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Qu’a fait Adecco pour lutter contre la discriminationdepuis le flagrant délit de 2001 ?

Pour rappel, Adecco Belgique1 avait fait l’objet, fin février 2001, d’un flagrant délit de discrimination raciale à l’embauche dans le cadred’une enquête ouverte à la suite d’une plainte de la Ligue des droits de l’homme2 et du Centre pour l’égalité des chances et la luttecontre le racisme3.

01-08-2005 Alter Échos n° 136

Pour rappel, Adecco Belgique1 avait fait l’objet, fin février 2001, d’un flagrant délit de discrimination raciale à l’embauche dans le cadred’une enquête ouverte à la suite d’une plainte de la Ligue des droits de l’homme2 et du Centre pour l’égalité des chances et la luttecontre le racisme3.

À la suite de cette affaire, Adecco avait fait réaliser un audit par le cabinet d’avocats Willemart, Mélot, De Schrijver, en concertation avec le Centre. Ce travailconcluait dans des termes vagues au faible éveil des employés à l’interculturalité. Un travail directement suspecté par la Ligue des droits de l’homme,car sous le joug de la censure d’Adecco commanditaire… En conclusion, Adecco promettait une série d’actions pour lutter contre la discrimination quelle que soit l’issuede l’instruction judiciaire. Qu’a fait Adecco depuis ? « Afin d’éviter les cas isolés de discrimination, comme cela a été le cas, nous avonsintroduit un module de formation “Apprendre à gérer la diversité” dans le volet de formation de base de tous les employés d’Adecco, soit unedemi-journée de formation », explique monsieur Desmet, administrateur délégué d’Adecco en place depuis début 2002, soit après lesévénements susmentionnés. « Nos collaborateurs sont ainsi amenés à gérer leurs réactions face aux demandes discriminatoires émanant dessociétés. Mais les choses ont évolué positivement depuis. Du fait de la campagne (brochure) réalisée entre autres avec Federgon, association des entreprisesintérimaires, nos clients sont eux-mêmes sensibilisés. Notre objectif est d’orienter la demande des clients sur un profil. Par exemple, derrière le mot belges’exprime une demande de bilinguisme, qui relève de la compétence et pas de la discrimination », ajoute monsieur Desmet. Sur le plan juridique, Adecco n’a pas denouvelle de la justice depuis l’affaire et mise sur la suspension des poursuites. Alors que le Centre pour l’égalité des chances semble avoir choisi la voie de laconcertation avec Adecco, la Ligue des droits de l’homme reste amère : « Nous ne nous sommes pas encore constitués partie civile vu la position concertée du Centre.Rien n’empêche le parquet de poursuivre. D’autant que nous craignons plus, vu la difficulté d’apporter la preuve, une issue favorable qui pourrait être «trop bien » exploitée médiatiquement par Adecco, alors que laisser planer le doute correspond plus à la réalité », explique Olivier de Schutter,secrétaire général de la Ligue, qui reste sceptique sur l’évolution des pratiques dans le secteur.

1. Adecco, http://www.adecco.be, tél. : 02 583 91 11.
2. Ligue des droits de l’homme, rue de l’Enseignement, 91 à 1000 Bruxelles, http://www.liguedh.org/, tél. : 02 209 62 80.
3. CECLR, rue de la Loi, 155, Rés. Palace, 8e ét. à 1040 Bruxelles, site : http://www.antiracisme.be,
e-mail : centre@antiracisme.be, tél. : 02 233 06 11.

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