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« En 91, on parlait d’intégration. Aujourd’hui, de discrimination »

Que retenir de tous les plans, de toutes les mesures décidées à la suite des émeutes? Les promesses politiques en matière d’intégration, de lutte contre les inégalités ont-elles été tenues? Coup d’œil dans le rétroviseur avec Fred Mawet, ex-directrice de la mission locale de Forest, aujourd’hui secrétaire générale de ChanGements pour l’Égalité, et Andrea Rea, sociologue, auteur de Jeunes immigrés dans la cité (Éd. Labor, 2002), qui ont décrypté ces événements.

Photo: Karim Brikci-Nigassa / Illustrations: Manu Scordia et Thibaut Dramaix

Alter Échos: Quelle a été votre réaction lors des premières violences à Forest? C’était prévisible ou inattendu dans une ville comme Bruxelles?

Andrea Rea: C’était prévisible parce qu’il y avait déjà eu des événements similaires en France et en Grande-Bretagne. Les émeutes dans les Minguettes [en 1981, dans le quartier résidentiel de Vénissieux, dans la banlieue sud de Lyon, NDLR] avaient montré, comme à Forest, l’énorme contentieux entre les jeunes et la police. Il faut se rappeler qu’à l’époque, à Schaerbeek, le bourgmestre Roger Nols organisait le contrôle policier systématique des quartiers.

Fred Mawet: Je suis arrivée à la mission locale de Forest peu après les émeutes. J’ai vécu ses «répliques» en 94-95.

AR: Les émeutes ont été l’occasion de créer le délit d’incitation à l’émeute et de rébellion.

AÉ: Aujourd’hui encore, les relations entre les jeunes des quartiers populaires et la police restent très conflictuelles. Rien n’a changé?

AR: Le problème n’était pas réglé en 94-95 et il ne l’est toujours pas. Le contentieux s’est même aggravé. Parce qu’il touche désormais des gens qui sont «installés» socialement. La discrimination frappe des diplômés, qui vont réagir, ne plus se laisser faire. Avant, il y avait une plus grande soumission dans les classes populaires qui ne pouvaient donc réagir que de manière collective.

AÉ: En 91, on avait évoqué l’intégrat...

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Alter Échos: Quelle a été votre réaction lors des premières violences à Forest? C’était prévisible ou inattendu dans une ville comme Bruxelles?

Andrea Rea: C’était prévisible parce qu’il y avait déjà eu des événements similaires en France et en Grande-Bretagne. Les émeutes dans les Minguettes [en 1981, dans le quartier résidentiel de Vénissieux, dans la banlieue sud de Lyon, NDLR] avaient montré, comme à Forest, l’énorme contentieux entre les jeunes et la police. Il faut se rappeler qu’à l’époque, à Schaerbeek, le bourgmestre Roger Nols organisait le contrôle policier systématique des quartiers.

Fred Mawet: Je suis arrivée à la mission locale de Forest peu après les émeutes. J’ai vécu ses «répliques» en 94-95.

AR: Les émeutes ont été l’occasion de créer le délit d’incitation à l’émeute et de rébellion.

AÉ: Aujourd’hui encore, les relations entre les jeunes des quartiers populaires et la police restent très conflictuelles. Rien n’a changé?

AR: Le problème n’était pas réglé en 94-95 et il ne l’est toujours pas. Le contentieux s’est même aggravé. Parce qu’il touche désormais des gens qui sont «installés» socialement. La discrimination frappe des diplômés, qui vont réagir, ne plus se laisser faire. Avant, il y avait une plus grande soumission dans les classes populaires qui ne pouvaient donc réagir que de manière collective.

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Martine Vandemeulebroucke

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