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Des allocations familiales contre la précarité des enfants… et des femmes

Pour des raisons historiques, le droit aux allocations familiales est ouvert par le père, tandis qu’elles sont versées à la mère, le bénéficiaire final étant l’enfant. Cet étrange triangle construit sur la base d’une vision traditionnelle de la famille doit-il aujourd’hui être remis en cause?

CC- The JR James Archive

Pour des raisons historiques, le droit aux allocations familiales est ouvert par le père, tandis qu’elles sont versées à la mère, le bénéficiaire final étant l’enfant. Cet étrange triangle construit sur la base d’une vision traditionnelle de la famille doit-il aujourd’hui être remis en cause?

La création des allocations familiales obligatoires, en 1930, est intimement liée aux tensions sociales de l’époque: pour limiter les augmentations salariales, certains employeurs avaient créé des caisses de compensation qui permettaient de majorer les salaires des travailleurs ayant des enfants. Les discussions qui s’ensuivent sur le salaire minimum (doit-il être individuel ou doit-il permettre au travailleur de nourrir sa famille?) aboutissent à la création d’une majoration externe, distincte du salaire, pour couvrir les «charges familiales» (même si celle-ci ne couvrira jamais le coût réel d’un enfant). Pour financer cette branche de la sécurité sociale, un montant est prélevé sur les salaires des travailleurs pour être ensuite redistribué aux familles avec des enfants(1).
«Il y avait alors cette image des ouvriers qui, s’ils recevaient cet argent, allaient aller le boire, alors que les femmes étaient les piliers de la famille.», Cécile De Wandeler, Vie féminine
Comme la majorité des travailleurs sont alors des hommes, ce sont eux qui «ouvrent» le droit à la prestation. Mais très v...

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Pour des raisons historiques, le droit aux allocations familiales est ouvert par le père, tandis qu’elles sont versées à la mère, le bénéficiaire final étant l’enfant. Cet étrange triangle construit sur la base d’une vision traditionnelle de la famille doit-il aujourd’hui être remis en cause?

La création des allocations familiales obligatoires, en 1930, est intimement liée aux tensions sociales de l’époque: pour limiter les augmentations salariales, certains employeurs avaient créé des caisses de compensation qui permettaient de majorer les salaires des travailleurs ayant des enfants. Les discussions qui s’ensuivent sur le salaire minimum (doit-il être individuel ou doit-il permettre au travailleur de nourrir sa famille?) aboutissent à la création d’une majoration externe, distincte du salaire, pour couvrir les «charges familiales» (même si celle-ci ne couvrira jamais le coût réel d’un enfant). Pour financer cette branche de la sécurité sociale, un montant est prélevé sur les salaires des travailleurs pour être ensuite redistribué aux familles avec des enfants(1).
«Il y avait alors cette image des ouvriers qui, s’ils recevaient cet argent, allaient aller le boire, alors que les femmes étaient les piliers de la famille.», Cécile De Wandeler, Vie féminine
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Pour des raisons historiques, le droit aux allocations familiales est ouvert par le père, tandis qu’elles sont versées à la mère, le bénéficiaire final étant l’enfant. Cet étrange triangle construit sur la base d’une vision traditionnelle de la famille doit-il aujourd’hui être remis en cause?

La création des allocations familiales obligatoires, en 1930, est intimement liée aux tensions sociales de l’époque: pour limiter les augmentations salariales, certains employeurs avaient créé des caisses de compensation qui permettaient de majorer les salaires des travailleurs ayant des enfants. Les discussions qui s’ensuivent sur le salaire minimum (doit-il être individuel ou doit-il permettre au travailleur de nourrir sa famille?) aboutissent à la création d’une majoration externe, distincte du salaire, pour couvrir les «charges familiales» (même si celle-ci ne couvrira jamais le coût réel d’un enfant). Pour financer cette branche de la sécurité sociale, un montant est prélevé sur les salaires des travailleurs pour être ensuite redistribué aux familles avec des enfants(1).
«Il y avait alors cette image des ouvriers qui, s’ils recevaient cet argent, allaient aller le boire, alors que les femmes étaient les piliers de la famille.», Cécile De Wandeler, Vie féminine
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Marinette Mormont

Marinette Mormont

Coordinatrice Focales, journaliste (social, santé, logement)

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