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Théâtre-action : une forme d’école… buissonnière

L’aventure a choisi d’avoir vingt ans pour changer de nom. Le Centre dramatique en région rurale vient de se renommer Compagnie buissonnière pour couronner une synergieoriginale entre une équipe de comédiens-animateurs et un service public, celui de la Province de Namur.

16-03-2008 Alter Échos n° 248

L’aventure a choisi d’avoir vingt ans pour changer de nom. Le Centre dramatique en région rurale vient de se renommer Compagnie buissonnière pour couronner une synergieoriginale entre une équipe de comédiens-animateurs et un service public, celui de la Province de Namur.

1988. Une association de fait regroupe la Province de Namur, le Théâtre des travaux et des jours et Graphiti, une asbl d’éducation permanente : le Centre dramatique enrégion rurale1(CDRR) est né. À l’origine, un fonctionnaire provincial : Émile Hesbois. Objectif du projet ? Développer lethéâtre-action en région namuroise. Principales originalités : le partenariat entre acteurs de terrain et un pouvoir public, mais aussi un travail en région ruraleoù le théâtre-action était jusque-là peu présent.
2008. Après bien des périples qui ont vu le centre déménager de Dinant à Houyet, le CDRR devient la Compagnie buissonnière, reconnue comme compagnie dethéâtre-action et la province crée un département de théâtre-action dont Bruno Hesbois, le fils de l’autre, devient le coordinateur.

La culture dans le champ social

Régi par un décret dans le cadre de la politique des arts de la scène2, le théâtre-action s’est fortement structuré depuis vingt ans. Aucentre de son travail : la rencontre entre amateurs et professionnels. « Beaucoup d’ateliers émanent de demandes du champ social : les CPAS, les centres de réfugiés,les collectifs d’alphabétisation, les prisons, etc., nous explique Bruno Hesbois. En général, cela vient d’une envie d’un groupe de gens que les institutionsdécident de prendre en charge. Vient ensuite une phase de discussion sur les éléments organisationnels, financiers et éthiques. Notre objectif est toujours d’arriverà une production qui puisse être jouée devant un public. La part d’écriture du spectacle en constitue un moment crucial puisqu’il s’agit toujoursd’une écriture collective par les gens eux-mêmes. Nous animons une dizaine d’ateliers de ce type par an. »

Exemple. Le CPAS de Namur bénéficie (comme l’ensemble des CPAS) d’une dotation fédérale pour l’épanouissement socioculturel et sportif de sesusagers. « Dans ce cadre, cinq personnes ont fait un projet que le CPAS nous a demandé d’encadrer. Une quinzaine de personnes y ont participé et nous sommes arrivésà structurer un groupe de sept personnes. Ils ont choisi de travailler sur la thématique de la consommation. Le spectacle s’est joué deux fois à destination dupublic du CPAS, dans des conditions professionnelles qui sont importantes à souligner. Il a aussi été repris dans le cadre d’une initiative du ministre del’Intégration sociale, Christian Dupont : le printemps des CPAS à Bruxelles en mars 2007. Ce qui est extraordinaire dans cet exemple, c’est que le groupe a continuétout seul. Il s’appelle ‘Le Grain de sel’, travaille dans la région avec la maison des jeunes « Les Balances » et a joué son spectacle vingt-deux fois à ce jour. »

Le théâtre-action dans le champ mondial

Au menu de l’automne prochain figure l’organisation du Festival international du théâtre-action. Ce festival se déroule en même temps dans l’ensemble dela Communauté française. Il est mené conjointement par l’ensemble des compagnies de théâtre-action et présente entre soixante et quatre-vingtsreprésentations. Cette année, il accueille six troupes étrangères venant d’Italie, de Haïti, du Bénin, du Burkina Faso, du Chili et Brésil.« C’est une occasion de mêler les groupes et susciter les rencontres avec une visibilité nécessaire au secteur », souligne Bruno Hesbois.

Le travail du théâtre-action peut aussi être une espèce de thermomètre des enjeux de société. « Pour le moment, les gens cherchent beaucoupà parler de la solidarité. C’est un mot crucial. Il faut réinventer des lieux pour faire des projets solidaires. Pour notre part, notre prochain spectacle parlera de ladisparition progressive du service public qui touche plus particulièrement les zones rurales : les gares et les postes y ont disparu. Cela change la société. » Comme lethéâtre peut l’espérer…

1. Secteur Théâtre action de la Province de Namur, rue Grande :
– adresse : 17 à 5500 Houyet
– tél. : 082 66 75 86
– courriel : theatreaction@province.namur.be
2. Arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 25 mars 2005 relatif au théâtre-action, pris en application du décret du 10 avril 2003 relatifà la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des arts de la scène.

Jacques Remacle

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