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Une politique du logement social, pas forcément une politique sociale du logement

18-05-2009 Alter Échos n° 272

Les logements sociaux constituent un peu moins de 8 % du parc locatif bruxellois. En Wallonie, ils représentent 7 % de l’ensemble des logements. À Bruxelles, la situation estparticulièrement aiguë car la ville-région est constituée de près de 60 % de locataires, pour 30 % en Wallonie.

Sous la législature sortante, Bruxelles s’était donné l’ambition de construire 5 000 logements publics répartis en 3 500 logements sociaux et 1 500logements moyens. Cinq ans plus tard, la secrétaire d’État, Françoise Dupuis (PS), annonce avoir « identifié » 4 200 logements mais les associationss’interrogent plutôt sur le nombre de centaines de logements qui seront habitables d’ici juin 2009 sur les 5 000 logements annoncés. Autre problème central : lescharges dont le montant dépasse parfois le loyer. Rien d’étonnant quand on connaît la vétusté du parc locatif social. Ainsi dans son mémorandum 2009,l’asbl Inter Environnement Bruxelles (IEB) préconise que par exemple les grands ensembles de logements servent à produire de l’énergie (solaire, chaudièresà cogénération, etc.) afin de générer des rentrées pour les sociétés immobilières de service public (Sisp) que l’on saitdésargentées.

En Wallonie, sous la législature précédente, le ministre du Logement, Michel Daerden (PS), avait débloqué le budget d’un milliard d’euros dans lecadre d’un programme exceptionnel d’investissement adopté en 2003 par le gouvernement, pour rénover 36 000 logements sociaux. « Sous la législature sortante,les opérations de rénovation et de démolition ont bien été entreprises mais sans qu’on se soucie vraiment du relogement des occupants », constate DavidPraile, coordinateur de l’asbl Solidarités Nouvelles. Il déplore d’ailleurs qu’en raison d’une politique de mixité sociale destinée àéquilibrer la gestion des foyers de logements sociaux et une politique volontariste de vente des logements locatifs, le logement social wallon n’héberge plus les personnes lesplus fragiles.

Il reste toujours les campings…

Et le coordinateur de l’asbl de se demander où vont les gens qui ne trouvent à se loger ni dans le privé ni dans le secteur social. « Plus de 10 000 personnesvivraient dans des caravanes et des chalets (campings et parcs résidentiels) en Wallonie en conséquence, notamment, de l’absence de politique de relogement en cas derénovation de logements sociaux. Ce qui fait dire à David Praile que si la politique du logement social est devenue quasiment l’unique dimension de la politique du logement, ellelaisse sur le carreau les plus faibles d’entre nous. Ironique, n’est-ce pas ?

nathalieD

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