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Eole : un partenariat entre Agoria et quatre écoles bruxelloises

La fédération bruxelloise d’Agoria (ex-Fabrimetal) et quatre écoles bruxelloises (l’Institut des Arts et Métiers, l’Institut technique Cardinal Mercier,l’Athénée royal Marcel Tricot et le Technisch Instituut Don Bosco) lancent, à partir du début de cette année scolaire, un projet pilote relatif à «l’actualisation des programmes pédagogiques », au « partage des infrastructures » ainsi qu’à « la mise en place de stages pour le corps enseignant et lesélèves dans les entreprises ». Un partenariat qui peut renforcer la qualité de la formation1. Mais encouragera-t-il plus de jeunes à se diriger vers lesmétiers tels que soudeur ou « mécanicien-automaticien » ?

30-08-2005 Alter Échos n° 192

La fédération bruxelloise d’Agoria (ex-Fabrimetal) et quatre écoles bruxelloises (l’Institut des Arts et Métiers, l’Institut technique Cardinal Mercier,l’Athénée royal Marcel Tricot et le Technisch Instituut Don Bosco) lancent, à partir du début de cette année scolaire, un projet pilote relatif à «l’actualisation des programmes pédagogiques », au « partage des infrastructures » ainsi qu’à « la mise en place de stages pour le corps enseignant et lesélèves dans les entreprises ». Un partenariat qui peut renforcer la qualité de la formation1. Mais encouragera-t-il plus de jeunes à se diriger vers lesmétiers tels que soudeur ou « mécanicien-automaticien » ?

Cela fait plusieurs années que la fédération de l’industrie technologique, Agoria, tape sur le clou des pénuries structurelles de main-d’oeuvre dans son secteur : iln’y a plus assez d’élèves pour satisfaire la demande des entreprises. « Sauf en électronique (formation d’électricien-automaticien), les classes sont vides ! »et leur fréquentation est en « baisse continue » depuis 2000, s’alarme une fois de plus Dominique Michel.

La Charte Eole

Dans ce cadre, quatre établissements bruxellois (une école francophone de chacun des trois réseaux et une autre néerlandophone), douze entreprises (Sabca, Siemens,Schindler, …), le Centre de référence Iris Tech+ et Agoria Bruxelles préparent, depuis janvier dernier, une Charte. Ce serait non pas « une énièmedéclaration d’intention », mais bien « un nouveau projet original incluant des engagements clairs de la part de toutes les parties concernées », annonce Agoria. Asavoir :

> Les programmes seront « adaptés au milieu professionnel » en partenariat avec des techniciens envoyés dans les écoles par les entreprises. Ils continuerontcependant à respecter les profils de formation définis par décret : on parle ici de la marge de manoeuvre qu’ont toujours les enseignants, notamment dans le choix d’exemples.
> Les infrastructures « up to date » d’Iris Tech+ seront mises à la disposition des écoles (comme un ascenseur par exemple).
> Des stages en entreprise et chez Iris Tech+ permettront aux enseignants, en dehors de leurs heures, de maintenir leurs connaissances à jour.
> Les stages des élèves dans les entreprises seront désormais intégrés dans leurs formations. Et ce, en deux temps : une observation en 5epréparera à un stage de plusieurs semaines en 6e, en articulation avec les réalisations techniques à effectuer à l’école.

Qu’est-ce qui change ?

Excepté pour ce qui est des programmes, les collaborations décrites existaient déjà entre ces acteurs. Mais elles ne s’organiseront plus « au petit bonheur lachance », pour reprendre l’expression de Dominique Michel ; elles seront systématisées. Les demandes à Iris Tech+ sortiront, par exemple, du consumérisme des «quelques jours par ci par là selon des besoins ponctuels ».

On peut toutefois se demander en termes d’objectifs si le résultat de cette opération ne sera pas essentiellement de « mieux former » les 80 élèvesconcernés, sans attirer réellement de nouveaux publics vers ces écoles. « C’est une pierre à l’édifice », reconnaît D. Michel ; mais plutôtque d’organiser une grande campagne de promotion, il préfère « commencer par l’autre bout, en proposant quelque chose de neuf dans les écoles, qui montrera aux parentsqu’ils peuvent y inscrire leurs enfants ».

Projet de terrain

« En tant que personnes de terrain nous sommes convaincus qu’il faut commencer par des petits projets qui font tache d’huile, contrairement aux grands plans et aux grandes réformes», surenchérit Françoise Genette, préfète de l’Athénée Marcel Tricot, en faisant référence au Contrat pour l’école (pourtanttrès proche dans ses principes de cette expérience, comme le confirme D. Michel).

L’élargissement de l’expérience à d’autres écoles est envisagé, « mais à condition de respecter les principes de la Charte et de travailler dans desfilières d’avenir », précise encore D. Michel.
Une évaluation des résultats est prévue. Et d’ores et déjà toute une série de questions se posent. Le partage des rôles entre l’école etl’entreprie sera-t-il bien respecté ? Pour le moment tous semblent bien d’accord : l’école doit fournir des compétences de base et non une hyperqualification… Par contre, desdivergences semblent poindre sur un autre enjeu : la présence de tuteurs formés dans les entreprises. « Sans cela, le projet capotera », prévient le directeur del’Institut des Arts et Métiers, Georges Gérard. Pour D. Michel, « le partenariat Eole comprend l’obligation de suivre le jeune » mais on n’y parle pas de tuteurs, dontAgoria refuse d’ailleurs la généralisation obligatoire dans les entreprises, au nom des « charges trop lourdes qui pèsent sur elles ». À voir dans un an…

1 Voir le communiqué de presse (où Agoria dit « voler au secours » d’écoles aux classes « décimées ») sur http://www.agoria.be – Diamant Building, boulevard Reyers, 80 à 1030 Bruxelles – tél. 02 706 78 25.

Donat Carlier

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