évoqué la trajectoire de l’Irlandais Darrent Grant. Cet ex-cadre d’une entreprise informatique a quitté son poste pour ouvrir une épicerie bio à Dublin, qui vend aujourd’hui des produits organiques au niveau local et international via Internet. Pour réaliser ce rêve, l’entrepreneur irlandais a pu compter sur un micro-crédit européen et emploie actuellement huit personnes.      

A l’instar de cette réussite, la Commission européenne veut réduire drastiquement les formalités administratives pour les PME impliquées dans « l’économie verte ou durable » (« green or sustainable business » qui rassemble les entreprises qui produisent des biens et services contribuant à réduire ou supprimer les nuisances pour l’environnement) afin de leur faciliter l’accès au financement pour développer leurs activités.

Les experts de la Commission ont repéré d’importantes niches de croissance pour les entreprises européennes désireuses de s’investir au niveau international et plus particulièrement dans les économies émergentes en Asie ou en Amérique latine. L’Union compte 23 millions de personnes sans emploi et 23 millions de PME, ce qui fait dire à certains qu’il suffirait d’une création de job par entreprise pour atteindre le plein emploi à l’échelle européenne. Mais le climat de crise actuel n’est guère propice à stimuler les dirigeants des petites entreprises européennes. « Pourtant, il existe un énorme potentiel car les PME peuvent réduire leurs coûts, agrandir leur marché, bénéficier des incitations fiscales au niveau national et profiter de l’accès plus aisé au financement », assurent plusieurs sources européennes.

Le commissaire européen Antonio Tajani insiste pour que les petites entreprises ne ratent pas la cible d’un marché en plein essor lié aux produits et services écologiques (produits bio, organiques, recyclés, etc.). « Sachant que l’Union européenne compte pour un tiers du marché mondial en matière environnementale, il existe un énorme potentiel de croissance pour les petites et moyennes entreprises européennes », précise-t-il.

Une récente enquête d’Eurostat indique que la majeure partie des emplois verts au sein de l’Union sont le fait des PME (13 % contre 3 % dans les grandes entreprises). La plupart des PME qui vendent des produits et services écologiques sont uniquement actives sur leurs marchés nationaux, seules 23 % d’entre elles font des affaires dans le reste de l’Europe et encore moins arrivent à exporter vers l’Asie et l’Amérique latine, des régions qui représentent environ les deux tiers du marché mondial des éco-industries.

Coût du cycle de vie d’un produit

Lors de l’achat d’un produit, le consommateur se focalise sur son coût d’acquisition (prix d’achat) mais rarement sur son coût d’utilisation (électricité, eau, carburant… à consommer pour utiliser le produit). Des experts de la Commission réfléchissent sur un étiquetage normalisé qui puisse fournir au consommateur le prix d’achat et le prix d’utilisation de n’importe quel produit afin de faciliter les comparaisons et favoriser le choix durable (pauvre en consommation énergétique).

1. « Small Business Act », le texte stratégique européen :
http://ec.europa.eu/enterprise/policies/sme/small-business-act

Mehmet Koksal

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