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Vu de Flandre

Des familles suivies de très près

Malines a sa brigade pour assister les familles en détresse, une première en Flandre. Et ça marche.

Malines a sa brigade pour assister les familles en détresse, une première en Flandre. Et ça marche.

Cet article a initialement été publié le 3 février 2016.

Une jeune mère de 22 ans qui n’a pas de revenus. La maison est sale : les ordures s’y entassent et il y a plusieurs animaux domestiques. Son fils de 6 ans manque souvent l’école, ou alors il n’a rien à manger le midi. La famille a fait l’objet de plaintes pour maltraitance d’enfants et on soupçonne la jeune femme de se prostituer. La police est déjà venue plus d’une fois dresser procès-verbal. Et, pour couronner le tout, une procédure d’expulsion pend au nez de la famille.

C’est avec ce dossier que tout a commencé il y a deux ans pour le bourgmestre de Malines, Bart Somers (Open VLD), et Koen Anciaux, le directeur du CPAS local et de la Sociaal Huis. Des cas comme cela, il s’en présentait régulièrement. « Nous nous sommes alors dit que ce qu’il fallait, c’était penser hors du cadre, commente Bart Somers. Parce qu’il y a un bon réseau de services d’aide à Malines. Selon Kind en Gezin, c’est la seule ville flamande ou la pauvreté infantile est en diminution. Mais visiblement, cela n’empêchait pas certaines familles de passer entre les mailles du filet. Dès lors, nous avons décidé de mettre sur pied quelque chose de nouveau pour vraiment faire la différence. »

« Auparavant, une famille comme celle-ci aurait atterri au tribunal et l’enfant aurait été placé ; nous nous sentions impuissants. Maintenant, ce n’est plus le cas. » Peggy Bisschop, service d’aide aux victimes de la police de Malines

C’est ainsi que la brigade GO (GezinsOndersteuning, « soutien aux familles ») a été mise sur pied. Elle se compose d’un représentant de Kind en Gezin, de trois assistants sociaux et d’un collaborateur issu de l’Enseignement. La brigade GO rend régulièrement aux familles les plus vulnérables et les suit de près. Au début, après avoir été présentée à la famille par la police, elle lui rend visite quotidiennement. « Parce que de nouveaux problèmes surgissent tous les jours », commente Hilde Lamont, l’une des assistantes sociales. Au bout d’un moment, les visites deviennent hebdomadaires.

Tâches multiples

Tout comme ses collègues, Hilde Lamont s’est portée volontaire. C’est lourd, admet-elle. Il faut remplir des conteneurs de déchets qui traînaient au domicile, faire en sorte qu’il y ait des vêtements propres et de la nourriture, établir un plan de remboursement de dettes et régler toute la partie administrative. Mais les efforts sont payants.

Ils ont ainsi pu éviter à une mère isolée de devoir aller avec son jeune fils dans un foyer pour sans-abri. Ils leur ont trouvé un studio propre et qui l’est resté. Comme ils ont mis ses papiers en ordre, elle peut maintenant percevoir le revenu d’insertion auquel elle a droit. Le fils a des vêtements d’hiver, fréquente l’école ainsi qu’un club de sport et reçoit des cours de rattrapage à la maison. Quant à la mère, elle a entrepris une recherche d’emploi. Mais il y a toujours des hauts et des bas. « En tant que police, nous sommes ravis, dit Peggy Bisschop, du service d’aide aux victimes. Auparavant, une famille comme celle-ci aurait atterri au tribunal et l’enfant aurait été placé ; nous nous sentions impuissants. Maintenant, ce n’est plus le cas. »

La municipalité a investi 277.000 euros dans ce projet. Les cinq assistants aident une vingtaine de familles. « Il se peut que nous ayons encore des manquements par-ci par-là », reconnaît Mathias Vaes, le coordinateur de l’équipe. « C’est parce que nous avons commencé sans plan précis. Mais c’est aussi grâce à cela que nous avons pu faire la différence. »

Le Kinderarmoedefonds (Fonds pour combattre la pauvreté infantile) applaudit des deux mains et a attribué un prix de 91.000 euros au projet, une somme qui devrait à la fois servir à augmenter le nombre de familles bénéficiaires et à permettre à l’école Thomas More de faire une évaluation et un soutien scientifique du projet.

« Nous aimerions bien voir d’autres villes et communes reprendre cette approche », confirme le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, qui ajoute que « la pauvreté dans les premières années de la vie laisse des cicatrices à vie. »

 

D’après Het Laatste Nieuws et De Standaard

 

« Pensions alimentaires : plus de familles monoparentales mais des budgets qui stagnent », Fil info d’Alter Échos, avril 2015, Nastassja Rankovic.

 

Pierre Gilissen

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