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Sans abri

400Toits : à la rencontre des sans-abri

La campagne bruxelloise 400Toits a pour objectif de trouver, d’ici à 2020, 400 logements stables pour les personnes dormant en rue.

La campagne bruxelloise 400Toits a pour objectif de trouver, d’ici à 2020, 400 logements stables pour les personnes dormant en rue.  

Dans le cadre de « 400Toits », 300 volontaires accompagnés de travailleurs de rue professionnels sont allés à la rencontre des personnes sans abri de la capitale. Et ce pendant une semaine. « Cette semaine avait pour but d’écouter les personnes sans abri et de connaître le type de logement et d’accompagnement dont elles pourraient avoir besoin. C’était également l’occasion d’inclure les personnes sans abri elles-mêmes ainsi que les bénévoles dans le processus de création de nouvelles solutions », explique Koen Van den Broeck, responsable de la communication pour la campagne. Née de l’initiative d’Infirmiers de rue, Habitat et Humanisme, Archi Human, Le Forum bruxellois contre la pauvreté, Entraide saint-gilloise, SoHoNet et 4Wings Foundation, la campagne 400Toits veut aussi sensibiliser les sociétés de logement, les propriétaires fonciers et les investisseurs afin de mettre en place des solutions durables et adaptées. « Tant que chaque association travaille de son côté, on risque hélas de ne pas y arriver. Chacun est dans son pré carré, avec des moyens limités, avec une petite partie de la solution. On a cherché à créer une alliance pour être plus puissant pour agir », insiste Koen Van den Broeck.

« Chacun est dans son pré carré, avec des moyens limités, avec une petite partie de la solution. On a cherché à créer une alliance pour être plus puissant pour agir. » Koen Van den Broeck, 400Toits

Parmi les 540 personnes qui ont été rencontrées, 299 ont accepté de participer à l’enquête. La majorité des personnes, à savoir 85 %, sont des hommes. La plus jeune personne interviewée est âgée de 16 ans et la plus âgée de 76 ans, la moyenne d’âge étant de 43 ans. Plus de 75 % des personnes interrogées ont déclaré dormir habituellement à l’extérieur. Soixante pour cent des participants disent souffrir d’une maladie chronique. Et une personne sur deux dit s’être fait agresser depuis qu’elle est sans-abri.

Une analyse plus approfondie se fera au courant des mois à venir et un rapport sera diffusé. « Cette analyse nous permettra de réfléchir à des solutions personnalisées, plutôt que des modèles de logement et d’accompagnement standardisés », rappelle le porte-parole.

 

Une première rencontre avec le monde de la rue
L’originalité de la campagne fut de mettre en contact des citoyens avec des personnes sans abri. Trois cents personnes ont répondu à l’appel de 400Toits parmi lesquelles Aldo, un « business manager » d’une société de consultance. « Pour moi, c’est une double opportunité : aller vers ces personnes obligées de vivre en rue et découvrir le quotidien des professionnels », explique-t-il. En commençant l’enquête, il admet avoir eu quelques appréhensions sur la manière d’aborder les sans-abri, sur la façon dont elles allaient réagir… « Au final, il n’y a pas de schéma préétabli. Certaines questions étaient plus délicates. Les personnes répondaient si elles le voulaient. Par exemple, sur la consommation de drogue, raconte-t-il. Ce sont des gens qu’on croise partout, mais quitte à être trash, est-ce que notre société les considère encore comme des citoyens à part entière ? » Marzena, scénariste de bandes dessinées, a également participé à la campagne. « Chacun peut se retrouver dans une situation difficile. J’ai vécu longtemps à Bruxelles, et je reviens avec le sentiment que de plus en plus de personnes sont en difficulté. » Elle admet avoir besoin de se nourrir de l’expérience d’autrui. « C’était frustrant pour l’un et pour l’autre de se limiter au questionnaire. D’autant que, dans l’enquête, les questions sont assez dures. Puis, sur le terrain, cela a parfois été très difficile de gérer les émotions de quelqu’un d’autre… »

 

 

 

Pierre Jassogne

Pierre Jassogne

Journaliste (social, justice)

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