Alter Échosr
Regard critique · Justice sociale

Les AMO de Liège : l'union fait la force

A Liège, les AMO se rencontrent échangent et interpellent. Elles ont créé une plate-forme.

27-05-2012 Alter Échos n° 339

Les douze AMO de l’arrondissement de Liège se sont unies en un collectif. Lieu d’échange de pratiques, ce groupe est devenu un centre névralgique d’interpellation.

Les AMO liégeoises ont une longueur d’avance. Elles se sont rassemblées en un collectif, une « plate-forme des AMO ». Un exemple qui pourrait faire boule deneige.

Lors du colloque du 27 mars organisé par l’Agence Alter – intitulé « aide en milieu ouvert : de l’interpellation à l’innovation » – denombreux participants constataient que les AMO auraient beaucoup à gagner à travailler ensemble, à croiser leurs constats pour donner du poids à leurs interpellations. Carfaut-il le rappeler, l’interpellation politique, sur base de « l’expression, des besoins et des difficultés » des jeunes fait partie intégrante des missions desservices d’aide en milieu ouvert.

François De Smet, directeur de l’AMO Promo-jeunes et chercheur en philosophie à l’ULB avait plaidé lors du colloque pour que des lieux de concertation voient le jour.« Ce que nous faisons au quotidien doit trouver une forme. Il faut un lieu pour échanger des constats et faire des interpellations. Pour passer du particulier augénéral », avait-il dit.

Un réel besoin de se rencontrer

Des lieux de rencontre et d’interpellation commencent à voir le jour. Il y a l’association Menamo à Bruxelles. Mais cette union des AMO ne se focalise que sur un thèmed’interpellation : les mineurs étrangers non accompagnés.

Il y a donc, aussi, la plate-forme des AMO à Liège. Même si on la connaît peu, elle existe déjà depuis quatre ans. Elle rassemble les douze AMO del’arrondissement liégeois1, sous le patronage de Droit des jeunes2, association qui fut aussi l’initiatrice du rassemblement. Corinne Lefebvre, directrice de Droit desjeunes se remémore les premiers pas du collectif : « C’était à l’époque des changements d’arrêté sur les AMO proposés par CatherineFonck (ministre de l’Aide à la jeunesse en 2008). Les AMO liégeoises se rencontraient alors de manière informelle. On discutait entre deux portes. Nous nous posions tous lesmêmes questions. Il y avait un réel besoin de nous rencontrer autour d’une table. »

Depuis lors, ces AMO se réunissent tous les deux à trois mois. Le plus souvent, ce sont les directions qui se mettent autour de la table. Parfois, les équipes se rencontrent.Au fil du temps, les sujets de discussion se sont diversifiés, comme l’explique Gesualda Montagnino, assistante sociale à Droit des jeunes : « L’objectif est de parlerentre nous de nos pratiques. C’est un lieu d’écoute entre professionnels où l’on partage ce que l’on vit. Beaucoup de choses nous réunissent. Nous pouvons échanger carnous sommes confrontés aux mêmes choses. Et nous découvrons les spécificités de chaque AMO. »

La première action concrète du groupe liégeois : un petit dépliant à destination des jeunes présentant simplement le travail d’une AMO etrépertoriant les douze services de l’arrondissement en fonction de son territoire d’action. A cette occasion, le collectif s’est doté d’un logo, accroissant de fait savisibilité. « Pour l’instant, nous n’avons pas pensé à institutionnaliser réellement notre groupe », tempère Corinne Lefebvre.

Très vite, les échanges se sont portés sur des cas concrets qui se sont mués en interpellations des autorités locales. « Car l’interpellation faitpartie de notre code génétique. Et là, au lieu d’interpeller chacun dans son coin nous interpellons tous ensemble », ajoute la directrice de Droit des jeunes. Les AMOse sont par exemple attaquées au problème du ping-pong institutionnel entre CPAS et Service d’aide à la jeunesse (voir Alter échos n° 296 : CPAS etAide à la jeunesse : un protocole sinon rien). Elles ont aussi eu à déplorer un réel manque de communication entre elles et le SAJ. Elles n’ont pas cherchéà esquiver le problème. Bien au contraire. Les AMO ont proposé au SAJ des réunions régulières pour mieux se comprendre, afin que l’aide offerte aux jeunessoit optimale. Le collectif pousse même le bouchon un peu plus loin en lançant une concertation avec le SAJ pour tenter de rédiger une sorte de « code de bonneconduite ». Corinne Lefebvre nous en explique la teneur : « On pourrait indiquer à partir de quel moment contacter le SAJ et qui contacter. Il s’agit de chosestrès pratiques, mais qui pourrissent parfois la vie des AMO. »

Un collectif qui prend le taureau par les cornes. Les AMO sont déjà dans les starting-blocks pour donner leur avis sur la réforme de la prévention qui devraitdirectement les toucher.

1. A l’écoute des jeunes, Arkadas, La boussole, Ciaj, Claj, La Débrouille, Droit des jeunes, Ecoutons les jeunes, Service droit des jeunes, Reliance, Service d’actions sociales et LaTeignouse
2. Droit des jeunes :
– adresse : rue Saint-Rémy, 3 à 4000 Liège
– tél. : 04 221 97 41
– courriel : ddjliege@yahoo.fr

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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