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2004-2007 : stabilité des chiffres belges de la pauvreté

Chaque année, l’enquête EU-silc sur la pauvreté en Belgique est publiée. Sans surprise, les chiffres ne s’améliorent pas : 15 % des Belges, soit environ 1sur 7, vivent sous le seuil de pauvreté.

27-10-2009 Alter Échos n° 283

À l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre, la DG Statistique et Information économique (DGSIE) du SPF Économie explore chaqueannée un certain nombre de thèmes autour de la pauvreté. Sans surprise, les chiffres ne s’améliorent pas : 15  % des Belges, soit environ 1 sur 7, vivent sous leseuil de pauvreté.

La source de ces analyses est l’enquête EU-SILC1 (Statistics on Income and Living Conditions) que la DGSEI organise chaque année auprès de plus de 6 000ménages belges pour calculer le risque de pauvreté. L’enquête étant harmonisée au niveau européen, il est possible d’effectuer descomparaisons2.

Le risque de pauvreté

15  % des Belges – soit environ un Belge sur sept – vivent dans la pauvreté. Ce chiffre est resté plutôt stable pendant les quatre années del’enquête. Etre pauvre pour une personne seule signifie devoir vivre avec un revenu net inférieur à 878 € par mois. Pour un ménage composé de deux adulteset de deux enfants, ce chiffre s’élève à 1 844 € par mois. Il y a toutefois d’importantes disparités régionales. En Flandre, le taux depauvreté s’élève à 11 % contre 19 % en Wallonie. Ces chiffres sont eux aussi restés quasi constants pendant quatre ans. Au-delà des disparitésrégionales, le risque de pauvreté général masque également d’importantes lignes de fracture entre différents groupes socio-démographiques etsocio-économiques. Les femmes courent un risque plus élevé que les hommes (16 % des femmes contre 14 % des hommes). Les personnes âgées et les jeunes sont davantageexposés que les personnes en âge de travailler.

Enfin, par rapport à la population active, les inactifs ont un risque bien plus grand de sombrer dans la pauvreté. Les parents seuls, avec un pourcentage de risque de 36 %,constituent un groupe particulièrement vulnérable. Enfin, le risque de pauvreté des locataires est trois fois supérieur à celui des propriétaires : 29 %contre 10 %.

La pauvreté présente aussi d’importantes disparités en fonction du statut socioéconomique des individus. Dans tous les pays, avoir un emploi serévèle un puissant bouclier contre la pauvreté. Toutefois, tous les pays connaissent le phénomène des working poors : des personnes ayant un emploi mais dontles revenus se situent sous le seuil de pauvreté. La Belgique obtient de bons résultats dans ce domaine. La proportion de working poors dans notre pays reste limitéeà 4 %, soit deux fois moins que la moyenne dans l’UE 15 (8 %). Les chômeurs sont partout un groupe vulnérable. Les pourcentages sont élevés. En Allemagne, plusde la moitié des chômeurs sont touchés par la pauvreté. Enfin, les résultats de la Belgique pour les retraités ne sont pas bons. Chez nous, un retraitésur cinq doit boucler son budget avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. L’écart est net avec la France (11 %) et les Pays-Bas (9 %).

Pauvreté subjective

Définir un seuil et calculer la part de la population qui se situe sous ce seuil est une chose. Demander aux personnes si elles parviennent à boucler leur budget en est une autre.Cette deuxième approche – qui exprime la mesure dans laquelle les personnes déclarent parvenir à “joindre les deux bouts” – est souvent désignée par le termede pauvreté subjective car l’évaluation de la situation est laissée à l’appréciation du répondant. La pauvreté subjective est souventliée à des indicateurs dits “non monétaires”, par exemple la mesure dans laquelle on dispose de certains biens de consommation.

Les chiffres 2008 n’ont pas pu faire l’objet d’une analyse approfondie et sont donc purement indicatifs. Ceci étant dit, ils semblent indiquer une certaine rupture de latendance. Alors que la plupart des indicateurs entre 2004 et 2007 étaient plutôt orientés à la baisse, on enregistre à nouveau des hausses en 2008. C’estcertainement le cas pour les personnes déclarant ne pas parvenir à boucler le budget avec leurs revenus. Dans l’enquête 2008, plus d’une personne sur cinq (21 %) adéclaré que ‘”joindre les deux bouts” était difficile voire très difficile. En 2007, ce chiffre n’était que d’une personne sur sept(15 %) et les années précédentes de maximum 18 %.

1. Les chiffres de la pauvreté sont consultables sur http://statbel.fgov.be/fr
2. Entre les États membres. Les chiffres présentés ci-dessous portent sur la période 2004-2007 qui a précédé la crise. De nouveaux chiffres serontdisponibles au début de l’année prochaine

catherinem

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