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MiiMOSA : le crowdfunding agricole débarque en version .be

Champignonnière éco-pédagogique à Walhain, boucherie à Tintigny, savon de Liège alternatif ou soft drink namurois : MiiMOSA, la première plateforme de financement participatif entièrement dédiée à l’agriculture et à l’alimentation, débarque en Belgique. Rencontre avec le Français Florian Breton, petit-fils de viticulteur et initiateur du projet.

17-11-2016
©evrielvenice

Champignonnière éco-pédagogique à Walhain, boucherie à Tintigny, savon de Liège alternatif ou soft drink namurois : MiiMOSA, la première plateforme de financement participatif entièrement dédiée à l’agriculture et à l’alimentation, débarque en Belgique. Rencontre avec le Français Florian Breton, petit-fils de viticulteur et initiateur du projet.

Alter Échos : Pourquoi une plateforme dédiée aux initiatives agricoles et alimentaires ?

Florian Breton : Je suis parti du constat de la fragilité grandissante de l’agriculture, mais aussi de la volonté du grand public de se rapprocher de ce secteur, de l’intérêt croissant pour une alimentation locale, durable, saine. Par ailleurs, l’agriculture n’a jamais vraiment pris le virage du financement participatif : le secteur culturel représente quelque 70 % des projets proposés. L’agriculture, c’est peut-être 0,01 %. Or, c’est un sujet “grand public”, très important d’un point de vue sociétal. En moins de deux ans, on a accompagné en France plus de 400 porteurs de projet et collecté plus de 2 millions d’euros.

Alter Échos : Le crowfunding se base avant tout sur le réseau et la communication : des pratiques moins familières pour ce secteur ?

Florian Breton : Contrairement aux a priori, les agriculteurs sont des professionnels innovants, connectés à Internet. En France, sept sur dix ont une page Facebook. Mais ce sont des gens dignes, qui se sont posé la question de savoir s’il était correct de “quémander”. Nous soutenons l’idée que c’est aussi un privilège qu’ils offrent au public et non pas une manière de faire l’aumône.

Alter Échos : Vous avez décidé d’étendre le concept à la Belgique. Le contexte et les enjeux diffèrent-ils ?

Florian Breton : En France, un agriculteur sur deux perçoit un salaire inférieur à 1000 euros. C’est semblablement la même chose en Belgique. La politique agricole commune européenne a créé une crise similaire.

Notre ambition est d’accompagner entre 120 et 150 projets belges d’ici fin 2017, tant en Flandre qu’en Wallonie.

Alter Échos : Le crowfunding représente-t-il une réelle alternative au financement par les banques ?

Florian Breton : Plutôt un complément de financement, une manière de contracter un peu moins de dettes, mais aussi de créer un effet de levier vis-à-vis des banques, moins frileuses quand on apporte des fonds propres. Cela déverrouille des situations, en particulier lorsqu’il s’agit d’une installation. Rappelons qu’en Belgique, le foncier agricole est quatre fois plus cher qu’en France ! Le financement participatif fera donc rarement tout le job. En revanche, pour des projets de diversification ou d’agrandissement, il est parfois une alternative en soi.

Alter Échos : Quel est le rôle des contreparties proposées aux contributeurs (dégustation, visite de domaine, week-end, etc.) ?

Florian Breton : Les contreparties sont génératrices d’un lien social entre les agriculteurs et le public qui a souvent une représentation assez noire de ce secteur qui irait mal, qui nous empoisonnerait, qui contreviendrait au bien-être animal. À travers elles, ces professionnels peuvent montrer qu’ils font un travail de qualité. La vocation de MiiMOSA, c’est aussi de raconter de belles histoires : celles d’une agriculture en transition, de l’agriculture de demain.

En savoir plus :

« ’Cowfunding’ : nouvelle vache à lait pour les producteurs laitiers ? », Alter Échos n°418, février 2016, par François Corbiau.

Julie Luong

Julie Luong

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