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Plan HP : la Province de Liège soutient un projet de logements à Aywaille

Dans le cadre du Plan HP, la Province de Liège avait débloqué une ligne de crédit pour soutenir des projets visant les résidants permanents dans les campings etles parcs résidentiels. Une réflexion a, entre autres, été lancée sur les modes d’habitat alternatif.

22-09-2006 Alter Échos n° 215

Dans le cadre du Plan HP, la Province de Liège avait débloqué une ligne de crédit pour soutenir des projets visant les résidants permanents dans les campings etles parcs résidentiels. Une réflexion a, entre autres, été lancée sur les modes d’habitat alternatif.

Deux axes pour agir

En province de Liège, cinq communes sont impliquées dans le Plan HP (Plan d’action pluriannuel relatif à l’habitat dans les équipements touristiques). On trouve ainsiAywaille, Comblain, Esneux et Sprimont, toutes quatre situées dans la vallée de l’Ourthe-Amblève. La cinquième, Wasseiges, est pour sa part située non loin deHuy. Aussi, à l’initiative du député permanent Paul-Emile Mottart1, la Province de Liège a-t-elle décidé de débloquer une ligne decrédit (100 000 euros en 2005 et autant en 2006) pour soutenir des projets développés dans ces communes.

Cette manne financière s’articule en deux axes. Le premier vise à subventionner des projets construits sur le terrain pour tenter de travailler le lien social sur lamanière de vivre dans les équipements touristiques, les demandes d’habiter dans de tels endroits. Les projets prennent des formes différentes suivant les communes, sanscompter la dynamique particulière qu’offrent les quatre communes de l’Ourthe-Amblève. Le deuxième axe finance une réflexion autour de l’habitatalternatif.

Un habitat alternatif, mais digne

« Les personnes qui vivent dans ces lieux ont des profils très différents, rappelle le député permanent. Certains y sont par contrainte, ils ont connu unedégringolade sociale et se sont raccrochés aux campings pour éviter de se retrouver SDF. Nous essayons de les faire rentrer dans les circuits via le logement traditionnel.Certains ont d’ailleurs quitté les campings aujourd’hui. D’autres y sont par choix délibéré, pour fuir les centres urbains. C’est unemanière d’habiter. Bien sûr, il s’agit de deux extrêmes. Sur le terrain, la situation est plus complexe. »

Quelle que soit la démarche mise en œuvre, il faut trouver des solutions pour reloger de manière plus digne ces personnes. La grande question concerne le relogement desirréductibles pour qui vivre dans les équipements touristiques est une manière de vivre.

Dès lors, la Province a décidé de soutenir une réflexion sur l’habitat alternatif avec les partenaires de terrain (Apic- Action pilote intégréecampings, communes, associatif, résidants) et les architectes du Fonds du logement wallon. « Nous avons décidé d’unir nos forces avec les moyens de la Régionwallonne pour mener la réflexion, poursuit notre interlocuteur. Tout l’enjeu consiste à identifier comment développer un habitat alternatif ou adapté qui permettraitaux personnes de bénéficier d’un habitat plus acceptable, mais aussi qui soit conforme à leur manière d’habiter. Ces constructions à mettre enœuvre devront respecter des éléments de développement durable, de consommation énergétique et de respect de l’écosystème. »

Concerter les résidents

« Il s’agit non seulement de trouver des solutions intelligentes, explique Jean-Pierre Burton, chef de cabinet du député permanent, mais aussi de tenir compte du faitqu’un certain nombre de résidents ont trouvé leur bonheur de vivre dans des espaces limités à la surface d’une caravane – parfois en rajoutant une annexe -,soit en moyenne 24 m2. Or, si on veut tenir compte des contraintes de la législation logement de la Région wallonne, il faut construire des espaces de 60 m2. Maisces gens trouvent cela trop grand… »

« Pour le moment, nous avons mis en place un dispositif de dialogue sur le terrain. Nous souhaitons que les résidants soient en dialogue permanent avec les architectes du Fonds dulogement, comme cela se fait normalement entre un candidat à la construction et un architecte. De leur côté, les pouvoirs publics mettent les balises pour que les bâtimentsrestent dans les normes. » La réflexion est plus avancée avec les communes de l’Ourthe-Amblève, où la problématique est plus cruciale du fait del’existence de zones inondables. Un terrain a été identifié et mis à disposition par la commune d’Aywaille pour un projet expérimental. Laréflexion en est au stade de mise en place du dispositif de concertation avec les habitants et les architectes élaborent les premières esquisses. L’objectif est demobiliser des aides sur plusieurs années.

Première rencontre

Récemment, à la mi-septembre, une première rencontre a permis de faire remonter une série de demandes des résidants permanents. Ces derniers souhaitent, parexemple, qu’une place soit prévue pour leurs animaux (chiens, etc.). La question du mobilier est également venue sur la table. En effet, dans une caravane, le mobilier estintégré. Dans une maison en dur, il faudra prévoir du mobilier, peut-être sous la forme de placards intégrés.
La mitoyenneté dérange les résidants permanents qui voudraient un logement avec quatre façades – comme dans leur caravane. Or, cette attente sera difficile àrencontrer, vu que la mitoyenneté permet de réduire le coût de la construction et favorise les économies d’énergie. En tout cas, les partenaires saventdéjà ce qu’il ne faut pas faire : par exemple, il n’est pas question de faire des appartements en étages, car cela ne leur convient pas. « Comment concilier des chosesdifficiles à concilier, c’est tout l’enjeu du dialogue », conclut Jean-Pierre Burton.

La Teignouse suit

Sur le terrain, La Teignouse2, qui travaille avec les résidants, est très emballée. Ariste Wouters comptabilise les avantages : « On a un terrain, il y a del’argent et des architectes prêts à travailler sur ce projet. Qui plus est, le partenariat est idéal et profite à tous. La Province trouve sa place, tout comme la Commune.Le Fonds met à disposition ses compétences. Les habitants trouvent un habitat et la Teignouse remplit sa mission. » Deux visites en car sont d’ailleurs programmées, avecles résidants, pour leur présenter d’autres réalisations : l’une à Sainte-Ode et l’autre près de Lille.

1. Cabinet du député permanent Paul-Emile Mottart, rue Destenay 13 à 4000 Liège – tél. : 04 232 87 03 – fax : 04 221 23 46.
2. La Teignouse, quai du Vignoble 34 à 4170 Comblain-au-Pont – tél. : 04 369 33 30 – fax : 04 369 33 31.

Baudouin Massart

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