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"Smes-B veut mettre sur pied une cellule d'aide psychologique pour les sans-abri"

18-06-2001 Alter Échos n° 100

Né en 1992, le SMES-B (Santé mentale exclusion sociale – Belgique) fait partie d’un réseau européen (SMES-EU), dont l’objectif est de travailler sur desproblématiques intersectorieles de terrain : la santé mentale et le social. Il s’agit d’un réseau de personnes engagées dans ces problématiques au seind’associations (asbl, CPAS, hôpitaux, etc.) et non pas d’un réseau d’associations. Le choix de ce mode de fonctionnement vise à éviter les lourdeurs institutionnellesliées à la prise de décisions. Berna&d Horenbeek, coordinateur de Diogènes1, l’association qui héberge le réseau : « L’enjeu, c’est transcender despersonnes qui travaillent dans des secteurs différents, avec des pensées différentes et des méthodes de travail différentes. »
D’ici septembre, le SMES-B envisage la création d’une Psy-mobile, plus précisément une cellule psychiatrique mobile d’intersection entre la santé mentale etl’exclusion sociale. « Psy-mobile se présente comme un projet pilote de deux ans avec pour ambition de devenir quelque chose de durable, explique notre interlocuteur.L’équipe devrait être constituée de deux psychiatres engagés à mi-temps. Idéalement, l’un devrait prester son autre mi-temps dans un centre desanté mentale, tandis que l’autre travaillerait à mi-temps au sein d’un hôpital. »
De manière générale, les projets du SMES-B ont pour objectif de venir en aide aux sans-abri ayant des problèmes d’ordre psychologique. Bernard Horenbeek : « Noussommes partis d’un constat de demandes qui se trouvent à l’intersection des secteurs de la santé mentale et du social : concrètement une partie de la population échappe autravail de la santé mentale, parce qu’elle est trop exclue. Dans un premier temps, l’action est basée sur la bonne volonté des acteurs. Ils échangent des pratiques.Plutôt que de se renvoyer les gens ou de les réorienter vers le service adéquat, nous nous réorientons entre nous, nous allons ensemble l’un chez l’autre. Tel est le but dela Psy-mobile : ce sont deux psychiatres qui vont sur le terrain. Là, nous allons travailler à trois : l’usager, Diogènes et la Psy-mobile. Cette démarcheinterdisciplinaire vient surtout d’une demande émanant du social. Il s’agit de travailler ensemble en intégrant le social et la santé mentale en un tout. »
Parallèlement, le SMES-B a mis sur pied des groupes d’intervision depuis 2000. « Il s’agit de permettre des rencontres entre des travailleurs du social et de la santé mentale. Au sein deces groupes, ils échangent leurs expériences, leurs problèmes et voient comment travailler ensemble. L’objectif est de mieux comprendre la logique institutionnelle et de voircomment procéder pour que l’usager soit bénéficiaire de cette collaboration. Ainsi, si cette dernière est efficace, les maisons d’accueil seront plus à l’aise pouraccueillir des personnes ayant des problèmes mentaux. » Ces rencontres ont lieu à raison d’un demi-jour par mois pendant l’année. Actuellement, il existe six groupes d’intervisionqui compte chacun dix personnes et deux animateurs2.
1 Place de Ninove 10 à 1000 Bruxelles, tél.-fax : 02 502 19 35.
ž Le coût de ces demi-journées d’intervision est pris en charge par les organismes qui emploient ces travaileurs. Précisons qu’il ne s’agit pas de formations.

Baudouin Massart

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