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« Milles facettes » pour parler de toutes les drogues, avec tous les jeunes

L’asbl liégeoise Nadja1 a lancé il y a quelques mois un outil participatif pour aider les profs, les animateurs et même les parents à parler des droguesavec les jeunes. En évitant que les adultes ne passent pour des ringards sur le sujet et en s’appuyant d’abord sur l’expérience vécue des jeunes. Des cycles deformations pour accompagner l’outil sont également lancés aux quatre coins de la Communauté française, grâce à un réseau de partenaires.

12-09-2008 Alter Échos n° 258

L’asbl liégeoise Nadja1 a lancé il y a quelques mois un outil participatif pour aider les profs, les animateurs et même les parents à parler des droguesavec les jeunes. En évitant que les adultes ne passent pour des ringards sur le sujet et en s’appuyant d’abord sur l’expérience vécue des jeunes. Des cycles deformations pour accompagner l’outil sont également lancés aux quatre coins de la Communauté française, grâce à un réseau de partenaires.

Nadja est installée au cœur de Liège, au croisement des rues Souverain-Pont et Cathédrale. Les larges fenêtres de ses bureaux s’ouvrent sur un quartier queles liégeois connaissent comme un de ceux où la toxicomanie est particulièrement dure et visible. L’association existe depuis trente ans maintenant et est active dans troissecteurs principaux  : la consultation, la documentation (via un centre de ressources) et la prévention. « Au fur et à mesure de nos consultations avec des personnes detous âges confrontés à la toxicomanie et à la dépendance, nous nous sommes rendu compte que, bien souvent, elles avaient manqué d’adultes deréférence dans leur jeunesse. De personnes qui auraient été capables de les écouter, de comprendre leurs problèmes et, éventuellement, de lessoutenir, nous confie Gérard David, assistant social au sein de l’asbl. C’est ainsi qu’est né le projet Milles facettes, qui vise à donner des outils pratiqueset théoriques aux personnes en contact direct avec les jeunes, afin qu’elles puissent devenir des « adultes ressources » sur la question des drogues. Nous ciblons les éducateurs etanimateurs, les enseignants et également les parents. »

Concrètement, Milles facettes se présente sous la forme d’un grand classeur qui comporte, d’entrée, des feuillets avec des notions théoriques « afinque les utilisateurs puissent s’appuyer sur des schémas de référence, et ne se sentent pas perdus dans une matière qu’ils auraient l’impression de ne pasconnaître. » Cette partie aborde les différents facteurs qui entrent en jeu dans l’interaction produit–individu–environnement, des notions sur le concept depromotion de la santé ainsi que des règles de base dans l’utilisation des outils de prévention. Vient ensuite la partie pratique qui contient une bonne vingtaine d’animations quioffrent des angles de vue très différents, ce qui permet à l’utilisateur de choisir lui-même la manière d’aborder le sujet, en fonction des jeunes et au regard deses propres compétences. Les différentes animations ont fait l’objet d’un long travail de validation par des enseignants lors de phases de tests.

Partir de la réalité du jeune

« L’approche centrale du projet est que les adultes doivent clarifier leurs propres représentations de la consommation de drogue afin de pouvoir être àl’écoute de la réalité du jeune, explique Dominique Humblet, coordinatrice de l’asbl. Derrière une consommation, il y a toujours un sens pour le jeune  : ladétente, le plaisir, la fuite de la réalité, la volonté de briser des interdits, etc. Le point de départ d’une réflexion sur la consommation passenécessairement par l’explicitation de ce sens par le jeune. Cela permet en outre aux adultes de se raccrocher à leurs propres expériences, même si elles ne sont pasliées à de la consommation de drogues. Nous avons tous un jour voulu briser des interdits… Les différentes animations de l’outil sont conçues dans cetteperspective. »

L’outil fonctionne avec tout type de public jeune. Il est utilisé avec fruit aussi bien dans des écoles « sans problème » que dans certaines institutionspubliques de protection de la jeunesse (IPPJ), où le public a été, en général, largement confronté directement à la drogue.

Pour utiliser Milles facettes, une formation de 2 x 3 heures est indispensable. Des cycles sont organisés directement par Nadja à Liège ainsi que par un réseau de 15associations de prévention de la toxicomanie, dans toutes les provinces wallonnes et à Bruxelles.

Le projet a été financé intégralement par la Communauté française, à l’exception des formations pour les partenaires qui sont soutenues parle Fonds fédéral assuétudes.

1. Nadja asbl :
– adresse : rue Souverain-Pont, 56 à 4000 Liège
– tél. : 04 223 01 19
– courriel : nadja.asbl@skynet.be
– site : www.nadja-asbl.be

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