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Petite enfance / Jeunesse

Politique jeunesse : La participation en demi-teinte

Deux chantiers ont été lancés par la ministre de la Jeunesse, Isabelle Simonis. Tous deux insistent sur la participation et la parole des jeunes. Le hic, justement, c’est qu’on en parle peu.

10-11-2016
©Printscreen du site

Deux chantiers ont été lancés par la ministre de la Jeunesse, Isabelle Simonis. Tous deux insistent sur la participation et la parole des jeunes. Le hic, justement, c’est qu’on en parle peu.

La discrétion est chose rare en politique. On peut dire qu’Isabelle Simonis, ministre (PS) de la Jeunesse, sait en faire preuve. A tel point que ses deux projets récents sont presque passés inaperçus, alors qu’il s’agit de pans importants de son action politique.

La discrétion n’est généralement pas un atout lorsque l’on souhaite initier la participation des jeunes, avec l’aide des différentes structures qu’ils côtoient.

Car tel est bien l’objectif de la plate-forme www.bienvenuedansmatribu.be. Un bien bel outil financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui rame un peu à générer l’engouement de son public « jeunes ».

Un site sympa, avec une animation rigolote et décalée sur le thème des différences, sur le respect mutuel. Autant de thèmes qui permettent d’aborder « les droits fondamentaux » avec les jeunes et de déclencher parole et dialogue.

Lancée en phase de test au mois de mai puis relancée fin septembre, la plate-forme ne fait pas un carton. Certes, la porte-parole de la ministre évoque des statistiques de visites sur le site « pas catastrophiques » (environ 8000 depuis le début). Mais d’autres signes ne trompent pas. On trouve peu de mentions « like » sur Facebook (179). Les Forums, censés être des lieux de débat et d’échange, sont presque vides, malgré les 300 commentaires postés. Quant aux nouvelles « tribus » que les internautes devaient créer, on en compte que sept, grâce au soutien de centres de jeunes bien motivés.

Bref, le dialogue citoyen avec la jeunesse ne s’emballe pas pour l’instant. A tel point qu’on peut s’interroger sur le sens profond de telles initiatives.

L’autre dada de la ministre, toujours dans cette vague « participative », c’est le développement de la politique locale de jeunesse, comme Alter échos l’expliquait en mars 2016. Aujourd’hui, la ministre et son équipe ont sélectionné 17 communes qui participeront à « l’expérience pilote ».

L’idée est de mobiliser les jeunes à l’échelon local, au plus près des enjeux censés les concerner, le tout en concertation avec les acteurs du cru. Dans ces 17 communes, accompagnées par l’association Creccide (spécialisée dans les questions de participation), les autorités communales, des organisations de jeunesse et de « jeunes médiateurs » devront « élaborer un diagnostic partagé ». Ce diagnostic devrait permettre de faire émerger des priorités qui seraient inscrites dans un « plan d’action », formalisé dans un « pacte de citoyenneté ». Bref, un enchaînement de concepts un peu abstraits qu’il faudra rendre réels pour les participants. Pour ce faire, la Fédération Wallonie-Bruxelles a dégagé, seulement oserait-on dire, « 50 000 euros ».

Les 17 communes sont : Charleroi, Esneux, Evère, Fransnes-lez-Anvaing, Grâce-Hollogne, La Louvière, Mons, Saint-Ghislain, Seraing, Sombreffe, Spa, Saint-Gilles, Thuin, Vaux-sur-sûre, Viroinval, Wanze et Woluwé-Saint-Pierre.

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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