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Regard critique · Justice sociale

Agenda 21 : ce que les communes peuvent faire

Contrairement à la Déclaration de Rio, qui édicte surtout des principes très généraux, l’Agenda 21 (ou Action 21), adopté en juin 1992,constitue un véritable programme d’actions concrètes assez facilement appropriables, constituant potentiellement un mode d’emploi du développement durable pour leXXIe siècle. D’où l’intérêt d’observer comment ces programmes sont mis en place au niveau local – en sachant que le contexte institutionnel n’encourage quetrès modérément ces démarches : ni la Région wallonne ni la Région bruxelloise n’ont encore mis en place d’outils d’aide administrative ou financièreadressés aux communes pour la mise en œuvre locale d’un Agenda 211. Les communes en sont donc réduites au volontarisme politique – ce qui contraste avec lasituation prévalant dans les pays voisins. Exemple d’une tentative d’implantation avec la Ville de Bruxelles.

21-04-2006 Alter Échos n° 206

Contrairement à la Déclaration de Rio, qui édicte surtout des principes très généraux, l’Agenda 21 (ou Action 21), adopté en juin 1992,constitue un véritable programme d’actions concrètes assez facilement appropriables, constituant potentiellement un mode d’emploi du développement durable pour leXXIe siècle. D’où l’intérêt d’observer comment ces programmes sont mis en place au niveau local – en sachant que le contexte institutionnel n’encourage quetrès modérément ces démarches : ni la Région wallonne ni la Région bruxelloise n’ont encore mis en place d’outils d’aide administrative ou financièreadressés aux communes pour la mise en œuvre locale d’un Agenda 211. Les communes en sont donc réduites au volontarisme politique – ce qui contraste avec lasituation prévalant dans les pays voisins. Exemple d’une tentative d’implantation avec la Ville de Bruxelles.

Partir d’un diagnostic

En l’occurrence, tout y est parti de l’établissement d’un diagnostic confié à l’asbl ERU (Centres d’études et de recherches urbaines) en septembre 2005 quant àla situation de la commune en matière de développement durable. Il portera essentiellement sur le travail de l’administration, sur la ville et ses 3.500 travailleurs en tantqu’entreprise. Pour ce faire, l’ERU a effectué un tour des administrations, dans le but de collecter les « bonnes pratiques » et les bonnes intentions (ce que chacun sedéclare prêt à accomplir). Il a également pu s’appuyer sur une série de défrichages préalables, tels que la recension, sous forme de fichesthématiques, de quarante exemples des « actions durables » menées par la Ville de Bruxelles2.

Favoriser la législation « participative »

Parallèlement, s’est mis en place un processus de participation, via l’organisation de séances d’information (censées, dans le meilleur des cas, déboucher sur une phasede consultation et de concertation avec les élus). De l’aveu de Maude Verkindere, conseillère au cabinet de Philippe Decloux3, échevin de la Participation et del’Environnement (Écolo), c’est dans la capacité à susciter la participation que réside la plus grande difficulté du processus – et ce d’autant plus que leterritoire de la commune est notoirement hétérogène. Pour y parvenir, des soutiens locaux sont souvent efficaces, comme celui de la Maison de la participation àNeder-over-Heembeek : c’est ainsi que des groupes d’habitants, mobilisés par les thématiques de l’eau à la suite de récents problèmes d’inondations àBruxelles, ont décidé de constituer des groupes de réflexion sur ce sujet. Avec le soutien de la Maison de la participation, leur travail sera concrétisé par desfiches, éventuellement complétées par des experts, dont les conclusions seront soumises au conseil communal.

Quant au suivi du processus, en l’absence actuelle d’une cellule développement durable au sein de l’administration, il sera confié pour le moment à la Délégationau développement de la ville (DDV). C’est donc encore dans une certaine précarité que le dispositif se met en place, en espérant, à terme, un soutien ou, àtout le moins, un relais au niveau régional.

1. Pour une réflexion plus théorique quant à la mise en œuvre d’agendas 21 au niveau local en Région wallonne, voir l’article d’Alexandra Lambert « Un engagement communal sur la voie du développement durable», sur le site d’Etopia

2. Classées en sept catégories (mesures générales et gouvernance, cadre de vie et espace urbain, environnement, mobilité, alimentation et santé,développement social, économique et culturel, solidarités y compris Nord-Sud), ces fiches sont accessibles sur le site de « Bruxelles bouge »
3. Cabinet, Hôtel de Ville, Grand-Place à 1000 Bruxelles – tél. : 02 279 48 10 – fax : 02 279 48 21 – Cabinet.Ph.Decloux@brucity.be

Edgar Szoc

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