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Les affables de La Fontaine

Cela fait plus de 15 ans que salariés et bénévoles de l’association
 La Fontaine, à Liège, viennent en aide aux sans-abri. Une aide axée sur l’hygiène et le soin. L’objectif : rendre un peu de dignité aux plus démunis. Texte : Cédric Vallet – Photos : Loïc Delvaulx.

09-09-2015
©Loïc Delvaulx

Cela fait plus de 15 ans que salariés et bénévoles de l’association
 La Fontaine, à Liège, viennent en aide aux sans-abri. Une aide axée sur l’hygiène et le soin. L’objectif : rendre un peu de dignité aux plus démunis. Si le projet s’est construit en offrant une aide immédiate, presque humanitaire,
 aux sans-domicile, il s’est peu à peu développé vers davantage d’accompagnements individuels. Visant en particulier ceux qui souffrent de troubles psychiques ou psychiatriques. L’équipe de La Fontaine est
aux petits soins avec les sans- abri liégeois. Texte : Cédric Vallet – Photos : Loïc Delvaulx.

Salon de coiffure, lessives, douches, consignes, pédicure, les services proposés sont nombreux, axés autour de l’hygiène et du soin. La Fontaine n’ambitionne pas de tout changer pour ces personnes, mais propose de l’aide… et un peu d’estime de soi. « Ici, on aide surtout pour les besoins de base des sans-abri, confie Marcel. Le principal, c’est qu’ils puissent se laver, se raser, être propres. » « Cela leur permet de regagner un peu de dignité », complète Josette, elle aussi bénévole.

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« Heureusement qu’il y a un endroit comme ça à Liège. C’est le seul endroit. Sans ça, on serait dégueulasse. On vit quand même en société ; et ça nous permet d’être un minimum dans la société », Un « habitué de la maison »

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« L’idée de départ est que si la personne à la rue ne conserve pas le plaisir d’être propre, elle perd peu à peu l’estime de soi. La propreté, c’est une façon de se redresser, de renvoyer une image plus positive de ce qu’ils sont. Être changé, rasé, lavé, coiffé, cela agit sur le mental et peut peut-être donner l’envie à la personne d’aller plus loin », Nathalie De Laminne, directrice.
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Josette, elle, s’occupe avec Béatrice de la lessive. Elles lavent le linge, le trient et le plient ; les bénéficiaires du service récupèrent leurs affaires propres deux jours après les avoir déposées. Le rythme est intense. Les machines tournent à plein régime, fai- sant vibrer le local. « Nous essayons de ne pas dépasser les 30 machines par jour », détaillent-elles.

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L’association propose aux personnes sans abri de lais-ser leurs affaires quelque temps. Le service « consigne » rencontre un franc succès.

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« C’est essentiel pour certaines personnes de pouvoir déposer en lieu sûr leurs affaires. Nous limitons à deux sacs. Dans ces deux sacs, il y a souvent toute leur garde-robe, toute leur histoire »

 

Pour beaucoup, passer à La Fontaine est le gage d’avoir un peu de calme. Une sorte de sas de décompression, protégé du monde de la rue, de sa dureté et, parfois, de sa violence. La cafèt’, c’est souvent le lieu des échanges et de l’écoute entre bénévoles et sans-abri. Notamment lorsqu’ils attendent leur tour pour passer chez Marie-Thérèse, la coiffeuse.

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« Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir une conversation d’égal à égal, sans cette barrière du SDF comme ça existe dans la rue. Parfois nous parlons de leur pays d’origine. J’ai moi-même eu la chance de beaucoup voyager », Guillaume, bénévole depuis 15 ans et « spécialiste » de la cafétéria
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Ce qui fait le petit « plus » de La Fontaine, c’est que l’équipe compte des infirmières, à commencer par Nathalie De Laminne. Selon elle, « c’est important que les soins infirmiers se situent sur le même lieu que les douches, que la lessive ». C’est impor- tant car cela pousse certains des sans-abri à se soigner. « Beaucoup ont des problèmes d’abcès, de plaies en tous genres, parfois à l’issue de bagarres. » Les deux infirmières « réparent » ces petites ou grandes blessures.

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Cédric Vallet

Cédric Vallet

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