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Un « Kringloopcentrum » bientôt au cœur du Luxembourg

Depuis trois ans environ, l’Apes1, agence provinciale d’économie sociale située dans la province de Luxembourg, en collaboration avec l’intercommunaleIdelux2 et plusieurs CPAS luxembourgeois, étudie la possibilité de créer une sorte de « Kringloopcentrum ». Concept issu des Pays-Bas et qui s’estprogressivement étendu à l’ensemble de la Flandre depuis 1992, les « Kringloopcentra » sont des centres de récupération et de revente d’objets deseconde main. Le projet, dénommé « Sitelux » (Société d’intégration par le travail dans le domaine environnemental en province de Luxembourg), al’ambition de créer un tel centre en province de Luxembourg.

28-07-2005 Alter Échos n° 151

Depuis trois ans environ, l’Apes1, agence provinciale d’économie sociale située dans la province de Luxembourg, en collaboration avec l’intercommunaleIdelux2 et plusieurs CPAS luxembourgeois, étudie la possibilité de créer une sorte de « Kringloopcentrum ». Concept issu des Pays-Bas et qui s’estprogressivement étendu à l’ensemble de la Flandre depuis 1992, les « Kringloopcentra » sont des centres de récupération et de revente d’objets deseconde main. Le projet, dénommé « Sitelux » (Société d’intégration par le travail dans le domaine environnemental en province de Luxembourg), al’ambition de créer un tel centre en province de Luxembourg.

Genèse

L’Apes s’est tout d’abord occupée de l’étude de faisabilité du projet et en a confié la coordination à l’asbl NGE 2000 (NouveauxGisement d’Emplois)3. Préalablement, il était indispensable de quantifier et de valoriser le gisement luxembourgeois des déchets encombrants. Une étuderéalisée par la FUL, la Fondation universitaire luxembourgeoise, avait démontré que de telles mesures ne pouvaient s’effectuer que selon une approche empirique. Envue de quantifier et qualifier le gisement potentiel des encombrants réutilisables en province de Luxembourg, une expérience pilote a donc été mise en place en janvier2001.Un partenariat a été établi avec plusieurs CPAS luxembourgeois et l’intercommunale Idelux, principal opérateur de gestion des déchets et gérantdes parcs à conteneurs de la Province.

Ce projet a obtenu l’agrément de l’ex-ministre fédéral de l’Économie sociale, JohanVande Lanotte, en tant qu’expérience et projet piloteinnovant en matière d’économie sociale et a donc pu bénéficier de la mise à disposition d’ouvriers article 60 par les CPAS partenaires del’expérience pilote Sitelux.

Actuellement, 10 postes de travail sont occupés par du personnel ouvrier article 60 mis à disposition de l’asbl NGE 2000 par les CPAS. À ces 10 postes d’ouvriers,on peut ajouter un poste de secrétariat (également sous statut article 60). Un conteneur fermé réservé à l’expérience a été misà disposition par Idelux sur 3 de ses parcs à conteneurs : Arlon, Bertrix et Habay. Un article 60 a été mis à disposition (par le CPAS de la communeconcernée) sur chacun des 3 parcs. Ils ont pour mission de sélectionner les marchandises qui pourraient être réutilisées.

Du tri mais aussi un filon : Récupel

Les marchandises ainsi stockées dans le conteneur sont transportées régulièrement vers un entrepôt de Saint-Hubert (ancien abattoir, mis à disposition parla commune de Saint-Hubert) où un atelier de réparation a été mis en place. Quatre articles 60 se chargent de tester l’état des marchandises et de laréparation des gros blancs (machines à laver, frigos…).

« L’objectif principal de cette expérience pilote est de déboucher sur la création d’une coopérative à finalité sociale Sitelux»,précise Jean-Marie Gaspard, d’Apes. Cette coopérative entend développer une filière complète de récupération et de revalorisation desencombrants ménagers (mobilier, électroménager, brocante, vélos…) en s’inscrivant dans une démarche d’économie sociale marchande et en yassociant une filière de formation et d’insertion de personnes fragilisées dans ce secteur environnemental, très intensif en main d’œuvre. »

Parallèlement à la problématique de revalorisation des encombrants ménagers réutilisables (qui était la première activité testée dansle cadre de l’expérience pilote), l’obligation de reprise des DEEE (Déchets électriques et électroniques) instaurée depuis septembre 2001 a permis demettre au travail 3 articles 60 supplémentaires sur le CTR (Centre de transbordement régional) d’Idelux implanté dans le hall Récybois, à Saint-Hubert. Tousles appareils électriques et électroniques déclassés récoltés dans les parcs d’Idelux sont rassemblés dans le CTR où ils sontinventoriés et classés en vue de leur restitution à Récupel asbl qui est chargée du démantèlement des appareils et qui rémunère le CTRpour ce travail. Cette activité solvabilisée grâce à l’asbl Récupel constituera la première activité de la coopérative àfinalité sociale Sitelux devant être très prochainement créée. « Nous espérons dans les semaines qui viennent, explique Jean-Marie Gaspard, car celadevient urgent, les personnes en article 60 arrivent en fin de droit, il faut que nous puissions les réembaucher le plus vite possible. »

Un partenariat assez large

D’ores et déjà, plusieurs réunions de travail ont permis d’analyser le projet de statuts et de se prononcer sur les principes de base. L’objectif estd’aboutir à la création de la coopérative avant fin 2003 avec les 4 partenaires suivants :

> L’Intercommunale : Idelux

> La structure représentative des pouvoirs locaux : l’association Chap. XII de CPAS Defits. (Libin, Tellin, Wellin et Saint-Hubert).

> L’invest local : Filstrans4.

> L’asbl NGE 2000

La société wallonne d’économie sociale marchande (Sowecsom), qui gère l’enveloppe Site, viendra rejoindre la coopérative après sacréation. Elle donnera sur 5 ans 12 500 euros par emploi créé, emploi faisant partie du public-cible s’entend. La Sowecsom devrait également devenir plus tardpartenaire associé. La coopérative devrait donc être opérationnelle dès le début de l’année 2004 et devrait, dans une première phase,permettre la création de 6 à 7 postes CDI sous statut entreprise d’insertion. L’accompagnement social des travailleurs se faisant avec l’éducateur sociald’Apes et les quatre CPAS partenaires.

Les activités pressenties

Outre Récupel, l’expérience pilote a également permis de rechercher et de définir d’autres activités qui pourraient être prises en charge parla coopérative Sitelux :

> Une activité de type « Envie » : Collecter et réparer l’électroménager usagé destiné à la ferraille ; le vendred’occasion. Inutiles et plutôt embarrassantes, les épaves d’appareils ménagers, destinées à être jetées, sont, ici,récupérées et se voient insuffler une seconde vie.

> La collecte quadrillée, également gérée par Récupel et qui concerne la reprise des DEEE chez les détaillants en électroménager.

> La collecte des encombrants ménagers à domicile. Il s’agit ici d’un service de proximité pour les personnes âgées et à mobilitéréduite. Deux personnes avec un véhicule à leur disposition se chargent d’aller chez les gens sortir et vider les containers à ordures et de les nettoyer. Le projetexiste déjà sous une forme pilote baptisée Defits. Monté avec quatre CPAS (Libin, Tellin, Wellin et Saint-Hubert), il a bénéficié d’un soutiende la Fondation Roi Baudouin (29 500 euros) pour l’étude de faisabilité dans le cadre de son fonds « services de proximité ».

« Chacune de ces activités doit faire l’objet d’une étude de faisabilité complète avant d’être prise en charge par la coopérativeSitelux », précise Jean-Marie Gaspard. « Il est évident que seules les activités marchandes seront prises en charge par cette coopérative ; les autresactivités pourront être développées dans le cadre de projets subventionnés au travers des associations subventionnées (ART-LUX…). »

1. Apes, rue de la Converserie, 44 à 6870 St-Hubert, tél. : 061 61 00 50, fax : 061 61 27 32, courriel : apes@province.luxembourg.be
2. Idelux, Drève de l’Arc en Ciel 98 à 6700 Arlon, tél. : 063 23 18 11, fax : 063 23 18 95, courriel : aive@idelux.be
3. NGE 2000, asbl créée en complémentarité de l’Apes dont l’objectif est de porter les participations provinciales dans les entreprises d’économiesociale et dans Filstrans.
4. Filstrans, « Fonds d’Investissement Local et Social Transfrontalier», est le premier fonds de capital à risque transfrontalier en économie sociale. Filstrans Scrl,rue de La Converserie 44 à 6870 Saint-Hubert, tél. : 061 61 00 50, fax : 061 61 00 52, courriel : info@filstrans.org

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